‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 3 sur 130 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

C'est donc à tort que les célébrités médicales du xvi° et du xvii° siècle se sont prévalu du litre de « serviteui's » ou « ministres de la Nature », à moins de dire : « ministres inconscients ».

Quand l'illustre Boerhaave a dit : Honos Mcdicl servitus naturœ; omnis Medici scientia — omnis inquom — doctrina innititur soli nattirœ; quand, après lui, Baglivi a répété : Medicus naturœ minister et interpres, qiiidquid meditelur cl facial, si naliirœ non obtempérai, naturce non imperal; cela ne veut pas dire que le médecin doit se laisser conduire par la Nature, comme l'aveugle par son chien; la Nature, c'est-à-dire le corps malade, exprime ses besoins et ses souffrances par des symptômes, comme l'enfant nouveau-né par des cris ; il faut donc lui venir immédiatement en aide (au malade), au lieu de le laisser s'épuiser dans une lutte inégale — comme le font nos médecins « expectants ».

Pauvre humanité ! qui a eu à souffrir, non-seulement des hommes de guerre qui la mettent en coupe réglée, mais des médecins qui s'en étaient faits les rebouteurs !

De quel côté a été la plus grande somme d'hécatombes? Nous n'oserions même le rechercher.

L'impuissance d'Hippocrate n'est pas dans ce qu'il n'a pas fait, mais dans ce qu'il n'a pu faire. Il a laissé mourir ses malades ne voulant pas leur nuire : primo non nocere; c'est ce qui résulte clairement des « Histoires de maladies » qu'il nous a laissées, et dont nous avons reproduit quelques-unes, en mettant en regai'd des « Histoires de maladies » empruntées à la Dosimétrie, où la jugulation des maladies à leur début, ne saurait faire doute.

Qu'Hippocrate eût eu à sa disposition les alcaloïdes défervescents, il est certain qu'il les eut employés avec reconnaissance, car il avait un sentiment profondément religieux et il eut cru, ne le faisant pas, manquer à Celui qui, à côté du mal, a placé le remède.

Page 1