‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 100 sur 130 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

I. Dans les longues lienteries, si on a des rapports acides qu'on n'avait pas auparavant, c'est bon signe (2).

Quand les aliments passent non digérés, c'est un signe de dyspepsie intestinale, c'est-à-dire que les sucs dissolvants manquent. Il faut donc dans ces cas donner aux repas, 3 à 4 granules de quassine et quelques gouttes d'acide chlorhydrique, dans un demi-verre d'eau. Les rapports acides dont parle Hippocrate s'expliquent ainsi.

IL Dans les longues dyssenteries, le dégoût est mauvais signe, encore plus quand il y a fièvre (3).

Il s'agit alors de colite intense, qui exige le lavage intestinal au moyen du Sedlitz Chanteaud, et l'emploi de l'hyosciamine, afin de dissiper le spasme. On activera la digestion par les moyens indiqués à l'aphorisme précédent.

III. Il faut, dans les douleurs de côté, dans celles de la poitrine et des autres parties, avoir égard aux divers caractères de la douleur (4).

Les douleurs varient d'après leur siège et leur nature, les modificateurs doivent donc également varier. Les douleurs ne se calment pas toujours par la morphine, et c'est une grande erreur d'en avoir généi'alisé l'emploi.

IV. Les maladies des reins et de la vessie se guérissent difficilement chez les vieillards (5).

(1) Mulieri uterum gerenti vena secta abortionem facit, idque potissimum si foetus grandior fuerit.

(2) In diuturnis iatestinorum levitatibus, si ructus acidus, qui antea non exstitit, succédât, bonunj est signum.

(3) In loiigis intestinorum difficultatibus cibi fastidia malum denuntiant, et cum febre pejus.

(4) Dolores, et in lateribus, et in pectore, et in cseteris partibus, num multum différant, perdisceudum.

(5) Renum et vesic» vitia in senibus aegre curantur.

Ces affections exigent l'emploi de la strychnine o! de l'hyosciamine, quelquefois l'hydro-ferro-cyanate ou l'arséniate de quinine. Quelquefois ces trois modificateurs à la fois. Il faut voir la maladie et le malade. La première peut être incurable, mais le second doit être soulagé. C'est à quoi les médecins organiciens ne font pas attention : pour eux, il n'y a qu'un objectif, la lésion organique.

V. Dans les douleurs du ventre, s'il y a du météorisme, c'est moins mauvais ; s'il n'y en a point, c'est plus mauvais (1).

Cela dépendra de ce que, dans le premier cas, il y a paralysie et, dans le second, spasme; les moyens à employer sont donc, dans le premier cas, la strychnine, dans le second, l'hyosciamine.

VI. Les hémorrhoïdes dans la mélancolie et dans les maladies dos reins sont bonnes (2).

Il faut entendre les hémorrhoïdes fluentes. On a dit que l'hypocondrie est l'hystérie de l'homme ; il y a cependant entre ces deux états morbides une grande différence, dans ce sens que le premier est veineux de sa nature, le second nerveux. C'est donc sur la crase sanguine qu'il faut agir chez les mélancoliques. L'arséniate de strychnine est indiqué ici. On y joindra la quassine et la. jalapine pour activer les fonctions intestinales. Tous les matins, le Sel Chanteaud.

VII. Quand on traite des hémorrhoïdes invétérées, si l'on en laisse une, on s'expose à causer l'hydropisie ou la phthisie (3).

Les rapports des hémorrhoïdes avec les affections de poitrine sont réels. Il faut donc les détruire en totaliié, sous peine de voir arriver ce que dit Hippocrate. C'est une erreur de laisser subsister un foyer d'irritation. On voit qu'Hippocrate ne partageait pas les préjugés des médecins de son époque. Toutefois on modifiera la crase sanguine (comme dans l'aphorisme précédent).

VIII. Dans l'hydropisie, si l'eau résorbée parles veines se porte vers les selles, c'est guérison (4).

(1) Dolores qui ad ventrem fiunt, sublimes quidem, leviores ; non sublimes vero, vehementiores.

(2) Melaucliolicis affectibus, et reuura vitiis succedeiit.es bœmoi'rlioides (hoc est sanguinis profluvium per ora venai-um, in ano sanguinem fuudere solita) ; bono sunt.

(3) Diuturnum sanguinis profluvium per ora venarum, quse in ano sunt (hsemorrhoidas dicunt), curanti, nisi una servetur, periculum est, ne aqua inter cutem aut tabès succédât.

(4) Aqua inter cutem détente, ubi aqua ex veuis in ventrem cùufluxerit, morbus solvitur.

On voit qu'il s'agit de l'anasarque, qui est dû à un appauvrissement du sang. (Voir, plus haut, Traité des pronostics.)

IX. Dans la pleurésie et la péripneumonie, la diarrhée survenant est mauvaise chose (1).

C'est-à-dire qu'il est question d'une entérite venant compliquer l'affection de poitrine. Aussi faut-il être sobre de drastiques. C'est à tel point que beaucoup de praticiens préfèrent laisser leurs malades se constiper. C'est une autre exagération. Le lavage intestinal au Sedlitz Chanteaud est toujours salutaire, mais à la condition de soutenir les forces du malade par la strychnine, la quassine.

X. La diarrhée survenant dans les ophthalmies est bonne chose (2).

C'est-à-dire dans la blépharo-blennorrhée. Il peut être utile dans ces cas d'entretenir un flux de ventre. Mais il faut, en même temps, des modificateurs généraux, notamment la strychnine et la quassine, pour relever la toi'peur de l'économie. Le reste est affaire de diététique.

XI. Les varices et les hémorrhoïdes délivrent du délire maniaque (3).

Le délire maniaque se rattachant généralement à un engorgement de la veine porte, on comprend que les varices et les hémorrhoïdes produisent une dérivation salutaire. (Voir, plus haut, ce que nous avons dit des rêves.)

XII. Les femmes ne sont sujettes à la goutte qu'autant qu'elles n'ont plus leurs règles (4).

Ce qui prouve que les menstrues servent, chez la femme, d'émonctoire.

XIII. Les hommes ne sont point attaqués de la goutte avant l'âge viril (5).

C'est-à-dire que jusqu'à la puberté toutes les fonctions s'équilibrent. L'âge viril est donc plutôt un danger qu'un avantage : " on fait du ventre » et on devient podagre, à moins d'une vie très-active.

(1) Morbo laterali, aut puhnonum inflammatione conflictato, succedens alvi profluvium, malum.

(2) Lippitudine laborantem alvi profluvio corripi, bonum.

(3) lusauieiitibus si varices aut sauguinis profluvium pcr ora vunarum quœ iu auo suut ^h»morhoides dicuntur) accesserint, insaniœ solutio.

(4) Mulier podagra non laborat, nisi cum menstrua del'ecerint.

(5) Vires podagra non teutautur aute veuereorum usum.

XIV. Dans les cancers occultes, il est bon de ne faire anf-nn remède ; si on les traite avec des médicaments, on meurt plus tôt. On peut vivre longtemps en n'y appliquant point de remède (1).

Avis aux jeunes chirurgiens trop pressés d'opérer.

XV. Dans la jaunisse, c'est un mal que le foie devienne dur (2).

Il s'agit dans ces cas d'une dégénérescence du foie, une cirrhose, un cancer, etc.

On aidera à cette heureuse terminaison, au moyen de la strychnine, de l'hyosciamine et de la digitaline. (Voir, plus haut. Faits dosimétriques.)

XVI. Quand de la strangurie on tombe dans la passion iliaque, on meurt dans sept jours, à moins que, la fièvre survenant, on ne rende une grande abondance d'urines (3).

Il faut retourner l'aphorisme et dire que les asthmatiques rachitiques "vivent rarement longtemps. On peut leur venir en aide par la strychnine, la daturine, l'hyosciamine, les arséniates, les hypophosphites, etc.

XVII. Les gibbosités qui, avant l'âge de la puberté, sont occasionnées par des toux violentes ou par des attaques d'asthme, donnent la mort (4).

Le livre VII est particulièrement consacré aux urines. Comme il en a été question dans les Pronostics, il est inutile d'y revenir ici.

(1) Quibus cancri occulti oriuntur, eos non curare prsestat. Curati namque cito pereunt, non curati vero diutius perdurant.

(2) Morbo regio laborantibus jecur durum fieri, malum.

(3| Quibus ex stranguria vch-ulus succedit, ii intra diem septimum moriuntur, nisi febre accedente copiosa urina effluat.

(4) Qui gibbosi ex anhelatione, et tussi fiunt, ante pubertatem moriuntur.

