PEUT SEULE RÉALISER LES VUES D'HIRPOCRATE EN MÉDECINE
Le mémoire que nous venons de commenter prouve — ainsi que nous en avons fait la remarque en commençant — que les lois posées par le père de la médecine sont encore à l'état de desideratum, que la dosimétrie seule peut réaliser.
L'auteur n'a eu garde de parler de notre méthode quoiqu'elle date d'avant 1870, et que son mémoire est de 1880. Peut-être que le dédiant à l'Académie de médecine, il a eu peur de parler de corde dans la maison d'un pendu.
Mais là n'est pas la question : elle est dans l'unification de la médecine. Tant que celle-ci sera abandonnée aux lluctuations des systèmes, elle sera comme ces méduses que la mer apporte sur ses vagues et qui viennent s'échouer sans vie sur le sable tic la grève.
Après deux mille ans de vaines discussions, la médecine en est encore à son point de départ, c'est-à-dire qu'elle cherche sa voie. Alors que les sciences naturelles ont dégagé la plu|)art do leurs problèmes de l'inconnu, elle s'est embourbée de plus en plus dans le marais malsain de l'anatomie pathologique; elle a née ou laissé naître des lésions qui n'existaient pas avant; clic a fait ce (.\ur le
docteur A. Latour a nommé — à juste titre — une « inutile histoire naturelle ». Au lieu d'être une science bienfaisante, elle a été un art malfaisant, oubliant le précepte du père de la médecine : « Primo non nocere. »
Mais ce précepte lui-même a été nuisible en créant Texpectation en médecine, c'est-à-dire le nihilisme né des excès de la polypharmacie.
De thérapeutique, il n'en était pas question, car on ne saurait donner ce nom à la diététique qui fait la base du traitement des médecins expectants.
L'homœopathie (quoique partie d'un principe erroné) fut comme un éclair dans ce chaos, mais aussi comme le commencement d'un déluge universel. Les substances les plus énergiques disparurent dans cet infinitisme qui ne connut plus de bornes, au point de faire douter de la matière elle-même. Il n'y a plus que la foi, — non la foi qui sauve, mais celle qui se trompe ellemême.
Maintenant que veut la dosimétrie?
Elle veut rentrer dans la voie indiquée par le père de la médecine : « Qiio tendit natiira en ducenda. » C'est-à-dire la conduire, au lieu de se laisser conduire par elle — comme l'aveugle par son chien. Elle veut que les maladies soient arrêtées dès leur début, au lieu de les abandonner à leur marche désordonnée — si improprement appelée naturelle.
Elle veut que le remède soit proportionné au mal ainsi qu'aux forces du malade, qu'il s'agit de ne pas laisser s'épuiser dans une lutte inégale-
Voilà pourquoi elle emploie toujours les Itijperstliénisants et jamais les hyposthémsants.
Les saignées, les évacuants, sont pour dledes moyens auxiliaires et non des moyens principaux.
Son cheval de bataille, c'est la strychnine, parce que de tous les agents excito-moteurs, c'est le plus puissant, le seul qui ne manque jamais ses effets.
Elle n'admet point la spécificité des maladies, pour la raison que
leur cause première est inconnue; mais leur malignité, c'est-à-dire la dépression plus ou moins grande de la vilalité.
Son étiologie, sa symplomatologie, sa thérapeutique, sont fondées sur le dynamisme vital, non pour le diminuer, mais pour l'augmenter.
Elle ne se targue point d'une vaine science, c'est-à-dire de ce que seront les maladies confirmées; mais elle cherche à les prévenir.
Elle va droit aux symptômes , c'est-à-dire aux souffrances du malade, et cherclie à le soulager, la seule manière pour le médecin d'avoir sa confiance.
Est-ce à dire que pour elle la science n'existe point?
Nullement, puisqu'elle s'appuie sur l'anatomie et la physiologie, afin de reconnaître les points de départ des symptômes, ainsi que leur nature.
Dans le doute, elle se sert des médicaments eux-mêmes comme pierre de touche; mais jamais elle n'agit en aveugle.
C'est cependant un reproche que lui font, ses adversaires : les allopalhes et les homœopalhes.
