‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 40 sur 130 · DE LA FIEVRE ARDENTE · texte numérisé non relu

DE LA FIEVRE ARDENTE

leurs propriétés vitales. On voit par là combien les médecins organiciens ont versé dans l'erreur en cherchant toujours à affaiblir pour combattre ce qu'ils ont nommé l'irritation. Si l'irritation est une sensibilité exagérée, une souffrance, il y a d'autres moyens de la faire tomber que les débilitants : au contraire, on l'exagère par ces derniers. Il faut donc les incitants vitaux qui sont les véritables calmants, ou régulateurs des mouvements organiques. Un individu est pris de névralgie faciale : on le débilite, et la douleur et la fluxion augmentent ; on lui donne quelques granules d'hydro-ferro-cyanate de quinine et de chlorhydrate de morphine, et la douleur disparaît avec la fluxion.

Aussi Hippocrate a-t-il soigneusement étudié les mouvements fluxionnaires : JJbi stimulus ibi affluxus, c'est-à-dire que douleur et fluxion ne vont pas l'une sans l'autre.

Il en est de même de toutes les inflammations. Mais parce que le sang se porte sur un point, est-ce à dire qu'il y a excès de ce liquide?

Dans la pléthore oui. Mais les pléthoriques sont moins exposés aux inflammations qu'aux congestions ; voilà pourquoi il faut les saigner, afin de prévenir la rupture des vaisseaux. Mais ils seraient moins exposés à ces ruptures si on les tonifiait par les excito-moteurs, principalement la strychnine.

De même dans l'inflammation il faut encore recourir à cet alcaloïde et ses congénères, tels que l'aconitine, la vératrine, parce qu'il y a paralysie du système nerveux vaso-moteur. Que ce soit par distension mécanique ou par défaut de contractilité, le résultat est le même. Boerhaave était un médecin mécanicien, mais en même temps profond physiologiste. Il admettait ce qu'il a nommé des errores loci, mais nous devons encore reconnaître aujourd'hui dos congestions et des inflammations séreuses, tout comme des congestions et des inflammations sanguines.

Hippocrate ne rejette point la saignée dans la fièvre ardente ; voici comment il s'exprime à ce sujet :

On saigne, comme dans toutes les maladies aiguës, lorsque le mal est fort grand, que les malades sont dans un bon âge et que leurs forces le permettent (1).

Hippocrate subordonne donc la saignée, plus au malade qu'à la maladie, et l'idée ne lui serait pas venue d'appliquer à tous la même palette. Qu'il y ait eu, de son temps, des docteurs Sangrados, pas de doute; mais sa médecine à lui était avant tout vitale. 11 mesurait les forces plutôt que

(1) Al in morbis acutis sanp;ninom detralies, .si veliciucns fuci'it morljus, et uni «'«rolaiil :elate lloreuli l'uoi'int, et virium roijoro valuei'iiit.

la matière. S'il parle des humeurs acres, c'est qu'elles existent en effet, c'est-à-dire les produits de la dénutrition. N'admettons-nous pas également Yurémie, Yammoniémie, la cholurie? Depuis quand, empruntant leurs mots avec Grecs, repousserions-nous leurs idées?

Hippocrate semble avoir reconnu la diiFérence qu'il y a entre la fièvre typhoïde et le tj'phus, quand il dit :

Il y a une autre espèce de fièvre ardente : le ventre est lâche, la soif très-grande, la langue âpre, sèche, salée ; il y a peu d'urine ; insomnie ; les extrémités sont froides, cette espèce de fièvre ardente ne s'apaise point s'il ne vient ou une hémorrhagie du nez ou quelque autre dépôt autour du cou (1).