Les femmes qui n ont point eu d'enfants sont plus exposées à des maladies relatives aux règles que celles qui ont été grosses, et pourquoi. — Je pense, à l'égard des maladies des femmes, que si elles n'ont jamais été grosses, les dérangements des règles sont plus ordinaires chez elles, et qu'ils sont plus dangereux que lorsqu'elles ont eu des enfants. Quand la femme a accouché, ses veines sont plus perméables au sang menstruel ; la purgation des lochies y rend lo cours du sang plus facile. S'il se fait quelque fluxion dans les endroits du corps voisins des parties de la génération, les vaisseaux des viscères du bas-ventre et des mamelles se trouvent plus élargis; tout le corps est aussi plus développé. Mais pourquoi cela est-il ainsi? Je l'ai expliqué dans le Traité de la nature de l'enfant. Le corps, en se développant davantage, doit nécessairement faire que les veines acquièrent plus d'amplitude et d'étendue. La matrice doit, en eft'et, se développer pour contenir l'enfant qui y fait des efforts et qui y cause du travail. Cola étant ainsi, les règles trouvent bien do la facilité à couler, lorsque la femme a déjà rendu des lochies à la suite des couches. Si donc celles qui ont eu des enfants éprouvent des obstacles à la menstruation, p.ir quelque cause que ce soit, ils pourront être levés plus facilement que chez celles qui n'ont point eu d'enfants. La matrice des premières est déjà habituée aux évacuations; son corps est disposé à se débarrasser des réplétions de sang. Les vaisseaux mêmes de tout le corps se sont agrandis ; il y a après les couches plus d'espace pour le sang, le corps ayant acquis plus de développement. Il coule plus aisément dans les vaisseaux, à moins qu'ils no se trouvent remplis outre mesure et engorgés : tandis qu'au contraire, lorsque la femme n'a point été grosse, les vaisseaux ne sont point accoutumés à la plénitude ; ils résistent davantage ; ils sont plus fermes, plus denses ; ils n'ont point eu à subir les lochies; la matrice n'a point été élargie, les règles ne coulent donc point avcc la

même aisance. Elles occasionneront souvent des embarras ; elles seront donc plus aisément interceptées chez les femmes qui n'ont point été grosses. Si l'on a mis dans l'eau ou dans^un endroit humide, pendant deux fois vingt-quatre heures, de la laine lavée et séchée, et aussi, dans le même endroit, une étoffe de laine lavée non moins desséchée que la laine qui n'a point passé par la main du tisserand, et de pareil poids, on trouvera que le poids de la laine sera beaucoup plus augmenté que celui de l'étoife. On sait encore qu'il s'élève toujours plus de vapeurs de l'eau qui est dans un vase dont l'ouverture est plus large. Les laines molles et rares en prennent plus que les autres ; les étoffes dont la laine est ferme ou serrée en reçoivent moins. De même, les vaisseaux qui sont plus rares chez la femme attirent la rosée du corps et du ventre plus promptement que ceux de l'homme, quand le corps de la femme se trouve avoir trop de sang ; ses chairs plus délicates s'échauffent donc et lui causent des douleurs, à moins qu'elle ne s'en délivre ; car le sang est une humeur chaude de sa nature. Telle est la raison pourquoi la femme se trouve avoir plus de chaleur que l'homme. Les pertes qu'elle fait en sang, lorsqu'elle en a trop, font qu'il excite moins de chaleur et qu'elle n'en éprouve pas de douleurs. Chez l'homme, dont les chairs sont plus fortes, il ne se fait point de même des amas provenant des parties supérieures du ventre, de manière qu'il en résulte des incommodités, s'il ne s'évacue chaque mois. Le corps de l'homme étant plus vigoureux, le ventre attire à lui tout ce dont il a besoin pour une abondante nourriture, et empêche ainsi qu'il ne s'excite de la chaleur provenant d'une pléthore d'humeurs, comme chez la femme. La grande raison en est la vie laborieuse de l'homme, car le travail et la fatigue dissipent une grande partie de la rosée dont se forme le sang (1).

(1) Mulierem, quae nunquam peperit, majore cum molestia, et celerius, ex mensibus profluentibus affici, quam quœ partum experta est. Ubi enim peperit, venulae ei ad mensium descensum insunt ampliores. Amplas autem ipsis reddit puerperiorum effluxus, qui purgationis quoddam genus est. Qui cum vi prorumpit, viciuée maxime corporis partes, tum veutris, tum mammarum affatim effundimtur. Quin etiam corpus reliquum confertim vacuatur. Quod unde contingat, a nobis est commemoratum in pueri natura, cum partu in lucem editur. Corpore vero universim efifuso, venas magis aperiri, et ad mensium profusionem ampliores fieri, necesse est, uterosque magis patere, nimirum puero per eos non sine vi et dolore egresso. Quibus ita constitutis, mulier, quœ puerperii purgamenta experta fuerit, cum minore labore purgatiouem menstruam sustinet.

Quod si mulieri, quœ jam peperit, affectio aliqua contingat, ita, ut précédentes menses probe repurgari nequeant, ea facilius, quam si nunquam peperisset, laborem ferat. Assuefacti enim sunt uteri, et corpus ad repletionem accommodatum, relut qua; uterum gestet, simulque magna est in corpore amplitudo. Amplior autem fit sanguinis via, ubi peperit, uuiversim nimirum evacuato corpore, cumque corpus amplam capacitatem habeat, minorem sentit molestiam, nisi vense supra modum impleantur, et nimio dolore afficiantur. At vero ei, quœ nunquam peperit, cum corpus ad repletionem minime assuefactum sit, et validius, solidius, et densius exsistat, cum puerperii purgameuta nondum experta sit, uterique osculum minime pateat, majore cum molestia menses prodeimt, plui-esque affectiones incidunt, ut proinde menses intercludamur, ubi nunquam peperit. Atque ad hune modum se res habet, velut ante a nobis dictum est.

Mulierem rariore et molliore carne esse, quam virum, censeo. Atque cum id ita se habeat, mulieris corpus celerius et magis humorem ex ventre trahit, quam vh-i. Si quis enim aquae in loco humido per duos dies et duas noctes lanas puras imponat, et vestimentum parum dense contextum, œquali cum lanis pondère, ils sublatis et appensis, longe graviores lanas, quam vestimentum ccmperiet. Quod cum fit, ab aqua, quae in vase lati oris est, semper sursum aliquid decedit, lanœque, uum rai'Se sint et molles, cjus, quod secedit, majorera partem excipiunt. Vestimentum autem, quod

Sans être taxé de vouloir faire du réalisme, on peut comparer la femme qui a eu des enfants, à un fruit juteux et vermeil, et la femme stérile, par suite de circonstances individuelles ou accidentelles, à un fruit sec, jauni avant le temps. De là, la rareté des maladies cancéreuses chez la première et leur fréquence chez la seconde. Les religieuses et les prostituées se trouvent, sous ce rapport, sur la même ligne; preuve qu'on n'enfreint pas impunément les lois de la nature.

La manière dont Hippocrate explique l'espèce d'épanouissement qui détermine la grossesse chez la femme, est fort juste. On aurait donc tort de voir dans la maternité un danger, taudis qu'au contraire, c'est une préservation contre les maladies les plus cruelles qui peuvent atteindre la femme, celles par sécheresse et par ulcération.

Le régime de la femme est donc tout indiqué : il lui faut de l'air, de la lumière, de l'exercice, une nourriture substantielle, non échauffante; l'usage du Sedlitz Chanteaud pour rafraîchir son sang qui, comme le fait remarquer Hippocrate, a plus de chaleur intrinsèque que celui de l'homme.

Il est également nécessaire d'équilibrer, chez elle, les fonctions d'innervation, de circulation et des sécrétions, par la strychnine, l'aconitine et la digitaline.

Sans en faire une règle absolue, nous considérons l'emploi de ces trois alcaloïdes comme favorisant la menstruation, c'est-à-dire cet état juteux dont nous parlions tantôt. Il faut à la femme du sang rouge, vermeil, et non du sang blanc ou clilorotique ; or, ou connaît les rappoi'ts de l'aménorrhée avec la chlorose.

Nous mettons ici sous les yeux de nos lecteurs, le tableau suivant emprunté à West :

« Une jeune fille, d'une bonne santé antérieure, approche de l'époque de la puberté; quelques-uns des changements caractéristiques de cet état surviennent, les formes prennent les contours de la muliéreté, et sauf les règles, rien ne manque pour annoncer que la modification organique est

plénum sit et confertim contextum, explebitur, iieque multum ejus, quod decedit, excipiet. Ad hune sane modum mulier, cum rarior sit, ampliorem ex ventre in corpus humorem, et citius, quam vir, attrahct, cumque molli carne sit, ulii sanguine corpus expletum fuerit, nisi ab eo aliquid decedat, carnibus expletis et coucalefactis, dolor oboritur. Calidiorem euim sanguinem mulier habet, ideoque vire calidior est. Quod si plurimum ex eo, quod accedit, secedat, neque dolor, neque caler a sanguine oritur. Cum vero vir carnis sit solidioris, quam femina, neque supei'iore ventre ita sanguine supra modum impletur, iit nisi aliquid sanguiuis siiigulis mensibus decedat, dolorem suboriri, ncccsse sit, trahitquc, quantum sanguinis satis esse possit, ad nutritionem, cumque corpore non sit molli, neque minium dolore aiîligitur, ncqiie, ut mulier, ex plenitudine supra modum incalescit. Ad id autcm multum viro confert, quod duriter se magis, quam femina exercet. Vehemeus enira exercitatio nonnihil humoris deducit.