Ils lui reprochent de n'avoir point de loi , comme si les lois des conlraires et des semblables n'étaient de pures imaginations.
Comment, en effet, assurer le contraire ou le semblable d'une chose qu'on ignore?
La maladie existe-t-elle comme entilé ou simplement comme un état symptomatique? Dans la première supposition, qu'aura gagné le malade à voir son mal substitué à un autre?
Au reste, les disciples de Ilahnemann le comprennent, puisqu'ils donnent leurs médicaments purement pour la forme.
Ce dont ils se défendent surtout, c'est d'instituer un trailemeiit purement symptomatique. En 1846,1e Congrès central homœopathique, réuni en Allemagne, chargea les docteurs Wolf et Rummel de formuler une profession de foi dont nous extrayons les passages suivants : « On a pu conclure de certaines phrases de VOrganon, que Ilahnemann avait un diagnostic el un traitement purement symptomaliques. Quoi (pi'il en soit, nous protestons
contre cette assertion qui serait le tombeau de la science et ouvrirait la voie à un empirisme grossier C'est à tort qu'on accuse
les Iiomœopathes de confondre le symptôme avec la maladie, de prendre l'une pour l'autre. Une telle manière de voir aurait de graves inconvénients.
» L'ensemble des symptômes est l'image extérieure reflétée de la maladie.
» Cette image extérieure n'est pas la maladie ; elle ne la fait pas même connaître complètement Nous protestons contre l'assertion généralement produite : que les œuvres de Hahnemann sont encore l'exacte et complète expression de la doctrine homœopatliique. Quelle que soit notre vénération pour le fondateur de notre Ecole et nos sentiments de reconnaissance pour les nombreuses vérités et les principes positifs que nous lui devons, son autorité ne saurait pas davantage nous arrêter dans la voie du progrès et d'une sage critique, que les doutes théoriques et les méchants pamphlets de nos adversaires. »
Dès 1850, le docteur Tissier écrivait : « La doctrine de Samuel Hahnemann peut se diviser en deux parties : la pathologie et la thérapeutique. Terme pour terme, l'une comprend ses erreurs, l'autre ses vérités; de telle sorte que dire « patfwlogie ou erreurs de Habnemann, c'est dire la même chose. Il y a, par conséquent, dans cet ensemble qu'on appelle homœopathic , l'hémisphère des erreurs et l'hémisphère des vérités. » Les vérités thérapeutiques dues à Hahnemann, sont la matière médicale pure, la loi de similitude et des doses infinitésimales. »
Quant à la matière médicale pure, on ne saurait nier les services rendus par le grand prêtre des doses infinitésimales à la pharmacodynamie, et s'il ne s'était jeté dans des abstractions, c'eût été lui qui aurait accompli la grande réforme de la thérapeutique, et nous n'eussions eu qu'à arborer franchement son drapeau. Mais nous ne l'avons pas fait, parce que nous ne voulions pas le suivre' dans Vhémisphère d'erreurs, et que quant à Yhémisphère de vérités, il ne nous offrait rien de tangible, rien sur quoi nous appuyer.
Si nous faisons ici ces remarques, c'est parce qu'on a voulu
voir dans la dosimétrie une contrefaçon de l'homoeopathie ou plutôt un Hahnemannisme déguisé.
C'est parce que la dosimétrie ne s'appuie sur aucun principe à piioii et qu'elle est entièrement expérimentale qu'elle a été acceptée par tous les praticiens désireux de sortir de la vieille ornière. La médecine, dès lors, est rentrée dans sa voie naturelle, celle indiquée par le père de la médecine, c'est-à-dire le dynamisme physiologique.
Ni l'allopathie, ni l'homœopalhie ne pouvaient plus convenir à notre siècle positif : l'une était le « pavé de l'ours », l'autre, le « mythe » de la fable.
Il fallait une médecine précise, un « art », et non une science d'augures, ainsi que le dit Hippocrate, dans son livre des Préiliclions : « On parle de beaucoup et de fréquentes prédictions des médecins, qui sont belles et véritablement surprenantes. Je n'en ai jamais fait de pareilles, ni n'en ai vu faire.
