‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 46 sur 130 · DE LA PLEURKSIE ET DE LA PLEUROPNEUMONIE · texte numérisé non relu

DE LA PLEURKSIE ET DE LA PLEUROPNEUMONIE

sang. Depuis, on saigna directement dans la veine jugulaire externe, et même dans la veine du front ou préparate.

La saignée a pour effet, non-seulement de diminuer la masse du sang, mais aussi le calorique animal, puisque le sang veineux est plus chaud que le sang artériel d'un degré centigrade au moins. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'elle laisse à sa suite une grande faiblesse ou colapsus. C'est ainsi que dans les apoplexies veineuses ou hypostatiques, on voit souvent le malade s'affaisser et mourir pendant que le sang coule. Il faut donc être très-réservé dans l'emploi de ce moyen. Les petites saignées doivent être préférées aux grandes, parce qu'on peut les graduer et les renouveler au besoin.

La saignée ne déphlogistique pas le sang, c'est-à-dire ne diminue point la quantité de fibrine, ce qui fait que la couenne inflammatoire augmente souvent après une ou deux saignées. Par contre, elle appauvrit le sang de son albumine et de ses globules rouges. Son abus amène donc la chloro-anémie. Voilà pourquoi le^ malades qui ont été beaucoup saignés, ont de la peine à se remettre, même après une longue convalescence.

Il faut donc, pour pratiquer la saignée générale, des indications formelles, c'est-à-dire un état de plénitude ou pléthore — affaire de tact médical — : c'est plutôt la force du pouls que son volume qu'il faut consulter. Le sphygmographe peut venir en aide au médecin, mais il vaut mieux avoir son spliygmographe au bout des doigts. Quand on est obligé de pratiquer la saignée générale, il faut, aussitôt après, donner la strychnine (sulfate ou arséniate), afin de permettre aux vaisseaux de revenir sur eux-mêmes. Cela est surtout nécessaire dans les inflammations parenchymateuses, notamment les pneumonies.

Page 1