arrivée à son terme. Et cependant, les menstrues ne se montrent pas spontanément, et la jeune tille commence à souifrir de fréquents maux de tête, de rougeurs congestives de la face, de maux de reins, de douleurs hypogastriques. En même temps, la constipation, l'enduit saburral de la langue, la plénitude du pouls et tous les symptômes d'un trouble général, prennent un accroissement marqué, à des intervalles périodiques de un mois à peu près. A la longue, la menstruation s'effectue, mais les règles sont peu abondantes et très-douloureuses, et, pendant plusieurs mois consécutifs elles cessent de revenir ; ou peut-être qu'au retour périodique, le flux sanguin, au lieu de se faire par la matrice, a lieu dans l'estomac ou, plus rarement, dans l'intestin. Au commencement, la santé générale n'était sans doute pas sérieusement troublée, ou du moins ses désoixlres se bornaient à quelques soulfrances spéciales, survenant à certaines époques, mais, peu à peu, la malade devient continuellement souffrante ; son appétit disparaît ; la fonction digestive s'alFaiblit ; les forces musculaires deviennent insuffisantes pour les exercices ordinaires ; le pouls est faible et fréquent, et la face prend cette teinte d'une pâleur jaunâtre, si bien exprimée par le mot chlorose, sous lequel on désigne cet état général. Le stéthoscope fait découvrir un bruit particulier sur le passage du sang à travers les cavités cardiaques, et le long des troncs artériels et veineux, bruit qui est l'indice certain d'un changement dans la composition de ce liquide ; le plus souvent d'une diminution dans sa quantité. »

Comme on le voit, c'est là un tableau de maître ; seulement, quant au traitement, il est entaché du vieux galénisme : ce sont les ferrugineux, les gommes résineuses, les substances fortement odorantes, telles que le castoréum , dont on pourrait dire avec Horace : grave olentibus hircis. Puis, la pauvi'e fille non réglée est déclarée poitrinaire ; on l'envoie aux eaux, si la famille en a les moyens ; on la couvre de vésicatoires ; on la soumet à un régime fade, et, de chlorotique, on en fait une véritable phthisique. La raison en est qu'on n'a pas su faire un traitement physiologique.

C'est dans ces cas que l'arséniate de strychnine, l'aconitine, la digitaline et le Sedlitz Chanteaud font merveille.

Avant que les règles puissent s'établir régulièrement, il faut du sang rouge, rutilant, car ce serait une erreur de considérer ce flux comme de nature purement veineuse.

S'il y a spasme utérin, à la strychnine on ajoutera l'hyosciamine. Les pores des capillaires s'épanouissent et le sang passe avec plus facilité, tandis qu'autrement il se congestionne.

Le fiiix menstruel ne saurait être mieux comparé qu'aux épistaxis des jeunes personnes ou des jeunes gens à 1 époque delà puberté. Il laisse après lui le rafraîchissement et la décongestion. Arrière donc tous ces prétendus emménagogues qui ne font que dessécher la fibre organique. Arrière les Potards, qui croient qu'il n'y a de bon que ce qui sort de leur apothicairerie !

Nous avons tracé, d'après "West, le tableau de la jeune fille non réglée : voyons le traitement; toujours d'après lé médecin anglais :

« La malade gardera le repos, et s'il y a des douleurs violentes ou un trouble notable de la circulation, elle se couchera. Un bain de siège matin et soir, rendu légèrement stimulant, si les souflfrances ne sont pas vives, par l'addition d'un peu de moutarde, aura quelquefois pour effet de provoquer le flux menstruel. C'est alors que les stimulants diurétiques, tels que l'éther nitrique, la térébenthine, l'esprit de genièvi-e, ou l'emménagogue domestique : le gin (!) deviennent quelquefois utiles, en augmentant la congestion des viscères du bassin, et font disparaître les souffi'ances des malades, par un appel hémorrhagique sur l'utérus. »

West rejette, avec raison, les moyens violents, tels que les cantharides, l'huile de sabine à doses élevées, les injections vaginales d'ammoniaque dans du lait, les suppositoires au nitrate d'argent, etc. Faut-il s'étonner qu'il y ait tant de maladies de matrice avec des traitements aussi barbares? Et c'est cependant ce vieux galénisme que quelques médecins — qui osent se dire allopathes — pratiquent encore.

Incommodités et maladies qui, nayant pas lieu chez f homme, doivent affliger les femmes lorsqu'elles sont privées du secours de leurs règles. — Lors donc qu'une fomme qui n'est pas grosse d'enfant, est privée de ses règles, le sang surabondant ne se procurant point d'issue, il en résulte un état maladif. Ce cas a lieu si l'orifice de l'utérus est bouché, ou s'il est contourné, ou s'il y a quelque déplacement dans les parties de la génération. Dans chacune de ces circonstances, le sang menstruel ne pourra point sortir. Il a lieu encore lorsque la matrice est rapetissée, ou que son cou avance trop dans le vagin : dans ces deux derniers cas, si une femme n'habite point avec son mari, et si le ventre tend à se décharger sur la matrice, de plus, que cette partie ainsi affectée ne peut recevoir, elle doit se contourner. Ne se trouvant pas autant humectée parce que la femme ne cohabite pas, ses vaisseaux ne s'élargissent point. Le ventre se trouvant moins rempli, la matrice y prend souvent de mauvaises situations. Ses vaisseaux n'augmentent pas d'étendue ; elle se dessèche et s'amincit. Quelquefois elle se contourne. Son cou, qui entre dans le vagin, souffre aussi des distorsions. Ce sont autant de causes qui contribuent à serrer l'orifice de l'utérus dans la femme qui ne vit pas avec son mari. Lorsque après un espace de trois moi.s, la matrice se décharge, par les règles de la pléthore accumulée, les accidents en sont supportables ; mais si elle ne se débarrasse point dans peu de temps,

il survient des suifocations : quelquefois la fièvre s'y joint avec des frissons et des douleurs aux reins. Telles sont les suites des menstrues retenues plus de trois mois ; après le quatrième, les accidents que j'ai dit survenir après trois mois, augmenteront encore, à moins que les règles ne paraissent. Ils se feront sentir surtout aux époques delà menstruation, après lesquelles toutes les incommodités se suspendent quelquefois entièrement ; mais il viendra ensuite des difficultés d'uriner ; le ventre se durcira ; il deviendra plus gros qu'auparavant; il y aura des craquements de dents; l'appétit se perdra, le sommeil aussi. Voilà ce qu'on verra après le quatrième mois. Si l'on soigne cet état convenablement, on en guérit le cinquième mois. Si les règles ne viennent point, tout le mal s'empire. Après le sixième, la cure est très-difficile ; tous les symptômes se foi'tifient ; la malade est dans un malaise continuel ; elle se jette çà et là; elle perd courage ; il y a des vomissents de pituite avec beaucoup de soif. La femme sent un feu brûlant au ventre, parce que la matrice regorge de sang. En y touchant, on y cause des douleurs, surtout au pubis. La fièvre est souvent plus ou moins forte; des vents se remuent dans la matrice ; le saYig y court avec trouble ; les selles et les urines ne se rendent point en la manière naturelle (1).

On voit avec quelle sagacité Hippocrate décrit ici les accidents, tant physiques qu'organiques, pouvant survenir chez la fille ou la femme non menstruée. Il faut donc toujours procéder au toucher et à l'inspection, afin de ne pas agir en aveugle. Les positions vicieuses de la matrice

(1) Postquam igitur mulieri, quse nunquam peperit, menses delitescunt, neque foras exitum inveuire possunt, hic morbus oritur. Id autem coutingit, si uterorum os conclusum, aut obtortum fuerit, aut pudendi pars aliqua inversa. Ex his enim si quid adsit, non aiite menses exitum invenire poteruDt, quam uteri ad pristinam sanitatem redierint. Hic vero morbus iis praecipue contingit, quee angustos habent uteros, aut cervicem extra pudendum sitam. Horum enim alterum si adfaerit, neque mulier viri cousuetutline fruatur, venterque plus justo vai^uetur, ex liac affectione uteri invertuntur. Neque enim uieri in semadescuut, cum minime venerem experiantur, amplumque spatium habent, ut pervertantui', cum alvus plus, quam conveuiat, vacua, sicca et levis exsistat. lisque perversis interdum contingit, ut eorum osculum distorqueatur, cum cervis extra pudenda sita sit. Si enim ex Teneris usu madescaut uteri, et alvus minime vacuetur, non facile pervertuntur. Haec igitur causa est, cur ipsi conniveaut, cum nimirum veueris usum mulier non experiatur. Intra vero trium mensium spatium, si ei decurrentes menses ea, qufe prius iuerant, eduxerint, perbelle quidem affecta erit; alioqui in bas affectiones mulier incurret. lu suffocationem subinde incidet, febrisque ac borror, et lumborum dolor sœpe invadent. Atque in has affectiones veniet, si intra trimestre spatium menses ei non prodierint. Intra vero quadrimestre spatium, nisi progressi meuses prioribus viam fecerint, etiam tune trimestres omnes afiBictiones eam magis atSigent, maximeque, quo tempore menses decurrere consueverunt, postea minus. Plerumque vero dolores expers videtur. Erunt etiam in quadrimestri spatio hœc indicia. Urinam copiosam et crassam subinde reddet, ei venter indurescet, majorque erit, quam antea, dentium stridor aderit, ciborum fastidium et insomnia. Atque ista mulieri contingent, si intra quadrimestre spatium menses non decurrant, curata vero etiam ex his convalescit. Ac intra quintmn mensem, nisi ei copiosi menses descenderint, etiam vehementior dolor ingruit. Sexto vero meuse jam iucurabilis erit, et juxta quidem priera signa magis afiligetur. Deinde vero ad hsec ista accèdent : anxietate vexabitur, et subinde se ipsam jactabit, animo defîciet, vehemens eam sitis corripiet, incenso nimirum %-entre ab uteris sanguine redundantibus, ad contactum maximeque circa pubem dolebit, subindeque acute febricitabit, uteri fréquenter murmur edeut, agitato nimirum et permeantein eis sanguine, neque pro more venter dejiciet, neque vesica urinam percolabit.

seront facilement redressées au début. De même, ou peut remédier à l'atrésie du museau de tanche.

