‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 34 sur 130 · VINGT-QUATRIEME FAIT · texte numérisé non relu

VINGT-QUATRIEME FAIT

Jugulatioli de la coqueluche yar le sulfure de calcium et ï hyosciamine .

Le 2 septembre dernier (1875), on m'amène un enfant du sexe masculin, âgé de 3 ans et demi, habitant Fontenelle, village à six lieues de chez moi et où règne depuis quelque temps une épidémie de coqueluche. La mère me dit que l'enfant a la maladie depuis trois mois et demi et qu'il a beaucoup maigri. 11 a vingt ou vingt-deux quintes par jour, avec une fièvre qui ne le quitte guère, fièvre qui redouble vers le soir et le tient toute la nuit. Le pouls, au moment où l'enfant me fut présenté, était à 90. L'auscultation de la poitrine révèle des râles bronchiques à droite et à gauche ; rien aux

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sommets des poumons. L'oiifant est pâle, mais sa ligure se colore pendant une quinte, qui prend en ma présence.

On a employé, à (juatre reprises, les vomitifs (sirop d'ipéca et tartre stibié), divers sirops calmants, des loochs. Pendant plus de quinze jours, l'enfant a eu des vomissements trois ou quatre fois par jour. Maintenant il ne vomit plus.

Je prescrivis 4 granules de sulfure de calcium, au centigramme, et 4 granules d'hyosciamine, au demi-milligramme, à prendre 1 de chaque dans une cuillerée d'eau, pendant la journée.

Au bout de quatre jours, on fera prendre 6 granules de chaque. Le 10 septembre, on me ramène l'enfant qui n'a plus eu que deux ou trois quintes par vingt-quatre heures. J'ordonne de diminuer la dose et de ne plus donner que 5 granules de chaque, par jour ; puis diminuer d'un granule au bout de ce temps, si la maladie continue à s'améliorer.

Le 20 septembre, je revois l'enfant; il a bon appétit, dort bien, et n'a plus eu de quintes depuis le 16. A partir de ce jour, conformément à mes instructions, on ne donne plus que 4 granules de chaque, qu'on continue pendant une semaine de peur de récidive. Au bout de ce temps, l'enfant ne pi^end plus que 3 granules de chaque.

Le 27 septembre, la guérison persiste pleine et entière; l'enfant a repris sa bonne mine et sa bonne humeur.

Cette observation est peut-être la cinquantième ou la soixantième de guérison de coqueluche, que j'obtiens depuis deux ans par l'association du sulfure de calcium et de l'hyosciamine, dans une épidémie de coqueluche qui a régné simultanément avec la diphthérie. Je n'étais presque jamais consulté que pendant la période convulsive de l'aifection. Dans tous ces cas, un traitement de dix à vingt deux jour a suffi.

Il va sans dire que dans la première période, ou catarrhale, toutes les fois que les petites bronches sont envahies et qu'il y a de l'oppression, je débute par un vomitif: le sirop d'ipéca et quelquefois le sulfate de cuivre; mais j'administre tout de même le sulfure de calcium et l'hyosciamine à la dose de 1 à 2 granules de chaque pour un enfant d'un âge tendre, et en élevant progressivement cette dose de 1 granule tous les quatre jours, tant que la maladie paraît s'aggraver, pour diminuer ensuite la dose lorsque la maladie commence à céder.

D"" Fontaine, à Bar-sur-Seine.

Bp/fexions. — La coqueluche est une maladie que l'allopathie a été jusqu'ici impuissante à guérir. Aussi on prétendait qu'elle devait avoir son

temps, et on abandonnait les pauvres enfants à leurs quintes interminables. Il survenait souvent des broncho-pneumonies mortelles.

L'impuissance de la médecine dans ce cas provenait de ce que la nature parasitaire de la coqueluche n'était pas connue et, partant, l'antiparasitaire, qui est ici le sulfure de calcium. L'hyosciamine combat le spasme des voies aérieQnes.

S'il survient de la fièvre, il faut donner les alcaloïdes défervescents : aconitine, vératrine, hydro-ferro-cyanate de quinine.

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