En effet, n'est-ce pas une « prédiction surprenante » que ces effets des médicaments soi-disanl homœopathiques, que personne n'a vus et qu'on admet cependant comme réels? Et n'était-ce pas traiter par trop cavalièrement son public que lui dire : « Prenez ! Ceci est un médicament », quand, en réalité, il n'y a rien « dedans »?
Parce que nous nous sommes servi de la forme granulaire pour nos médicaments dosimétriques, on a prétendu que c'était de l'homœopathie ; mais cette forme est bien antérieure à Hahnemann. Nous avons donc pris notre bien où nous l'avons trouvé.
Au lieu de se livrer à ces insinuations, il eût été plus simple de s'assurer par soi-même du contenu de nos granules, ce qui était facile, puisque chacun de nos médicaments a ses caractères propres, tant objectifs que subjectifs.
Quant au reproche de mercantilisme qui nous a été également fait par nos adversaires, nous le méprisons, non pour la chose en elle-même, mais pour la méchante interprétation qu'on en a donnée (1).
(1) Il ne faut pas, comme on dit, » pai-ler de corde dans la maison d'un pendu ••; de même les
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Eli créaiil, à Paris, un établissement pour la préparation de nos médicaments dosimétriques, nous avons voulu garantir notre méthode contre les fraudes qui existent en pharmacie, tout comme dans les autres branches de commerce (ceci soit dit sans accuser nos confrères les pharmaciens, car ils ont subi, tous les premiers, le tort de ces sophistications, en voyant diminuer la confiance du public dans leurs préparations).
Que serait-il arrivé si les effets des remèdes dosimétriques ne s'étaient pas réalisés? C'est que personne n'y aurait eu confiance et que nous-mème nous eussions passé pour un insigne charlatan. Il nous fallait donc pouvoir garantir nos médicaments ; et nous ne le pouvions qu'en nous en réservant la surveillance. Nous avons donc dû faire choix d'un pharmacien à nous, afin de pouvoir, en tout temps, contrôler ses préparations. Nous avons également voulu nous assurer que ses produits chimiques fussent purs et d'une provenance sûre.
Était-ce une précaution superflue? La réponse à cette question se trouve dans le beau livre de MM. Chevalier de Baudrimont [Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires et médicamenteuses, etc.).
Il ne sera pas hors de propos de rappeler ici quelques-unes de ces falsifications portant sur les médicaments les plus importants : les alcaloïdes.
Morphine. — Elle est rarement pure, puisqu'elle contient du phosphate de chaux. — On a livré au commerce de la morphine renfermant jusqu'à 30 p. c. de ce sel.
Sulfate de quinine. — On le falsifie avec une foule de substances : acide borique, carbonate de chaux et de magnésie, phosphate, sulfate de soude et de magnésie, azotate de potasse, sulfate de chaux, salicine, phloridzine, acide salicylique, salicylate de soude ou de potasse, etc., etc.
pharmaciens ne doivent pas parler de désintéressement, eux qui se font payer cent pour cent au-dessus de sa valeur la plus méchante drogue ; à preuve le proverbe -. - Compte d'apothicaire ". Les médecins aussi ne font pas leurs visites pro Beo. Quant à nous, nous croyons que notre mercantilisme, si mercantilisme il y a, est utile aux médecins et aux malades, puisqu'il leur fournit des médiciiments consciencieusement fabriqués.
Aconiline. — Elle diffère d'après les diverses espèces d'aconit dont elle est tirée, principalement de l'aconitine lycoctomim ou aconit tue-loup; du Delphinum elatum. De là, les diverses espèces d'aconitine du commerce, sur l'action desquelles on ne peut compter.
Vératrine. — Elle n'est pas toujours suffisamment purifiée et renferme divers principes minéraux.
Digitaline. — On vend comme telle une digitaline sans digitale (Homolle et Quevenne) ou celle qui en contient renferme également du tannin qui en neutralise les effets.
Hyosciaminc . — Rien de plus inconstant dans ses effets que le produit vendu sous ce nom, ce qui explique son bon marché, c'est-à-dire tout ce qu'il y a de plus cher, puisqu'il y va de la santé et quelquefois de la vie.