« Une autre considération qu'il ne faut pas perdre de vue, dit West, c'est que dans les cas où il n'existe aucune maladie physique, aucune cause locale rendant impossible l'accomplissement régulier des fonctions sexuelles, il est rare que ces fonctions arrivent à leur entier développement à partir du moment précis où elles ont donné les premiers signes de leur activité. Il arrive souvent qu'après la première époque menstruelle, un intervalle de un ou trois mois s'écoule avant que les règles reviennent. Peut-être ces signes prémonitoires de la menstruation sontils suivis d'un flux, non pas de sang, mais de mucus, constituant ce que les anciens appelaient des règles blanches [menstruœ albœ).

« Nous savons que des flux de cette nature ne sont pas nécessairement morbides, bien qu'on les ait considérés autrefois comme tels. » [Op. cit.)

Ainsi que le fait remarquer le traducteur de West, M. le docteur Mauriac, l'hypérémie utérine symptomatique de l'ovulation, comme les hypérémies des autres muqueuses, peut se terminer par un flux formé de cellules d'épithélium, phénomène qui constitue une véritable crise pour l'hjqDérémie, et qui se produit en général chez les jeunes filles chlorotiques ; aussi est-il rationnel de supposer qu'une portion plus ou moins considérable des leucocythes, si abondants alors dans le liquide sanguin, vient augmenter le nombre des éléments figurés, autres que les globules rouges, dont se composent les menstrues blanches.

C'est donc encore à l'état du sang qu'il faut avoir égard, et non aux pertes en blanc, qui sont souvent un moyen de dégagement ou de désobstruction. On emploiera simultanément la strychnine (arséniate) et l'ergotine.

Diverses affections de la matrice causées par le défaut des règles. — Lorsque la matrice se jette vers l'estomac et qu'elle s'agite dans le ventre, la femme ressent des douleurs à l'épine du dos ; sa langue s'embarrasse ; elle a de la peine à parler distinctement. Il lui survient des faiblesses. Quelquefois elle perd entièrement la parole. Elle a des morsures d'estomac ; elle rend de la bile jaune. Sa respiration devient pénible. Elle ne sait comment se tenir; elle s'agite en tout sons. Elle a un feu dévorant. Si, dans ces déplacements de règles, la vessie en tire un peu de sang du plus délié, l'urine sort rouge; tout le corps est en travail, mais surtout le cou, l'épine, les lombes, les aines. Dans cet état, le ventre s'élève, les pieds et les jambes deviennent fort enflés ; la mort quelquefois s'ensuit. Telles sont les suites de la suppression des règles qui dure au delà de six mois (1).

(1) Cum mulieri uteri ad stomachum, qui iiervosus est, irrucvint, et in veutrem procideriiit, spinœ et totius dorsi dolore ea vexatur, liugua ejus frenatur, eamque obscuram habet, et animo linquitur.

Les accidents nerveux provenant des troubles de la menstruation sont ici parfaitement décrits. Ces troubles exigent encore l'emploi de la strychnine, de l'ergotine et de l'hyosciamine, quelquefois du camphre monobromé et de la cicutine, contre l'hyperesthésie de la moelle épinière.

On voit aussi que des règles, pour avoir été supprimées pendant deux mois, se sont jetées sur le poumon, et y ont excité tous les maux d'une phthisie, auxquels il a été impossible de résister (1).

La tuberculose est due à la leucocythémie ou la prépondérance des globules blancs dans le sang. Voilà pourquoi, comme nous l'avons dit plus haut, il y a souvent des règles en blanc. Ici il faut insister principalement sur les arséniates, comme reconstituants du sang et antidéperditateurs. Chez les phthisiques, la menstruation est généralement supprimée. Dans son ouvrage sur la phthisie, Hans ne cite qu'un seul cas où les règles n'aient point fait défaut jusqu'au moment de la mort.

On voit encore que les menstrues, après avoir été retenues pendant deux ou trois mois dans la matrice, y causent des suppurations. Cela arrive surtout lorsqu'il y a un feu ardent. Les signes de cette suppuration sont de vives douleurs au pubis, avec de forts battements ; en sorte que la femme ne peut y supporter le plus léger contact. Quand le mal doit tourner à bien, les règles se font jour; et il sort du sang avec du pus qui coule, de mauvaise odeur, pendant sept ou huit ou neuf jours, depuis que le mal s'est montré en la manière dite ci-dessus. Après le rétablissement des règles, ce sera un grand bien qu'il ne survienne point d'ulcère. Lorsqu'il s'y en formera, il faudra du temps et des soins pour empêcher qu'il ne fasse desfongus, et que l'ulcère ne prenne un mauvais caractère. La femme sera stérile, quoique l'abcès se soit ouvert, s'il s'est fait de grands ulcères dans la matrice. Lorsque l'abcès ne s'évacue point par les parties naturelles et que les règles occasionnent une suppuration, il se fait une tumeur qui s'ouvre au-dessus des aines, à un des hypochondres, d'où il découle un pus fétide. La femme ne survit point, ou bien, si elle guérit, elle sera stérile durant toute sa vie (2).

NonnuUis etiam vox déficit, stomachus mordetur, bilis flava foras prodit, spiritus offensans est, anxietate premitur, se ipsam jactat, et incenditur.

Postea vero, quum transmoti fuerint, et vesica tenuem ex uteris sanguinem trahet, tune urina rubra effunditur, et reliquum quidem corpus dolore afficitur, potissimumque cervix, spiua, lumbi et inguina. Cumque eo devenerit, tum venter attoUitur, tum cr\ira et tibise, ac pedes, plus œquo intumescunt, et mors instat. Et in ea hune quidem habent exitum menses sex mensium spatio delitescentes. Quin etiam htec accidunt.

(1) NonnuUis mulieribus, cum copiosi menses duorum mensium spatio in uteris exstiterint, ubi intercepti fuerint, ad pulmonem feruntur, eademque orania his contingunt, qute in tabe dicta sunt, neque inde superesse potest. Sed et ista contingunt.

(2) Sunt quibus menses purulent! evadunt, ubi duobus aut tribus mensibus moram fecerint, idque praecipue accidit, si a febre exusti fuerint. Puruleutorum autem hœc sunt indicia : dolores enim ad iraum ventrem irruunt, et pulsationes véhémentes, neque contactum ea sustinet. Quod si melius habitura sit, menses ei per pudendum erumpunt, pusque et sanguis fertur, graveolens autem per

L'endométrite, suite de la suppressiou subite des règles, est ici fidèlement décrite. Afin de prévenir les désordres qui en seraient la conséquence, il faut avoir recours aux alcaloïdes défervescents, principalement à la vératrine. On fera de fréquentes injections au chloral borate, d'après la formule du docteur Hébert. L'état du col de la matrice doit être soigneusement surveillé ; toutefois, on sera sobre de cautérisations. C'est un des mérites de West d'avoir mis à l'ordre du jour la doctrine do son compatriote, le docteur N. Bennet, contrairement à celle des cautérisations qui étaient alors à la mode. Des spécialistes avaient surgi qui avaient fabriqué des maladies de l'utérus de toutes pièces. C'était lucratif, mais peu humain.

Il arrive quelquefois que les règles, après avoir été supprimées deux ou trois mois ou plus longtemps, il survient aux aines une grosse tumeur qui est rouge, mais qui ne s'élève pas en pointe. Bien des médecins en on fait l'ouverture, ignorant ce que c'était, et ils ont mis la femme en danger. Cette humeur provient de ce que les chairs, profitant de la grande quantité de sang qui va à la matrice, dont le cou appuie sur cet endroit, prennent plus de volume et s'élèvent. L'on voit ensuite que si le cou de la matrice reprend sa place, et que les règles coulent par les parties naturelles, la tumeur des aines s'aflaisse. Elle se dégorge par l'utérus, qui s'évacue en la manière ordinaire. Lorsqu'au contraire le cou de la matrice ne revient pas en son lieu naturel, il se fait une suppuration aux aines avec une ouverture qui donne ensuite issue aux menstrues, et les dangers sont alors les mêmes que ceux dont je viens de parler (1).

