‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 36 sur 130 · VINGT-SIXIEME FAIT · texte numérisé non relu

VINGT-SIXIEME FAIT

Jugulation de la toîitx aboymite.

Une jeune personne, de 15 ans et demi, n'étant pas encore réglée, les menstrues n'apparaissant quelquefois que tous les deux mois, est prise, dans l'intervalle, d'une toux aboyante. Ce fut pour un de ces accès que nous fûmes consulté.

La toux, comme son nom l'indique, était bruyante, faisant brusquement irruption, sans effort et donnant parfaitement l'idée d'un aboiement de boule-dogue. Nulle irritation des voies aériennes; le larynx n'était pas douloureux à la pression, et pendant la toux, on voyait se former des poches aériennes, comme chez les batraciens. Il y avait plutôt dilatation de la glotte que resserrement.

Partant de cette circonstance, nous prescrivîmes l'arséniate de strychnine, avec l'arséniate de soude et l'ergotine, afin d'agir à la fois sur l'utérus et le larynx, car on connaît les liens synergiques qui existen* entre ces deux organes. Afin de combattre la périodicité, nous eûmes recours à l'hydro-ferro-cyanate de quinine. Sous l'influence de cette médication, la toux aboyante disparut au bout de quelques jours.

Depuis ce cas, nous avons eu à traiter différents autres cas de toux aboyante qui ont cédé aux mêmes moyens.

Réflexions. — La toux aboyante était connue des anciens, puisque c'est elle qui a donné naissance à la fable des Lycanthropes, remplissant les forêts de leurs aboiements et répandant la terreur au loin.

C'est ou plutôt c'était une affection souvent très-rebelle : Priou a raconté l'histoire d'un malade qui aboyait avec une telle rapidité qu'on comptait jusqu'à 62,000 coups de toux dans la journée. [Gazette médicale. 1840.)

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