‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 16 sur 130 · CINQUIEME FAIT · texte numérisé non relu

CINQUIEME FAIT

Jiigidaiion de la fièvre typhoïde.

Une jeune fille de II ans était, depuis huit jours, atteinte de fièvre typhoïde : stupeur de la face, délire, parole diffuse et lente, ventre douloureux, météorisé, langue rouge et sèche; pouls à 130, s'etfaçant à la moindre pression; tempéi'ature 40°5 c.

Traitement .- Lavage intestinal avec deux cuillerées à bouche de Sedlitz Chanteaud, dans un verre d'eau fraîche, en deux fois, dans l'espace d'une heure; 8 granules aconitine et 16 granules hydro-ferro-cyanate de quinine à prendre tous les quarts d'heure : 1 aconitine, 2 hydro-ferro-cyanate de quinine.

Le lendemain de ma visite, on me fit dire que la malade était si bien

qu'une deuxième visite était inutile. Elle demandait à se lever et à prendre de la nourriture.

Le fait me parut extraordinaire, mais j'ai su depuis que les choses s'étaient passées ainsi.

D"" Taulier, à Châteauneuf-de-Mazème (Drôme).

Réflexions. — C'est la jugulation de fièvre typhoïde la plus rapide que nous puissions citer. On pourra dire qu'il n'y a pas eu de fièvre confirmée, mais seulement un dérangement ataxique du tube intestinal. Mais le faciès stupide, le délire, la parole diffuse et lente, le ventre douloui'eux et météorisé, la langue rouge et sèche, le pouls à 130, la chaleur à 40° c. ne sont-ce pas là autant de symptômes typhoïdes? et si on les avait laissés marcher, la fièvre ne se serait-elle pas accentuée au point de produire des lésions organiques du ventre, de la poitrine, de la tête?

Il est évident que c'est là ce qui a lieu ordinairement faute d'une médication appropriée.

Le docteur Taulier a commencé par un lavage de tout le canal intestinal au moyen du Sedlitz Chanteaud, et il a entraîné ainsi toutes matières ferments : bactéries, vibrions, etc. — Il a combattu ensuite la fièvre avec l'aconitine et l'hydro-ferro-cyanate de quinine. Quoi de plus rationnel? Les crises ou septénaires ne sont donc que des efforts impuissants de la nature. Il faut l'y aider par les moyens qu'elle-même nous donne, c'est-àdire les alcaloïdes. Il n'est pas plus étonnant de voir une fièvre typhoïde jugulée du coup, qu'une fièvre intermittente être coupée par une dose de sulfate de quinine. On dira qu'il faut ici une dose beaucoup plus forte : mais la dose n'y fait rien pourvu que la fièvre soit coupée.

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