Hippocrate parle ici de l'hématocèle utérine se faisant jour dans la région inguinale, affection rare et qui peut donner lieu à de dange-

septem, aut octo, aut novem dies fertur. Antea vero, quo .supra dictum est, modo afficitur. Ubi autem repurgata fuerit, optimum quidem est, si nulla oboriantur ulcéra. Quod si ulcéra remaneant majore opus erit curatioue, ut ne ulcéra nimio humore diffluant, et gravem odorem contrahaut. Infecunda autem erit, etiamsi meliuscule habeat, si magna in uteris orta ulcéra fuerint. Quod si ei per pudendum nou prodeant, futui-um est, ut menses in pus versi supra inguina per lateris raoUitudinem sine tuberculo erumpant, perrupto nimirum hac parte pure, et per eam purulenta gravis odoris procedeut. Quod cum accidit, minime superest mulier, et si supersit, perpétue infecunda futura est.

(1) Accidit id quoque : nonnuUis, ulii bimestres, aut trimestres, aut diuturniores menses esstiterint, et ad lateris mollitudinem irruperint, minime purulentis mensibus, supra inguina velut tuberculum exoritur, sine vertice, magnum et rubrum. Quod plerique medici, quid esset ignorantes, dissecuerunt, eoque modo mulieres in periculum conjecerunt. Quod vero tuberculi speciem refert, hoc modo suboritur. Cum uterorura osculum ad lateris mollitudinem incurabat, caro sanguinis fructum percipit, impletur, eoque oppleta in molem assurgit. Quandoque etiam, ubi uterorum osculum transmotum fuerit, eoqtie in pudendum couverso, per pudendum menses prodierint, subsidet id, qn >d ad lateris mollitudinem in tumorera sublatum fuerat. In uteros enim transfundit, qui postea foras emittunt. Quod si os uterorum in pudendum non convertatur, circa lateris mollitudinem pus colligit, eaque parte mensibus via palet, et in eadem pericul,") mulieres incurrnnt, quse prius dicta sunt.

reuses méprises. Nous citerons ici le fait suivant que nous empruntons à "West [Leçons sur les maladies des femmes) :

« Une dame entre vingt et trente ans, mère de plusieurs enfants, prit froid pendant la période menstruelle, et immédiatement les règles, sans se supprimer tout à fait, diminuèrent beaucoup de quantité. En même temps, survint une douleur abdominale, sous forme paroxystique. A la tin du troisième jour, il existait une tumeur dans la région iliaque droite. Cette tumeur, lorsque je vis la malade, quatre jours environ après le début de la maladie, était au-dessus du tégument de Poupart et dans la même direction que lui ; elle avait à peu près le volume du poing, était oblongue, immobile, peu sensible à la pression; il n'existait pas de déplacement de l'utérus et on ne percevait qu'une vague sensation de plénitude dans les culs-de-sac vaginaux. »

Comme Hippocrate le dit, bien des chirurgiens ont ouvert ces tumeurs et ont mis ainsi les jours de la femme en danger. Elles suivent le mouvement des règles, ce qui permet de les reconnaître; on donnera à l'intérieur l'hydro-ferro-cyanate de quinine et le sulfate de strychnine, aûn de faire revenir les plexus veineux sur eux-mêmes.

Toutes les fois que les règles ne se montrent point à leur époque, la femme sent des douleurs au bas-ventre. Il lui semble qu'elle a un poids attaché aux lombes, dont elle est fort incommodée. Si les mois disparaissent entièrement, le sang de la menstruation, se trouvant dans un état non naturel, devient épais, visqueux et gluant. On commence alors par purger par haut et par bas. On fait ensuite des applications propres à nettoyer la matrice, en laissant des intervalles. On donne des boissons qui aient la vertu de faire couler le sang ; par exemple, du vin dans lequel on a mis delà bacile(l) et de la résine. Si, malgré l'usage de ces remèdes, les règles ne viennent point, on aura lieu de soupçonner que la femme est grosse, surtout lorsqu'elle souffre dans le commerce avec son mari, qu'elle sent un poids au bas-ventre, que la région de la matrice s'élève, quel'aiguDlon de l'amour est plus ardent, comme il l'est chez les femmes grosses; qu'il y a en même temps des maux d'estomac, principalement encore si cet état subsiste depuis cinquante jours avec des malaises fréquents, tantôt au ventre, tantôt à l'ombUic, au cou, aux aines et aux reins. Il arrive quelquefois qu'après l'espace de trois mois, les règles viennent précipitamment, en abondance ; qu'il sort des parties naturelles des caillots qui ressemblent à de la chair, comme dans une fausse couche, et du sang noir. Il s'ensuit quelquefois des ulcères à la matrice, qui demandent un grand soin. On voit des cas où la femme croit être grosse de six mois, ou d'un peu moins de temps. Le ventre est fort gros avec tous les autres symptômes de grossesse; puis, c'est un dépôt purulent qui se perce aux aines vers le cinquième ou le sixième mois, les règles se faisant une issue en cet endroit ; il en résulte quelquefois un ulcère de la matrice aux aines, qui met la

(1) Fenouil marin, plante apéritive et diurétique.

malade en danger de mort ; ou bien, si elle en réchappe, elle reste stérile. D'autres fois les mois se procurent la sortie par la voie naturelle, mais pourris et purulents, qui occasionnent une plaie à l'utérus et qui mettent la femme en danger. Il faut traiter cet état avec grand soin, pour empêcher qu'il ne s'y fasse un ulcère invétéré. La stérilité en serait la suite, quand même on parviendrait à le guérir. Si les règles ne se procurent aucune issue après l'espace de six mois, la femme éprouvera tous les accidents qu'entraîne une suppression si considérable, sans grossesse : si elle est bien soignée, elle guérira. Mais si le mal est négligé et qu'il se soutienne jusqu'au huitième mois, la mort en est souvent la suite.

Il arrive à bien des femmes que leurs règles sont pendant longtemps pituiteuses et en moindre quantité que dans l'état sain, et qu'elles recouvrent la parfaite santé si elles sont bien soignées (1).

Le tableau, comme on voit, est complet. Ici encore, Hippocrate parle de tumeurs qui se montrent aux aines et qui sont des hématocèles, dont il a été question dans le paragraphe précédent.

Quand les règles sont bilieuses, la femme éprouve des défaillances avec du dégoût; par temps, des anxiétés, des insomnies, des vents qu'elle rend par haut. Elle refuse de se promener; elle perd tout courage; elle ne peut regarder fixement les objets ; elle est pleine de craintes. Cet état se guérit en le traitant avec soin. Quand il s'invétère, il augmente. Ce sera un grand bonheur s'il peut s'établir un vomissement de matières bilieuses, ou une évacuation par les selles qui ne soit pas trop forte, ou un écoulement de règles bilieuses, point trop abondant. L'une,

(1) Cum menses in occulto lateant, dolor iiifimum ventrem infestabit, et pondus quoddam incumbere videtur, lumbi et laterum inanitates stupeudum in modum dolent. Si vero menses nuUo modo prodeunt, ex morbo crassi, lenti et glutinosi redduntur. Inprimis igitur venter sursum ac deorsum repurgandus, deinde utérus medicamento subdititio, ex quo sanguis purgatur, et intermissis aliquot diebus bibendum aliquod medicamentum, ex quo sanguis prodeat. Bibat autem ea crethmum ex vino ta'daceo. Quod si ne sic quidem ei profluant, continget, ut prîeguans esse videatur, et in viri congressu doloat, ita, ut aliquid iucumbere videatur, et pondus aliquod in ventre insit, venter prominet, et desideriis tentatur, perinde ac si uteram gestaret, oris ventriculi morsu afiicitur, prîecipueque post quinquagesimum diem, ventrem subinde dolor detinet circa umbilicum, et cervicem, et inguiua, ac lumbos. Interdum etiam post duos aut très menses exactes ei per pudendum menstrua confertim erumpunt, quique prodeunt, carunculas referre videntur, velut ex fétus corruptione, et nigri sunt.

Nonnullis vero ulcéra quoque in uteris oriuntur, tumque diligenter animum ad curam iutendere oportebit. Plerisque etiam contingit, ut se sexto mense, aut etiam paulo breviore tempore, uterum gestare existiment, venter prominet, reliquaque ei evenire, videntur, qure utero gerenti. Postea, quibusdam simul atque quintus aut sextus mensis adveuerit, in pus versi menses eruperunt, eaque sibi viam fecerunt.