La diarrhée ou flux de ventre est, en elfet, ce qui distingue la fièvre typhoïde du typhus. Le docteur Baudens, qui a pu observer le typhus de Crimée, dit : « La constipation (dans le typhus) a presque toujours remplacé le flux intestinal de la fièvre typhoïde, quand la dyssenterie n'existait pas avant. Mais alors il y a une autre localisation : dans la fièvre typhoïde, les plaques deBrunner et de Peyer ; dans la dyssenterie, la muqueuse du gros intestin. C'est-à-dire l'entérite dans l'un cas, la colite dans l'autre. ■" La rareté ou la suppression des urines et le refroidissement des extrémités pourraient faire penser au choléra asiatique, mais Hippocrate était trop bon observateur pour avoir omis la cyanose et les crampes, cependant il parle des douleurs dans les cuisses, de la rétraction des testicules et de la couleur livide des parties génitales externes. On sait que dans la vallée du Bas-Danube, les fièvres algides régnent presque en pei'manence, et que c'est là, probablement, qu'il a pu observer ce qu'il nomme les fièvres asodes dont il est question dans le paragraphe suivant.

DES FIEVRES ASODES.

Les fièvres asodes sont des fièvres avec grandes anxiétés; les hypocondres sont tendus les malades ne peuvent rester eu place, les extrémités sont froides. Il faut ici beaucoup de soin et d'attention. On no donnera que de l'hydromel coupé d'eau ; point de purée jusqu'à ce qu'il y ait du calme et que les signes de coction se montrent dans les urines. La chambre doit être peu éclairée; le lit doit être mou, et l'on tâchera d'y faire tenir les malades aussi tranquilles que possible : le calme leur est d'une

(1) Febris ardentis aliud genus est, in quo alvus subit : sitis est iiiteusa, liugua aspera, sicca, salsjr, urinœ intercipiuutur, vigilise torquent, et refrigerantur extrema. Huic judieatio minime coutingit nisi sanguis ex naribus prnfliixorit. aut alisoessus circa collum. aiit cnirum dolor oboriatur.

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grande utilité. On fomentera les hypocondres avec la décoction de lin, en prenant garde de ne point les refroidir. Elle doit être plus que tiède et arrosée d'huile. On consultera les urines pour eonnaitre l'issue de la maladie : si elles sont épaisses et pâles, c'est bon signe; mauvais signe, au contraire, si elles sont claires et brunes. Quand elles changent souvent, la maladie doit ôtre longue ; il faut nécessairement alors qu'elle aille du bien au mal, ou du mal au bien, irrégulièrement. On s'attachera à étudier sa nature, pendant tout le temps qu'elle est ainsi variable, jusqu'à ce qu'elle se fixe. Le coup d'œil du médecin fait ici voir, avec le temps, dans les malades, une foule de choses ; il doit les observer attentivement pour tâcher de ne laisser échapper aucune occasion propre à éclairer ses conjectures. Il se défiera surtout des impairs : c'est dans ceux-là quela maladie prend uneautre tournure. Il observera d'abord, pour le premier jour, quand et comment a commencé la maladie : c'est la première chose à savoir. Après s'en être instruit, il s'informera de ce qui concerne la tête : si elle n'est point douloureuse, point pesante; comment elle va. Il passera ensuite à l'état des hypocondres, à celui de la poitrine : si l'hypocondre est fort sensible, s'il est fort élevé, s'il y remarque des choses extraordinaires, s'il y a de la plénitude, si la poitrine est douloureuse, s'il y a de la toux, si le malade a des tranchées, des maux de ventre : quels de ces signes se montrent, surtout ceux qui concernent les hypocondres, il sera toujours bon de lâcher le ventre avec des lavements et de faire boire de l'hydromel cuit. Il faudra, dans les convalescences, demander s'il y a des défaillances ; si la respiration est facile ; voir les selles, examiner s'il n'y aurait pas quelques matières fort noires, ou si elles sont comme celles d'une personne en santé. Durant les fièvres, si les redoublements sont en tierce. Après s'être assuré de cette circonstance, il faut encore avoir égard à bien d'autres. Le malade risque beaucoup au quatrième redoublement lorsque les sj'mptômes mentionnés ci-dessus, persistent. Voici quelques signes pronostiques qu'on ne doit pas négliger : si les déjections sont noires, elles sont suivies de mort; quand elles sont comme d'un homme en santé, qui va tous les jours, c'est signe de guérison. Lorsque, au commencement de la maladie, le ventre ne se lâche point par un suppositoire, et que la respiration est libre, si le malade en se levant de dessus le siège ou en restant dans le lit, a des défaillances, de quelque sexe qu'il soit, croyez qu'il tombera dans le délire. Ayez attention à l'état des mains : si elles sont tremblantes, attendez-vous à une hémorrhagie du nez. Examinez les narines pour voir si la respiration se fait également par chaque côté. Quand le malade respire beaucoup par le nez, il survient ordinairement des convulsions ; si elles arrivent, la mort s'ensuit. Vous pouvez la prédire. Quand la fièvre - asode » vient dans l'iùver, si la langue est rude, s'il y a des défaillances, — quoiqu'il soit dans sa nature d'avoir souvent des relâches, — on doit cependant tenir constamment le malade à une diète austère, à la boisson de l'hydromel et de l'eau. Ne vous fiez pas aux relâches, ils sont presque toujours mortels; mais quoique vous en soyez persuadé, si vous jugez à propos d'en faire la prédiction, mettez-y beaucoup de circonspection. Lorsqu'il arrive aux malades quelque symptôme alarmant le cinquième jour, soit qu'ils tombent dans un cours de ventre subit, avec des défaillances, soit qu'ils perdent la parole ou qu'il survienne des convulsions ou le hoquet, sj'mptômes qu'on voit souvent dans la fièvre » asode -, ainsi que des sueurs au front, au-dessous du nez. au cou et derrière la tête, les malades meurent dans peu de temps avec une grande oppression. — Lorsque, durant la fièvre, il vient aux jambes de petites