Stnjciminc. — On y mêle du sulfate de chaux, de la magnésie, de l'amidon, des sels d'une valeur très-minime. Comment dès lors compter sur ce médicament énergique que nous avons dit devoir être le cheval de bataille du médecin ?
CÂcutine. — La ciguë (grande ciguë ou ciguë maculée) a été trouvée mélangée avec la ciguë vireuse ou cicutaire aquatique {Ciaita viros(i), la petite ciguë {.Etlmsa cynapium), le cerfeuil {Scandix ccrcfulium), le persil (Apium pelroseliniim), le cerfeuil sauvage {CJiœropkyllnm sylvestre), le cerfeuil bulbeux [Cliœropliyllum hulhosiim), le cerfeuil musqué [Scandix o(/orflto), la phellandrie aquatique [Pliellandrium aqnaticum), etc. ; comment alors compter- sur la cicutine amorplic, qui n'est le plus souvent qu'un composé indigeste?
D'autres alcaloïdes n'existaient point dans le commerce, entre autres, la quassine, ainsi que feu le docteur Gubler nous l'a déclaré ànous-même. D'ailleurs le bois et l'écorce du Qiiassia amara sont quelquefois remplacés par le bois et l'écorce du Rliiis metopium. La ràpure de quassia que l'on trouve dans le commerce est trèsrarement pure; ce n'est, le plus souvent, qu'un mélange de divers bois, n'ayant aucune de ses propriétés et qualités. Comment s'y fier?
Caféine. — Ce médicament, si [)i('(icux, n'cxislc, le plus sou-
vent, dans le commerce que de nom; et d'ailleurs on sait quels mélanges et quelles fraudes on fait subir à la précieuse fève d'Arabie.
Si des alcaloïdes nous passons à d'autres agents pharmaceutiques, que de sophistications nous y constatons!
Le kermès est additionné de peroxyde de fer, ou falsifié avec des terres argileuses, telles que l'ocre, la sanguine, la terre sigillée, le bol d'Arménie; avec de la brique pilée, le soufre doré d'antimoine, le verre pilé (!), le crocus d'antimoine, la litharge (un violent poison!); enfin, avec des poudres végétales, telles que le santal rouge, le campéche, le bois d'Inde.
Le calumel est falsifié avec des carbonates de plomb et de chaux, du phosphate et sulfate de chaux, avec de la silice, etc.
Le sublimé corrosif ou le bi-Morure de mercure est falsifié avec l'arsenic blanc, le sulfate de baryte, le sulfate de potasse, le sulfate de baryte, etc.
Le bismuth du commerce (décoré du nom de magisterium) contient de l'arsenic, du soufre, du cuivre, du plomb, de l'antimoine : faut-il s'étonner qu'il donne lieu à tant d'empoisonnements ?
\]iode — ce roi des métalloïdes — est mélangé de poudre de charbon, de sable, d'ardoise pilée, de peroxyde de manganèse, de sulfure de plomb, de plombagine ou graphite, de battitures de fer, de chlorures de calcium et de magnésium, de bitartrate de potasse : faut-il s'étonner de l'inconstance et de la nocuité de ce médicament?
Les iodures de mercure sont falsifiés avec du sulfate de baryte, avec le cinabre, le minium, etc.
Nous ne pousserons pas cette énumération plus loin : ce serait à effrayer de la pharmacie. Non que nous voulions impliquer les pharmaciens dans ces fraudes ; mais elles out lieu à leur insu.
Nous sommes loin du temps où la pharmacie était une science; malheureusement, elle est devenue un métier. Et cependant, certains pharmaciens se posent en arbitres des médecins! Ayant
l'oreille du public, ils y insinuent tout ce qui peut servir leur intérêt ou leurs rancunes. Pour eux, les médecins dignes de ce nom, ce sont ceux qui prescrivent le plus (et le plus mal, car quoi qu'on dise qu'erreur ne fait pas compte, c'est toujours bon compte pour eux, puisque une mauvaise drogue doit être remplacée par une autre; ce qui fait leur profit).
Nous n'aurions pas fait ces remarques, si les pharmaciens qui se sont opposés h la dosimétrie ne nous y avaient forcé.
