‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 107 sur 130 · MALADES · texte numérisé non relu

MALADES

Voici comment Hippocrate répond à cette question :

Le médecin était at(ssi pharmacien . — Conseil sur cette pliarmacie. — Ayez à l'avance les différents topiques émoUients pour l'usage en chaque circonstance et les breuvages incisifs, préparés suivant la formule, selon les genres. Ayez aussi en provision les substances purgatives, prises dans les localités leg meilleures, préparées suivant le mode qui convient, disposées selon les genres et les grosseurs et traités pour être conservées, pour les substances fraîches préparées au moment même, et le reste à l'avenant. (Trad. de Littré.)

Il devait en être pour les médecins au temps d'Hippocrate, comme aujourd'hui pour les médecins de campagne, c'est-à-dire que faute de pharmacies dans un rayon plus ou moins étendu, ils étaient obligés de fournir eux-mêmes ce qu'il fallait pour le traitement de leurs malades. C'était une charge plutôt qu'un bénéfice, car quand ils n'étaient pas payés, ils perdaient non-seulement leur temps, mais leurs débours.

La loi, aujourd'hui, veut que là oii il y a un pharmacien le médecin ne puisse délivrer des médicaments ; et en cela la loi a cherché surtout à garantir le médecin contre tout soupçon et malveillance. Mais il y a un point que la loi a perdu de vue : la vie des malades. Il peut se faire en effet que celle-ci dépende de la promptitude des moyens ; par conséquent, où un quart d'heure de perdu peut être une cause de mort. On compi'end qu'il s'agit de médicaments énergiques et non de ce qu'on pourrait

nommer des remèdes de cuisine. Et à cet égard nous ferons remarquer qu'il serait utile que dans chaque ménage il y eût des espèces émollientes, sudoriâques, purgatives, pour préparer, au besoin, une potion diététique. Quant aux médicaments proprement dits, le médecin devrait avoir constamment sur lui une pharmacie de poche, tout comme il a sa trousse d'instruments — afin de parer aux premières nécessités. Il s'agit comme on voit, de médicaments connus, préparés par un pharmacien diplômé, par conséquent des préparations magistrales et non des spécialités .

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