SEPTIÈME FAIT
Jugidation de la fièvre inflammatoire secondaire dans un cas de
phlébite septique.
Le 5 août 1876, entra dans notre service à l'hôpital civil de Gand, le nommé Coryn, âgé de 27 ans, homme fort et robuste. La main gauche avait été prise entre deux cylindres mus par la vapeur, qui lui avaient fait une large plaie par écrasement. Le doigt médius et l'index étaient enlevés ; les métacarpiens correspondants comminutivement brisés. Les autres doigts avaient subi des avaries plus ou moins notables, tant dans leurs parties molles que dans leurs parties dures.
La chirurgie conservatrice fut ici mise largement à contribution. Grâce au pansement de Lister, on put éviter l'amputation de la main.
Les trois premiers jours, la réaction fut modérée, mais le quatrième
survint une fièvre traumatique très-intense due à la phlébite, qui gagna bientôt tout le membre.
Grâce aux alcaloïdes défervescents : strychnine, aconitine, vératrine, puis arséniate de quinine, cette fièvre put être combattue, et le sixième jour tout danger avait disparu. Le blessé conserva l'usage partiel de sa main, circonstance importante pour l'ouvrier.
On voit par là que la dosimétrie parvient à se rendre maître de la fièvre dans les lésions externes ; elle n'est donc pas fatalement due à ces dernières. Ce serait une mauvaise excuse que de le prétendre.