‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 101 sur 130 · TMFTÉ DES FEMMES STÉRILES · texte numérisé non relu

TMFTÉ DES FEMMES STÉRILES

Des causes de la stérilité. — Nous avons traité jusqu'ici des diverses maladies des femmes en détail. Je vais maintenant expliquer ce ijni les rend quelquefois absolument stériles, et pourquoi Ton en voit qui ne font point d'enfants, à moins que la médecine n'y remédie. Certaines fois la matrice de ces dernières ne garde pas la semence, qui en sort promptement; d'autres fois leur stérilité est causée parce que l'orifice de l'utérus se trouve placé un peu de travers dans le vagin, ou bien parce qu'il se trouve bouché de manière que la semence ne peut absolument pas y pénétrer, ou parce qu'il ne peut point se refermer comme il le faut. Chacune de ces causes doit manifestement rendre la femme stérile (1).

Dans ce traité, Hippocrate entre dans les détails les plus intimes de la gynécologie. Les Grecs, sous ce rapport, étaient moins pudibonds que nous; leurs prêtres n'étaient point comme les nôtres, c'est-à-dire repoussant la nature... maculée, pour je ne sais quelle nature immaculée. Si Vénus avait ses mystères, elle avait aussi ses autels où l'on venait sacrifier pour atteindre le but en vue duquel tous les êtres vivants ont été créés.

D'une des causes en particulier, et la manière de le reconnaître. — Quand l'orifice

(1) Ac de his, quœ mulierilms in singulis affectionibus contiiigunt, ante quidem dictum est, nunc autera, quas ob causas mulieres prorsus siiit stériles, aut quam ob rem, iiisi curoiitur, parère nequeant, milii aperienJum. Hanc autem istius rei causain esse, assero. Si uterorum os a pudeiido penitiis aversum fuerit, non concipiunt. Neque enim uteri genitui-am excipiunt, sed confeslim ea Ibras prodit. Qnod etiara contingit, si os nteroriim prceter naturam paulum perversum sit. Quod si prorsus conniveat uterorum os, nr(|ue sic utcri genituram excipiiint, ut nequc si plus, quara conveniat, receiiter conuiveat. Quae comraemorata siugula patent.

est de travers et qu'il est bouché, les mois ne sortent point du tout, ou bien ils sortent avec peine. Le corps de la matrice, violenté, souflTre des tiraillements qui la mettent loin de son état naturel. Quoique dans ce cas la femme soit réglée, l'orifice de l'utérus ne se trouve point au fond du vagin dans sa vraie direction; or, pour peu qu'il soit de côté ou qu'il soit resserré, la menstruation ne se fait qu'avec peine, lentement, et pendant plusieurs jours. On reconnaît facilement cet état en y portant le doigt. Dans ce cas, on peut guérir de la stérilité. Le mal se dissipe certaines fois de lui-même. J'ai parlé au long de ce vice dans le Traité des maladies des femmes (1).

Seconde cause, et à quoi elle se connaît. — Quand la matrice est glissante, ce qui est souvent un vice naturel, ou qui provient d'ulcères de la matrice, soit qu'ils l'abreuvent d'humeurs, soit qu'ils y aient laissé de grandes cicatrices, il ne se fait point de conception. L'utérus reçoit bien la semence, mais il ne la retient pas : il la laisse bientôt échapper. Ce vice se connaît au tact, et en demandant à la femme si elle n'a pas eu d'ulcère à la matrice. Dans cet état, les règles coulent communément comme dans la parfaite santé. La stérilité, provenant de cette cause, est cependant souvent incurable (2).

Troisième cause. — La stérilité est encore occasionnée par un ulcère qui sera formé dans le corps de la matrice, à la suite de quelqu'une des maladies dont j'ai parlé. Si l'ulcère n'est bientôt guéri, il devient sordide; il s'invétère, ainsi que les ulcères des oreilles : il en découle des matières sanieuses, fétides. Durant tout le temps qu'il subsiste, la femme ne saurait devenir grosse. Les règles coulent néanmoins quelquefois, comme si elle n'avait point de mal. Or, cet état se connaît, et par le tact et par les questions qu'on fait à la femme, d'après ce que je viens de dire. On peut la rendre féconde par le secours de l'art, mais il y a peu d'espérance (3).

Quatrième cause. — Quand il reste dans la matrice quelque partie des règles, qui y cause de l'ardeur, à la suite de quoi l'orifice se refroidit et rentre un peu en dedans, la conception n'a pas lieu. Il y a un obstacle intérieur qui empêche la semence d'arriver là où il faudrait. En y remédiant dans le commencement, on rétablit la

(1) Etenim si prorsus aversum aut conuivens fiierit, menses nullo modo, vel non nisi violenter, et cum morbo prodeunt, si coactus fuerit utérus, a sanguine pro more converti. Ac etiamsi mulier repurgata fuerit, interdum et uterorum os a pudendo avenitur. Quod si paulum decliuet, aut derepente conuiveat, menses rjuidem prodeunt, sed cum vi, et paulatim per multos dies. Quse omnio ita se habere contrectanti mulieri manifesta sunt, et si quid ex his contigerit, cura adhibita, mulier fecunda redditur, idque etiam quandoque spoute. Qute singula cur contingant, in morbis mulieribus dictum est.

(2) Si uteri lubrici fueriiit(id autem quibusdam natura contingiti, et si innata ulcéra magnas cicatrices intus reliquerint, mulier utero non concipit. Genituram enim uteri quidem excipiunt, nisi alla qusedam causa subsit, non tamen coucipiunt, sed semen foras elabi sinunt. Hoc autem contrectanti manitestum est, et ei, quse rogatur, num aliquando in uteris ei ulcéra innata fuerint. Menses vero hoc in morbo non aliter quidem, ac sanis, prodeunt, sed ut plurimum ejusmodi mulier incurabilis exsistit.'eaque causa est, cur utero non concipiat.

(3) Si ulcus exaliqua harum commemoratarum affectioniun in uteris obortum fuerit, neque brevi sanescat, sed sordidum exstiterit, longo enim tempore ulcus permanet, velut quod in aure exsistit, et prave olet mulier, eique interdum ex pudendis sanies graveolens effluit, neque, quamdiu ulcus detinuerit, utero concipit, quod uteri genituram non retinent. H:iic menses non secusac sanis prodeunt. Ex contactu autem, et interrogatione, maxime de prsediclis constat. Cui'a tamen adhibita, etsi parva spes est, fecunda tamen evadit.

Page 1