‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 19 sur 130 · HUITIÈME FAIT · texte numérisé non relu

HUITIÈME FAIT

Jugulation de la fièvre pleiiro-pneumonique traumatique.

Le sujet qui fait l'objet de cette observation fut amené dans notre service pour une contusion du thorax. Il y avait stupeur générale : peau froide, pouls à peine perceptible, respiration petite, saccadée, avec oppression et douleurs intercostales.

La première indication fut de relever les forces : nous commençâmes donc par administrer l'acide phosphorique et le sulfate de strychnine, tous les quarts d'heure 1 granule de chaque, avec un peu de vin chaud.

Quand la chaleur fut en partie revenue, nous pûmes nous livrer à l'examen de la poitrine. Nous ne constatâmes aucune fracture, le murmure respiratoire était à peine perceptible, mais nul indice d'engouement pulmonaire, ni de lésion pi'ofonde des poumons. Il n'y a ni crachement de sang, ni sputation. L'appareil ouaté fut appliqué sur le thorax et on put ainsi mettre le blessé sur son séant, afin de favoriser la respiration abdominale.

Les granules d'acide phosphorique et de sulfate de strychnine furent continués, et on y joignit l'aconitine et la digitaline, afin de modérer la chaleur et le pouls.

La liberté des garde-robes fut entretenue par le Sedlitz Chanteaud.

La douleur intercostale persistant, nous fîmes donner la cicutine conjointement avec les alcaloïdes précédents.

La réaction fut ainsi maintenue entre 38 et 39° c.

Enfin, le huitième jour de l'accident, comme il y avait redoublement de la fièvre le soir, nous fîmes administrer l'hydro-ferro-cyanate de quinine, à raison de 12 granules dans la journée : 2 granules toutes les demi-heures.

Grâce à cette médication variée, les désordres du côté de la poitrine furent évités et le malade entra promptement en convalescence. L'ali-

mentation n'a pas dû être suspendue ; le malade prit des potages gras et du laitage. Pour boisson, de la bière, qui est la boisson du peuple. Réflexions. — On dira qu'il n'y a pas eu pleuropneumonie confirmée, et que, par conséquent, nous ne pouvons avoir la prétention de juguler ce qui n'existe pas encore. Nous répondrons que quand cela existe, il est souvent trop tard. C'est donc une fin de non-recevoir que nos adversaires nous opposent. Les lésions anatomo-pathologiques en devenant de plus en plus rares, répondront à ce mode facile d'argumentation.

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