tumeurs qui persistent, sans subir de coction pendant la fièvre, et qu'il s'y joint un serrement de gosier qui persiste, quoiqu'il n'y ait pas d'enflure au dedans du pharynx, il arrive communément une liémorrhagie du nez : si elle est abondante, elle termine la maladie; dans le cas contraire, elle en annonce la longueur; moins il coule de sang, plus le mal est dangereux ou long. Quand le restant va bien d'ailleurs, il faut s'attendre à des douleurs aux pieds. Lorsque la douleur sera venue aux pieds, et qu'elle persistera à s'y faire sentir avec inflammation, si elle ne se dissipe, les douleurs se porteront sous peu au cou, à la clavicule, aux épaules, à la poitrine et aux articulations qui deviendront tuberculeuses. Ces symptômes dissipés, si les reins se raidissent, elles (les douleurs) passent à des tremblements; il vient des convulsions et le délire, même des phlyctênes et des rougeurs aux sourcils; les paupières se prennent l'une avec l'autre; il s'y fait des inflammations fâcheuses, les yeux s'enflent beaucoup et le délire augmente considérablement : il est encore plus fort la nuit que le jour. Tous ces symptômes arrivent plus souvent aux jours impairs qu'aux jours pairs ; en quelque temps qu'ils viennent, ils sont funestes. Si l'on purge dans les fièvres, au commencement, ce doittoujours être avant le cinquième jour; il faut pour cela qu'il y ait des borborygmes dans le ventre. Lorsque au grouillement des hypocondres, il se joint des selles bilieuses, purgez modérément avec la scammonée. Quant au reste du traitement, ne donnez, pour bien faire, que peu de tisane crémée, ou peu de purée, jusqu'à ce que le quatorzième jour soit passé. Si la fièvre persistait toujours, et que le malade perdit la parole le quatorzième jour, c'est ordinairement un signe que la maladie ne se terminera pas dans peu et qu'elle sera longue. Elle l'est toujours beaucoup lorsque ce symptôme arrive à cette époque. Quand, la fièvre persistant, la langue se trouve embarrassée le quatorzième jour, sans cependant que le malade perde la parole, et que le ventre donne des selles bilieuses, le délire vient ordinairement à la suite. On doit faire attention à tout, et juger de ce qui viendra par ce qui arrive (1).