In quibusdam autem ulcéra in uteris oriuntur, iuferiore etiam inguinis parte, et de vita pcriclitantur, ac si evaserint, stériles erunt. Nonnullis vero per pudendum erumpunt, et purulenti ac putrefacti prodeunt, ab iisque ulcéra in uteris excitantur, et periculum imminet, oportetque, ut ne inveterascant, diligenti curatione incumbere. Ha;c autem etiamsi curata fuerit, sterilis manebit. Quod si menses superiore inguinis parte ei non erumpant, sex mensibus coerciti, universa illi contingent, qua; ei, qu.e nunquam peperit, cum menses exitum invenire nequeant. Ac si quidem curata fuerit, convalescet; sin minus, ad octavum etiam mensem perdurans moritur. Multis vero contingit, si pituitosi menses diutius prodeant, ut pauciores sint, quam sanis. Saua autem evadit, si convenienti ordine cui'etur.

quelle qu'elle soit, de ces trois évacuations qui serait trop copieuse, mettrait la femme en danger ; mais dès que les matières bilieuses sortiront modérément, que ce qui cause le mal sera mis dehors en tout ou en grande partie, la santé reviendra. Si on néglige le mal et que la malade ne soit pas délivrée, elle périra. Communément elle guérit de cet état au moyen de règles bilieuses. Lorsqu'elles arriveront, elles couleront en petite quantité durant les premiers jours, augmentant chaque jour. A mesure que leur durée se continue, l'état devient plus incommode, en ce que leur nature bilieuse agace la matrice. La cure néanmoins s'opère avec du soin, pourvu toutefois que l'écoulement bilieux s'arrête ; mais, si la matrice entre en inflammation, l'état devient des plus graves : on verra sortir beaucoup de matières purulentes et fétides, avec des débris de chairs. Tous les symptômes énumérés ci-dessus s'accroîtront. Les ulcères s'irriteront jusqu'à ce qu'enfin ils occasionnent la mort. Ou bien, si la malade réchappe, elle restera stérile à raison des cicatrices (1).

Cet état bilieux s'explique par l'état de plénitude ou d'engorgement de tout le système de la veine porte. On y remédiera par l'usage journalier du Sedlitz Chanteaud. Il ne faut pas prendre à la lettre le mot de règles bilieuses, mais comme caractérisant un état bilieux général.

Lorsque les règles seront pures, point mêlées, qu'il ne coule que du sang, la femme s'approchera de son mari, dans le temps du commencement de ses règles. Il est encore mieux de cohabiter quand elles finissent et qu'elles durent encore, que lorsqu'elles sont terminées (2).

Sans connaître le phénomène de l'ovulation, ou de la ponte, on voit qu'Hippocrate avait parfaitement jugé le moment le plus favorable pour la fécondation. C'est exactement comme chez les ovipares. Pour que l'imprégnation ait lieu, il faut que le museau de tanche aspire la semence, c'est pour cela qu'Hippocrate préconisait l'usage des fumigations.

Le défaut d'imprégnation dépend souvent d'une trop grande susceptibilité nerveuse. Dans un de nos voyages dans le nudi de la France, nous

(1) At si mulier sit corpore maie affecto, et menses biliosi decurrant, ex hoc facile dignoscuntur. Admodum nigri sunt, interdum vero nigri aut splendidi, parcissimique feruntur, et citissime concrescimt, amborumque semen, tum maris, tum feminie, languidum evanescit, neque ea utero concipit. Per morbi quidem exordia purgatur diebus, quibus consuevit, nou pluribus. Procedentibus autem mensibus, pluribus diebus purgatur, et singulis diebus minore quantitate menses apparent. Febres quoque errantes acutae acceduut, cum horrore et cibi fastidio, subindeque oris ventriculi morsus, tuncque maxime vexabitur, ubi ei in propinquo menses fuerint. Postquam autem repurgata fuerit, et paulo melius habebit, quam antea, postea rursus ad eundem relabetur statum, brevi tamen convalescit, si diligens cura adhibeatur. At uisi curetur, progressu temporis eam commemorata omoia valde affligent, et dolor modo quidem ventris partem umbilico inferiorem invadet, modo vero inguina, quandoque etiam lumbos, et coxendicis commissuram, quaî est ad sedem, totamque eam pàrtem, quandoque vero cervicem. Interdum quoque vehemens continget strangulatus, eique ante oculos caligo obversabitur et vertige, velut purgatione sursum missa et resiliente.

(2) Si igitur pura, sincera et sanguinea appareant, tum virum adeat. ineuute purgatione menstrua, praestat tamen ea desin<'nte. «"d tamen adh'i'' eiinte potius, quam penitus cessante.

rencontrâmes une jeune dame qui, depuis trois ans, aspirait à être mère. Elle se rendait à Lourdes pour faire une neuvaine à la Vierge. Ayant appris, au cours de la conversation, que nous étions médecin, elle désira avoir noti'e avis : nous lui recommandâmes l'hypoptiosphite de sti'ychnine et riiyosciamine. La superstition ne doit pas être encouragée, même comme cure morale.

De quelques incommodités de la grossesse. — La femme grosse est souvent pâle, parce que son sang se consume journellement pour la nourriture et l'accroissement de l'enfant. S'il en reste moins qu'à l'ordinaire dans son corps, elle doit nécessairement tomber dans la pâleur. Ainsi il n'est pas étonnant qu'elle ait envie de manger des choses extraordinaires, tandis que la plus grande partie de son sang se porte vers le ventre, ni qu'elle perde de ses forces, puisque son sang diminue.

Je pense que la femme a la respiration fréquente quand elle est grosse, et aussi quand elle est à l'approche de ses mois, parce que son bas-ventre alors se trouve plein, qu'il est échauffé et comprimé. L'oppression est beaucoup plus grande vers la fin de la grossesse, et les douleurs des lombes plus fortes, parce que les compressions causées par le fœtus augmentent. Elle éprouve aussi, dans le temps de la grossesse, des maux de cœur ; parce que tout le ventre et la matrice qui contient l'embryon, sont comprimés ou tiraillés (1).

Ce paragraphe est important — parce qu'il fait pressentir les découvertes de la physiologie moderne. Il résulte, en effet, des travaux de Becquerel et Rodiez, que le sang, qui n'est pas modifié dès le début de la grossesse, l'est sensiblement à mesure qu'elle avance. Il y a d'abord diminution des globules rouges, dont la moyenne tombe à 112, ensuite diminution de l'albumine, de plus en plus considérable, à mesure que la grossesse approche de la fin ; par contre, la fibrine est augmentée ainsi que la quantité d'eau. Il en résulte que la femme est prédisposée aux inflammations puerpérales caractérisées par des hydropisies aiguës et des dépôts fibrineux. Il faut donc à la femme enceinte un régime réparateur eu même temps qu'on la soumettra à l'usage de la strychnine, de l'acouitine et de la digitaline. C'est ce que nous avons nommé l'entraînement puerpéral. Le Sel Chanteaud pris régulièrement par sa légère alcalinité empêche la formation des acides abnormes et entretient la fraîcheur du sang.

(1) Ubi uterum gestat muliei-, tota pallida redditur, quoniam, qui in ea purus est, saiiguis semper quotidie e corpore aliquautulum stillat, et ad fetum fertui', eique iii alimeiUum cedit, cumque i)aucus in corpore sanguis exsistat, eara pallidam esse, necesse est, semperqne abhorrantes cibos appetere, et ad ventrem sanguiuea subire. Debilior etiam redditur, quod sauguis imrainuitur. Mea autem senteutia niulier, ubi partui vicina est, crebrum spiritum emittit, sique purgatio incipiat, venter plenus est, et a calore urgetur. Tum vero potissimum crebrum spiritum ducit, ubi partui proxima est, turaqiie prœcipue lumborum dolore affligitur, cum lumbi a l'etu collidantnr. Toto vero intermedio tempore oris ventriculi dolore ea subiude premitur, cum nimirum venter, ac prfecipue utérus, fetum undique complectatur et comprimât.

Quand, après les couches, les humeurs ne coulent point, que la femme les a dans la tête, sans qu'elles y aient été attirées par la chaleur dans '.u travail des couches ou auparavant, il y a dans ce cas de légers maux de tête. Si alors l'humeur secouée se détermine fortement vers le ventre, elle y portera du trouhle, et le mal n'ira pas plus loin. Il faut seulement prendre garde qu'il ne s'établisse une diarrhée tandis que le corps est dans un mauvais état, elle serait fâcheuse. Si l'humeur venant de la tête se porte aux vidanges, et qu'elle y vienne abondamment, c'est un bien. Si toutefois elle était trop abondante, il faudrait y prendre garde. Une partie qui sortirait par les selles serait alors un soulagement. Si l'évacuation par le dos devenait forte, cela demanderait du soin (1).

La fièvre puerpérale se distingue par sa brusque explosion, il faut donc la prévenir par les alcaloïdes défervescents, notamment l'hvdroferro-cyanate de quinine, pour combattre le frisson initial, l'aconitine, la vératrine, la digitaline contre l'état continu , la strychnine contre la prostration nerveuse. On cherchera à faire couler les lochies par les fumigations et les fomentations aromatiques, et on fera faire des irrigations continues avec le chloral borate. Ces soins externes se donneront audessus de la couverture, afin d'empêcher les refroidissements. C'est dire combien l'application de la glace est dangereuse.

Toutes les fois que les vidanges coulent peu, U y a des douleurs vives aux lombes et dans tout le voisinage des parties naturelles, avec des enflures. La femme sent du feu aux cuisses. Il coule une grande quantité de pituite aqueuse par le nez et par la bouche. Il y a des maux de tête avec fièvre, frissons et craquement de dents Le ventre s'enfle et s'obstrue ; la vessie de même. Les yeux deviennent roulants ; la vue se trouble (2).