Un autre motif qui nous a obligé à avoir un préparateur particulier, c'est le Codex officiel. On sait que ce dernier fait loi; or, que ses prescriptions soient bonnes ou mauvaises, il faut les suivre. C'est ainsi que le docte Aréopage qui a présidé à ses décisions, n'admet que les pilules et les granules faits au pilulier, c'est-à-dire avec un adjuvant : le plus souvent un extrait inerte, ce qui les rend insolubles.
Avec des pilules banales, il y a peu d'inconvénients, puisque, la plupart du temps, elles sortent du corps comme elles y sont entrées, mais quand il s'agit d'agents actifs, il peut y avoir accumulation, c'est-à-dire empoisonnement. Cela arrivait souvent avec les extraits alcooliques, surtout de digitale, d'aconit, de jusquiame — nous pourrions citer de nombreux exemples. De sorte que traiter les alcaloïdes tirés de ces plantes de poisons, c'est, comme on dit vulgairement, se mettre le doigt dans l'œil.
Depuis plus de dix ans que les médicaments dosimétriques sont en usage, nous défions nos adversaires de citer un seul accident sérieux : au contraire, la plupart ont prétendu qu'il n'y avait rien, parce que leur action est purement physiologique, tandis qu'avec les médicaments composés il y a constamment perturbation de l'économie, ainsi que l'indique le nom même d' « allopathie ».
D'autres ont soutenu que nos médicaments sont d'aflVeux poisons, et ils ont été jusqu'à appeler sur les médecins qui en font usage, la rigueur des lois. Nous citerons le fait suivant qui édifiera nos lecteurs à ce sujet :
Un enfant était inexlremis et par conséquent n'avait pu prendie qu'un ou deux granules de strychnine qu'un médecin dosimèlre
avait prescrit, les autres étant restés dans le tube. Un médecin que le hasard avait amené par là et que la mère de l'enfant moribond avait prié d'entrer, ayant lu sur le tube le nom du médicament, eut l'imprudence de laisser sortir de sa bouche le mot « poison »; il n'en fallut pas davantage pour que l'imputation d'empoisonnement se répandît dans tout le village, au point que la justice crut devoir intervenir.
Devant un pareil système d'insinuations la pratique de la médecine devient impossible, et il faut renoncer à tout progrès, car qui voudrait en prendre la responsabilité?
Heureusement que le tribunal a eu plus de bon sens que le médecin... inconscient (car nous le supposons de bonne foi) et qu'il a renvoyé de la plainte le médecin qui n'avait fait que son devoir.
Et maintenant que nous nous sommes expliqué franchement, nous demanderons à tout médecin honnête, si notre conduite dans la grande réforme de la thérapeutique, est digne de blâme ou d'éloge. En tout cas, nous ne méritons
« Ni cet excès d'honneur, ni cette indignité. i>
Nous n'avons fait que ce que tout autre eût pu faire en notre place ; seulement , nous nous sommes trouvé dans des conditions plus favorables, étant indépendant de la clientèle, c'est-à-dire qu'on ne pouvait nous prendre par la misère, comme c'est l'histoire de la plupart des innovateurs.
Ah! si, comme Papin et Bernard de Palissy, nous avions été obligé, dans notre entreprise, de manger jusqu'à notre dernier sou, de vouer notre femme et nos enfants à la faim, peut-être que ces mêmes adversaires qui aujourd'hui nous jettent la pierre, se seraient cotisés pour... nous plaindre. Mais, grâce au Ciel! nous avons pu leur épargner ces larmes de crocodile, et nous en sommes heureux. Nous avons pour eux que de la pitié, car leur dépit doit être grand de voir qu'ils ont usé leurs dents sur la lime de la calomnie. Ils n'ont, dorénavant, qu'à ôter de leur enseigne, le « Serpent », réservant seulement la queue : In cauda venenum.
Mais c'est assez nous occuper de ces Zoïlcs; nous n'avons nullement la prétention de les faire aller en croupe à l'immortalité. Que le triomphe de la dosimétrie soit leur punition et, après, « que la terre leur soit légère ! »