(1) At quos febres detiuent cum anxietudine et prfecordiorum contentione, ii jacentes slare loco nesciunt, et extremis omnibus perfrigerantur, magnamque tura curam, tum custodiam requirunt. Hos sic transigere oporlet, ut nihil preeter acetum mulsum dilutum exhibeas, neque sorbitionem oiferas, donec iébris desierit, et urina concocta fuerit. Recumbere autem debent in domo obscura, et stratis quam moUissimis reelinati, longo tempore eumdem decubitum perferre, et quam minime incontinenter se jactare. Id enim eos preecipue juvat. Ad prîecordia liui semen illitum impone, ea observatione, ut ne iuhorrescat is oui apponitur, sitque exacte tepidum ex aqua et oleo coctum.

Ex urinis vero quid futurum sit, conjiciendum. Crassiores namque et pallidiores, meliores ; tenuiores, et nigriores, détériores. Quodsi mutationem habeant, temporis longinquitatem indicant, raorbusque uecessario tum ad pejus, tum ad melius inîequalitatem commutât. Inconstantes autem febres, donec consistant, sinere oportet, atque ubi consliterint, victu et conveuiente curatione occurrendum, adhibita eorum, quae secundum naturam sunt, ratione.

..'Egrotantium vero faciès multse sunt, ideoque medico advertendum est, ut ne eum manifesta aliqua causa lateat, tum earum, quae ratiocinatione considerantur, tum earum quas, die pari aut impari apparere, necesse est. Imprimis igitur dies impares verendi sunt, uempe quod bi dies magnam aegrorum in hanc, vel illam partem inclinationem efficiant. Observare itaque primum diem oportet, quo œger debilis esse, et unde et quando iiiitium morbi cœpit, quod certe prœcipuum cognitu existimatur.

Postquam autem ipsum interrogaveris, omniaque etiam in considerationem adhibueris, primum quidem caput, quonam se halieat modo, num dolore vacet, et nuUam in se gravitatem sentiat ; deiiide prîecordia et latera, num dolore careant. Circa prîecordia siquidem speclaudum, num dolorem

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Hippocrate parle ici de la fièvre gastrique, caractérisée par l'anorexie, l'anxiété, les angoisses précordiales (de Asy, dégoût, asode ou assode). C'est la gastro-entérite de Broussais ; et on ne saurait dire qu'il l'ait mieux décinte, ni qu'il en ait mieux tracé le traitement. Cette fièvre, par le fait même de sa localisation sur l'estomac, exige la diète la plus absolue, mais

sentiant, aut iu tumorem attoUantur, vel obliquitatem, vel satietatem habeant, vel lateris dolor aifuerit, simulque cum tlolore, aut tussicula, aut tormina, aut ventris dolor affligant. Ubi namque horum quidquam in praecordiis adfuerit, prœcipue alvum per infusa solvere convenit. In potu vero seger aqua mulsa calida decocta utatur. Considerandum etiam, si is cum exsurgit, animo linquatur, aut facile spiritum trahat.

luspicieuda quoque alvi egestio, num vehenienter colore nigro tincta fuerit, vel pura, quales sunt sanorum dejectiones, vel etiam num febris tertio die ingravescat. Ubi autem hujusmodi tertiauos circuitus in his morbis probe admodum inspexeris, prœterea etiam alia consideranda sunt, et si quartus dies similiter in his ipsis quodammodo se habeat, seger in periculo versatur.

Quod vero ad signa attinet, nigra alvi dejectio mortem significat, quae autem sani egestioni similis est, si per omnes dies appareat, salutaris. At si glande subdita alvus non cesserit, et facilis spiratio adfuerit, si, ubi ad desidendum exsurrexerit, aut in ipso lecto animo deflciat, hœc si vel œgro inter initia affuerint, delirium affore, existima. Attendendum quoque ad manus, quae si tremulse fuerint, huic sperandum est, sanguinem e naribus profluxurum. Nares quoque iuspiciendse, num ex utrisque sequaliter spiritus ducatur, et si multus ex naribus feratur, convulsio fieri assolet. Quae si contingat mors huic exspectanda est, eamque prsedicere, pulchrum erit.