Il faut voir ici l'état catarrhal auquel les femmes sont si exposées dans l'acte de l'accouchement. Aussi faut-il recourir de prime abord à l'hjdro-ferro-cyanate de quinine, afin de ramener la chaleur à la surface et la transpiration. D'ordinaire une douzaine de granules suffisent. L'habitude de donner la quinine en poudre est mauvaise, parce que, aux doses exagérées où les allopathes l'administrent, elle dessèche la langue et le

(1) Si vero miilieri una cum puero in partu humor, ut conTenit, non efiSuat, quin etiam si quidem caput in se humorem calore atiractum contineat, in partu et paulo ante caput ei dolebit. Quod si cumulatus in ventrem veniat, ubi commotus fuerit, ipsum conturbabit, nihilque ulterius. Succurrendum autem, ut ne, corpore maie affecto, succedens inde alvi profluvium ipsam affligat. Quod si ex capite delata fluxio ad puerperii purgationem se convertat, multumque commoveatur, melius habet ; si vero plus xquo diligeateni curam adliibeto ; sin ad ventrem se convertat, facilior utique puello exitus pateat.

(2) At si modica purgatio mulieri procédât, vehemens dolor lumbos occupât, omnesque partes pudenda compleclentes, et caput intumescunt, femoraque incenduntur, ex ore et naribus pituita valde aquosa effluit, caput dolor, febris et horror detinet, intumescit, dentés fremunt, venter et vesica ei coustriugunlur, oculos ea obvertit, et caliginosa cernit.

gosier et produit les accidents cérébraux que Gubler nommait « l'ivresse quinique " . Au reste, il en est de la quinine comme des autres alcaloïdes : elle doit être donnée en petites doses, et à intervalles plus ou moins rapprochés, selon la marche des symptômes.

Quand après l'administration de la quinine la fièvre chaude survient (40, 4P c), ce qui dénote un commencement de métrite, il faut aussitôt passer à l'administration de l'aconitine et de la vératrine. Les organiciens disent que c'est la lésion matérielle qui détermine la fièvre ; en supposant que cela soit dans tous les cas, la fièvre étant en raison directe de la lésion, c'est restreindre celle-ci que modérer celle4à.

Lorsque la femme a accouché, et qu'elle a eu la perte rouge, les vidanges quelquefois ne coulent qu'avec peine, soit parce que la matrice est enflammée et que son oi'iiicG se bouche, soit parce que le museau de l'utérus se ressert fortement sur lui-même après la sortie de l'enfant. Quelle de ces circonstances qui ait lieu, les vidanges ne couleront point librement, la fièvre se déclarera avec des frissons, le ventre s'enflera. En quelque endroit du corps que la femme en cet état soit couchée, elle y sent des douleurs, surtout au ventre. Elle a des maux de cœur, elle se plaint des lombes, elle a un grand dégoût, avec des insomnies, des picotements dans tout le corps. Quelquefois le cinquième ou le septième jour, il se fait des troubles dans le ventre; elle rend par les selles des matières noires très-fétides ; d'autres fois elle rend des urines troubles comme celles des juments. Quand ces évacuations arrivent, elle se trouve soulagée, et, avec des soins, la santé se rétablit dans peu de temps, pourvu qu'on y donne les attentions convenables; sinon, il est dangereux de voir une forte diarrhée qui fera disparaître entièrement les vidanges. Lorsque le ventre ne coule point, ni les vidanges en la manière naturelle, et qu'on n'y porte pas remède promptoment, le mal empirant à mesure que le temps s'écoule, se montrera enfin tel que je l'ai déjà dit. La peau de la malade, prenant une couleur de plomb, se remplira d'eau; l'ombilic s'élèvera en pointe poussée par la matrice, il sera plus brun que dans les environs; alors il n'y a plus d'espoir de guérison; la malade périt plus tôt ou plus tard, suivant la disposition du corps et suivant la rapidité du mal. Elle ne passera pas le vingt-unième jour ; c'est là l'ordinaire. Lorsque, au contraire les vidanges s'établissent bien, soit par le secours desremèdes, soit spontanément, ce qui arrive quand l'orifice de l'utérus se relâclie ou que la force du sang qui s'y porte avec violence l'oblige à s'ouvrir, il sort d'abord des matières fétides, putrides, quelquefois noires. La femme se trouve mieux aussitôt, et elle recouvre la santé si elle est soignée convenablement. La putréfaction des lochies occasionne quelquefois des ulcères à la matrice. Quand ce cas a lieu, il y faut beaucoup de soin pour les empêcher de s'agrandir et de prendre un mauvais caractère. Il est dangereux qu'ils ne causent la mort de la malade, ou ne la rendent stérile. On reconnaît qu'il y a des endroits ulcérés, en ce que les lochies, en y passant, font une impression douloureuse sur la matrice, comme ferait une épine. La femme y sent du feu, et dans tout le ventre; elle sent des douleurs quand on touche le dessous du nombril, comme si on touchait un nerf à nu dans une plaie. Elle éprouve de plus de vives douleurs à la matrice de temps en temps, avec une sensation comme de brûlure. On ne trouve que peu

de fièvre en touchant son bras. Il sort de temps à autre d-^ - lochies d'un mauvais caractère, purulentes, fétides. Tels sont les signes de la présence d'ulcères à la matrice. Ils demandent de grands soins. Je finis ici ce que je voulais dire touchant les différentes suites de cet état (1).

La rareté des locMes prouve qu'il s'est fait un resserrement dans tout le corps ; après le lavage au Sedlitz Cbanteaud et des irrigations au cMoral borate, il faut donner la strychnine, Thyosciamine et la digitaline, afin d'ouvrir les voies naturelles. Ainsi qu'Hippocrate le fait remarquer, la femme rend des selles noires très-fétides et les urines sont troubles comme celles de jument. Cela peut dépendre de l'excès de l'acide Iiippurique dans ce liquide. Le benzoate de soude est alors indiqué.

Lorsque les lochies vont bien pendant trois ou quatre jours, qu'ensuite elles se suppriment subitement, on voit des symptômes pareils à ceux que je viens d'exposer, mais moindres ; la terminaison sera cependant la même. La maladie sera seulement plus lente, moins violente, et la malade, si elle bien soignée, recouvrera la santé (2).

(1) Si mulieri partu libérât» purgatio non espedite prodeat, exœstuantibus nimirum uteris, eorumque osculo connivente ; uteri autem cervix in sese uudique concidit, simul ac puellus excessif. Si quid enim lioi'um adfuerit, ei purgatio non prodibit. Si vero ei non procédât purgatio, evenit, ut eam febris et liorror detineat, et uti venter magnus évadât. Quod si eam attigeris, totum corpus dolet, praecipueque, si quis veutrem attigerit, subindeque oris ventriculi morsu conflictatur, lumborum dolore ea vexatur, cibi fastidium adest, vigilia et corporis compunctio. Deinde quinto aut septimo die qûaudoque venter exturbatur, et nigra, subindeque admodum graveolentia ea deniittit, et urina, qualis asiniua, redditur. Quœ si subeant, melius illi esse videtur, curaque adhibita brevi ea convalescit, alioqui in periculum veniet, ne ei veliemens alvi profluvium succédât, et puerperii purgamenta in occulte delitescant. At si venter ei non exturbetur, neque purgatio sponte prodeat, neque ei cito conveuientia adhibeantur remédia, tempus autem procédât, a multis commemoratis affligetur, quibus accedit, ut in periculum veniat, ne velut plumbum livescat, et in aquam intercutem incidat, eique umbilicus ab uteris sublatus prominebit, et nigrior, quam circumamblentes partes evadet. Quœ ubi evenerint, superesse mulier non poterit. Pereunt autem aliae aiio tempore, prout corpus et affectio se habet. Primum tamen ae vigesimum diem non excedunt, itaque fere usu venit. At si illi vel per medicamentum, vel sponte purgatio eruperit (id enim usu veuire solet, ubi uteri a sanguine cum impetu derepente coufertim delato, os relaxarint), si, inquam, rrumpat, graveolentia et purulenta repurgantur, interdumque etiam nigra, tumque melius erit, et adhibita cura ea convalescet.

Ulcéra autem in uteris etiam oriuntur, putrefactis nimirum puerperii purgamentis. Quœ si oboriantur, major cura adhibenda erit, ue illi ulcéra iucrescant et computrescant. In periculum autem incurrit, ue moriatui-, aut sterilis reddatur. Si vero ulcéra in uteris insint, hœc signa sunt. Cum procedit purgatio, velut spina uterum pervadere videtur, eam ardor corripit, ventremque potissimum invadit. Ad contactum partes infra umbilicum non secus dolent, quam si ulcus purum nervosum contigeris. Deinde véhémentes in uteros dolores subinde incidunt, interdumque febris ad manum mitis, et quandoque deferuntur puerperii purgamenta maligna, purulenta et graviter olentia. Istaque signa se produnt, si ulcéra in uteris fuerint, magnaque cura indigent. Atque ii quidem sunt hujus morbi exitus.

(2) Quod si puerperii purgatio primis quidem tribus aut quatuor diebus prodierit, deinde ei derepente perdatur, in similes, sed minores, quam superior, affectiones incidit, eandemque subit morbus

La cessation des lochies au bout de trois ou quatre jours ne saurait être considérée comme un fait pathologique, puisque le principe fermentatif ou la lochine a déjà été évacué. Il en est de même des microbes, si tant est que ces derniers jouent dans les affections puerpérales le rôle qu'on leur a attribué.

Lorsque après les couches il n'y a point de purgation, le ventre et la rate s'enflent, les jambes aussi ; il y a de la fièvre avec des frissons et des douleurs aux lombes, quelquefois aux entrailles ; la femme éprouve des froids et des chaleurs ; les battements des artères sont tantôt faibles, tantôt vifs, élevés, certaines fois intermittents. Tels sont les symptômes de cet état dans le commencement : ensuite les creux du visage deviennent rouges. Il faut dans ce cas ne donner qu'une nourriture légère ; purger en boisson par bas, s'il y a de l'orgasme, avec des cholagogues quand la bile domine, avec dos phlegmagogues lorsque c'est la pituite. On fumige ensuite la matrice avec des aromates. L'on applique des fomentations dans la journée. Si le col de l'utérus est trop ferme, on continue les fumigations et les fomentations durant tout le jour : on fait des lotions ; puis on introduit une sonde, ensuite un pessaire fait avec des grains de sel et de la myrrhe, enveloppés dans un linge recouvert de poix et de laine mêlés ensemble; le tout doit être bien uni, de la grosseur d'une noix de galle. On laisse ce pessaire pendant vingt-quatre heures ; après quoi on donne trois jours de relâche. On emploie aussi en pessaire de grains de Gnide, en quantité double de celle qu'on prend pour une potion, avec du poivre en poudre ; on y mêle de l'huile blanche d'Egypte et du miel, incorporant le tout avec de la laine autour d'une plume. Ce pessaire ne se laisse que pendant vingt-quatre heures, quand l'évacuation semble devoir s'établir; mais, s'il parait qu'on doive le laisser plus de temps, on ne le tire qu'après deux jours. L'on met encore un pessaire, pendant vingt-quatre heures, fait avec le concombre sauvage; après quoi l'on en met, durant vingt-quatre heures encore, un autre fait avec du nétope, de la graisse de cerf, de la laine imbue d'huile d'olive la plus douce ; on fait enfin des lotions le plus légèrement qu'il est possible, avec beaucoup d'eau chaude. Après que les parties ont été purgées par ces différents remèdes, et bien lavées, on oint le col de l'utérus avec de la graisse d'oie, de la myrrhe, de la résine ramollie, et on fait des fomentations chaudes. On lave aussi la matrice avec du vin et de l'huile de narcisse, ou avec du vin seul, si on n'a point d'huile de narcisse (1).

Rommutationem, diuturnus tamen et priore lenior erit. Recte autem instituta victus ratione mulior superest, .si cito ejus cura suscipiatur. Ac de hoc morbo sic se res habet.

(1) Si vero ex parlu mulier non purgetur, venter intumescit, lien, et crura, felu'is detinet, rigor corripit, dolores ad lumbos irrurapunt, interdumque cliam ad viscera, et perfrigeratur ca, febrisque detinet, pulsus débiles sunt, interdum vero etiam acuti, modo clati, modo déficientes. Hoec ineunte morbo patitur, et sic se habet, précédente autem temporo cavœ facioi partes rnbescunt. Quibus ila habentibus, cibos levés exhibeto, et si quidem turgeat, medicamentura per inferiora purgans propinato, si biliosa quidem fuerit, quod bilem purget; sin autem pituitosa, quod pituitara. Post hoc uteris fomentum ex odoratis adhibendum, et interdiu emoUiens in subdititio apponendum. At si duro corpore fuerit, osculum per totura diem fovendum, et emoUientia supponenda, deinde calida lavaniluni, et fistulœ )ilumbeœ imponendîc. Post bœc autem salis graua et myrrham in panniculum lacerum illigatam, et picemcoctam, in vellere cxceptam, admixtis aromatis, ita, ut par cujusque sit

Les dénominations de cholagogue et de phîegmagogue ont disparu du vocabulaire de la médecine, cependant il n'est pas indifférent par quelles voies ou fait couler les humeurs. Ce dernier terme est également suranné.

Cependant il est certain que chez la femme qui vient d'accoucher, toutes les humeurs sont en mouvement; aussi tous les organes parenchymateux subissent-ils du gonflement qui, s'il ne se dissipe point par des décharges, donne lieu à des tumescences inflammatoires. Le foie et la rate s'engorgent, et le sang est lui-même altéré, étant déjà fortement aifaibli par la gestation. Il faut dans ce cas insister sur l'usage du Sedlitz Chanteaud, donner la strychnine, afin de resserrer les fibres organiques, la vératrine pour faire tomber la chaleur mordicante de la peau, la digitaline pour faire couler les urines ; la quassine aux repas comme cholagogue, l'hyosciamine, pour peu qu'il y ait spasme ou resserrement des ouvertures naturelles.

Les moyens externes indiqués par Hippocrate ont surtout pour but de ramollir le col utérin. Les suppositoires belladones sont très-utiles dans ces cas.

Lorsque l'orifice de l'utérus se ressert, et que les lochies ne sortent point, il y survient une inflammation. Si on n'y remédie bientôt, la femme souffre de toutes les manières. On sent près d'elle une odeur fétide ; l'entrée du vagin se gonfle. Quand l'inflammation ne gagne point dans le corps de la matrice, il s'écoule quelques vidanges d'une odeur puante, de couleur livide, avec des grumeaux noirs. La femme se vide ainsi de partie des lochies; d'autres fois il ne sort rien. La mort arrive bientôt si on ne saigne promptement la malade, ou si on ne lâche le ventre. Il est bon de donner des lavements, de faire vomir quand la malade vomit facilement. Il est très-bon aussi de pousser aux urines ou aux sueurs. Il est important de savoir ici se conduire suivant les circonstances (1).

La rétention ou l'incarcération des lochies par suite du resserrement du col utérin, produit l'empoisonnemeat lochial si fréquent dans les

modus, et parv£e gallae magnitudinem sequet, per diem et noctem supponito. Deinde vero intermissis tribus diebus ex iisdem foveto. In subdititio autem grana cnidia, demto cortice, apponito, quantum ad duas portiones satis erit, et piperis gi-ana tenuissime trita, oleo œgj-ptio albo et melle, quam optimo admixto. Hoc lanaobductum et circum pennam involutum toto die acnocte supponito. Et si tibi purgata videatur, sinere prsestiterit.

(1) At si mulieri angustum uterorum osculum fuerit, neque puerperiorum purgationem demiserint, inflammatione tentantur, quœ nisi brevi diligenter curetur, omnia eam magis affligent, et teter odor inde promanat, exitusque intumescit. Quod si uteri inflammatione tentati non fuerint, suapte sponte malum exit graveolens et lividum, aut nigrum et grumosum exsistit, et mulier a puerperii purgamentis expurgatur. Interdum vero minime exeunt, verum id mulieri exitium portendit, nisi quis celeriter venam incidat, aut alvum emoUiat. Praestat etiam alvum per infusimi eluere. Quod si promte ea vomuerit, etiam vomitus ciendus. Salius etiam est uriuam et sudorem pi-ovocare. Atque horum, cum res postularit, occasio optima est.

maternités. La saignée dans ces cas peut présenter de grands dangers, à cause de l'état ataxique général; mais Hippocrate n'avait pas d'autres moyens pour faire tomber la fièvre.

Aujourd'hui que nous possédons des alcaloïdes défervescents, la saignée n'est plus nécessaire. Il importe surtout de tenir le col utérin béant, afin ne pouvoir y faire les injections au chloral borate.

Quand la femme, après les couches, a un peu plus d'évacuation qu'il ne faudrait, lorsque l'orifice de l'utérus est trop large, ou lorsqu'il s'est déchiré des veines de la matrice dans les efforts de l'accouchement, il y aura une petite fièvre avec des froids. L'accouchée deviendra pâle, enflée, elle perdra l'appétit. La digestion du manger et du boire se fera mal. Quelquefois il surviendra un flux du ventre ou de la vessie : les froids sont alors plus grands. Tel est cet état (1).

Le traumatisme puerpéral est dangereux par rapport à la dilatation du col utérin et de la déchirure des veines qui permettent l'introduction des matières lochiales dans le torrent circulatoire : de là la fièvre avec frissons, dont parle Hippocrate. Ici encore la strychnine est nécessaire, afin de favoriser le retour de l'utérus sur lui-même et l'occlusion des veines. Les frissons doivent être combattus au moyen de l'hydro-ferrocyanate ou l'arséniate de quinine.

(1) Quod si mulier a partu paulo amplius, quara par sit, purgata luerit, id eiiim etiam contingit, si uteri lato ore fuerint, aut ex liis venis, quœ ad uterum teiiduut, quœJam ex violento i'etus egressu perrupta? fuerint, eam levis febris et rigor preliendunt, calorque toto corpore, nonnunquam etiam horror et cibi fastidium, et in totum exsecrabitur, extenuabitur, debilis erit, ex virore pallescet, intumescet, et cibos aversabitur, si quid vero comedat aut bibat, non coquitur. Quibusdam autem etiam alvus et vesica cum impetu effunditur, et horror magis detinet. Ac de his sic se res habet.

Page 1