At si in febre hiberna lingua aspera fuerit, et animi deliquia incidant, huic etsi febris remissio contingere consuevit, eum tamen in perfecta inedia continere, et aqu» ac mulsse portione ptisanaeque cremore conservare oportet, neque febris remissioni fidendum est, quod ejusmodi signa aegrum de vita periclitari testantur. Quîe ubi cognoveris, optimeque contemplatus fueris, ita, si lubet, prœdicere poteris. Cum vero in febribus quiuto die quid formidolosum contigerit, aut alvus liquida repente dejecerit, aut animi deliquium inciderit, vel aegrum vocis defectio prehenderit, vel convulsio, vel singultus, ex quibus anxietate œger premi consuevit, sudoresque sub naso, et circa frontem ac cervicem, posteriore capitis parle suboriri. Qui casibus conflictantur hujusmodi, suspiriosi non multo post moriuntur. Quibus autem per febres tubercula in cruribus oriuntur, tractuque temporis, persévérante etiam febre, non maturautur, et circa fauces suffocatio incidit, nuUo tumore in faucibus existente, neque tubercula concoquuntur, sed exstincta fuerint, iis sanguis ex naribus effluere consuevit. Qui si multis quidem fluserit, morbi solutionem portendit; sin minus, longitudinem; quoque minus fluxerit, eo deteriorem et longiorem. Quodsi reliqua facillima fuerint, huic dolores ad pedes exspectandi sunt, qui si pedem attigerint, diuturnoque dolore affecerint, et inflammatio circum oborta paulatim non levelur, ad cervicem dolores pervenient, et ad jugulum, humerura. pectus et articulum, huncque tuberculosum fîeri, necesse est. His vero exstinctis, si manus contrahantur, vol tremube évadant, eum convulsio et desipientia prehendunt. Quin eliam is in superciliis pustulas et rubores habet, et uua ex palpebris juxta alteram repuUulat, dura inflammatio detinet, oculus vehenienter intumescit, et delirium valde increscit. At noctes magis quam dies delirii signiticationem prœbent. Multa autem signa maxime contingunt ad nmuerum imparem, potins, quam parem. Utrovis tamen numéro contingant, lethales morbi succedunt. Hos si quidem ab initio medicameutis purgare volueris, id ante quintum diem faciendum, si venter murmuraverit; alioqui a medicamentis abstinendum. Quodsi murmuraverit, alvique egestiones biliosfe fuerint, scammonio exhibito moderate purgandum. Quod autem ad rcliciuam curationem attinet, quam parcissimi potus et sorbitiones, que melius se res habeat, exhibendi, donec, rcmissionc facta, decimura quartum exegerint diem.

Febricitanti sub decimum quartum diem si vox defecerit, huic neque cita morbi solutio, neque liberatio venire assolet, sod lemporis longinquitas indicatur. Cum vero boc die apparuerit, longior morbus incidit. B'ebricitans ubi quarto die lingua perturliate loquitnr, et alvus biliosa liquida dejicit, is delirare assuevit. Sed ex eventis, quid consequatur, observandum.

cependant n'implique point le désistement *de toute thérapeutique. Les alcaloïdes calmants et défervescents seront donc employés avec succès ; et c'est pour avoir abandonné cette fièvre aux forces impuissantes de la nature, qu'elle a dégénéré si souvent en consomption. En effet, la source de la phthisie est plus souvent l'estomac ou le ventre que la poitrine. C'est ce qu'Hippocrate fait observer. C'est le propre de cette fièvre de prendre le type intermittent (soit aux jours pairs, soit aux jours impairs); il faut, dans ce cas, recourir à l'hydro-ferro-cyanate de quinine, qui ne cause aucune douleur, ni épigastrique, ni intestinale. Il est également de la nature de cette fièvre de causer un serrement du gosier ou de la pharyngite, qui devra être combattue parle sulfure de calcium, de peur qu'elle ne devienne exsudative. Bref, Broussais n'a pas exagéré en signalant la fréquence de la gastrite : elle était la conséquence du système médical de Bro^vn. Mais là où il est tombé dans l'erreur, c'est d'avoir perdu de vue l'état général pour l'état local. On guérissait de la gastrite, mais on mourait de la fièvre. Ce qui a fait dire à un auteur : « que Broussais a beaucoup contribué à l'étude de l'anatomie pathologique en fournissant l'occasion défaire de nombreuses autopsies. » [Sic.)

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