‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 47 sur 130 · DE LA PLEURÉSIE ET DE LA PLEUROPNEUMONIE · texte numérisé non relu

DE LA PLEURÉSIE ET DE LA PLEUROPNEUMONIE

Dans la pleurésie et la pleiiropneumonie, on observe d'abord si la fiôvre est forte, si la douleur est d'un côté seulement, si la respiration est élevée ou très-laborieuse, si la toux est fréquente, si les crachats sont jaunes ou livides, s'ils sont petits, éeumoux, teints de petits filets de sang, ou s'il y a quelque autre signe important. La conduite à suivre tient à ces diverses circonstances.

Quand la douleur est aux parties supérieures s'étendant jusqu'aux clavicules, aux mamelles et aux épaules, il faut saigner au bras, à la basilique, du même côté que celui où se trouve la douleur, laisser couler le sang en quantité, avec confiance, suivant la saison de l'année, le tempérament, l'âge, la douleur du malade. Si la douleur est violente, on saigne jusqu'à défaillance, on donne ensuite les lavements.

Quand la douleur est au-dessous du diaphragme et qu'elle est forte, purger, et entre les purgations ne donner point de remèdes ; faites prendre de l'oxymel après la purgation. On ne purge que le quatrième jour; pendant les trois premiers, on donne les lavements. On se tient sur ses gardes jusqu'au septième jour, jusqu'à ce que la fièvre ait quitté. Lorsque le malade sera hors de danger, l'on se conduira comme il suit : on donnera d'abord de la tisane crémée, en petite quantité, mêlée avec du miel; on la donne plus épaisse et en plus grande quantité, même deux fois par jour, à mesureque la maladie va mieux, que la respiration est plus aisée, que la douleur se dissipe entièrement. Dans le cas contraire, on en donne moins, plus claire et une seule fois par jour, choisissant toujours le temps où le malade est mieux. On examinera les urines. Onne doit point, dans cette maladie, donner la purée à ceux qui guérissent, jusqu'à ce que les urines et les crachats montrent des signes de coction. Si les purgations ont produit d'abondantes évacuations, il faut donner de la tisane claire, et en moindre quantité; le malade ne pourrait, si les vaisseaux étaient tenus dans une entière vacuité, ni dormir, ni suffire à la coction, ni supporter tout le travail delà crise; il pourrait plus facilement, s'il est nourri, surmonter ce qui s'y opposait et qui résistait à l'élaboration des matières crues. Les crachats sont cuits lorsqu'ils ressemblent à du pus, les urines sont bonnes lorsqu'elles donnent un dépôt tirant sur le rouge de la couleur des orobes (espèces de pois). Rien n'empêche, pour soulager la douleur, d'ajouter des fomentations chaudes sur le côté, ou des onctions avec descérats; d'oindre même les lombes et les jambes avec des huiles chaudes, ou avec de la graisse, de fomenter avec la décoction de la graine de lin, depuis les mamelles jusqu'auxhypocondres. Mais une péripneumonie violente ne se guérit pas sans évacuations; la force et la violence du mal étoufi'ent le malade quand il y a de grandes douleurs, de l'oppression, avec peu d'urines, qui sont cuisantes, et des sueurs fâcheuses, tant au cou qu'à la tête, à moins qu'il ne vienne une abondance d'urines épaisses ou de crachats cuits. L'une et l'autre de ces évacuations délivrent du mal. On fait un bon looch pour les péripneumoniques avec le miel attique, les pignons (semences du pin cultivé, Piniis picea) et le galbanum. On fait aussi bouillir dans l'oxymel de l'orobe, du poivre, de l'ellébore noir, pour en donner aux pleurétiques (comme expectorant incisif). On prescrit utilement, quand la douleur se fait sentir au foie et dans les parties au-dessous du diaphragme une décoction de panais qu'on fait bouillir avec de l'oxymel et qu'on coule. Toutes les fois qu'on veut pousser par des selles ou par les urines, on donne le vin avec le miel. Quand on veut pousser décidément par les selles, on fait boire de l'hydromel coupé avec de l'eau (1).

(1) Circa pulmonum et laterum inflammationes istud considerandum, num febris adsit acuta, et dolores alterius lateris, aut utriusque, afBigant, et num laboret, dum spiritus sursum fertur, tusses adsint et sputa educantur rufa aut livida, vel etiam tenuia et spumosa, et florida, atfjue si quid discrepet ab iis, quœ illis contingere consueTenint. His h;ec iustituenda curatio. Si quidem dolor sursum ad jugulum tendat, vel ad mammam et brachium, interiiam brachii venam secare oportet, ea parte, qua dolor affligit, et sanguinem detrahere, pro corporis habita, anni tempore, œtate, et colore, plusque et cum majore fiducia, si dolor acutus fuerit, ad animi usque deliqium ducere, postea alvi infusura per clysterem exkibere. Quodsi sub thorace dolor valde urgeat, lateris morbo affecto alvum medieamento purgabis. At medio purgationis tempore nihil dandum ; post purgationem autem acetum mulsum exhibendum. Quarto die medicaraentum purgans propioato, iribusque primis diebus alvum per infusum subluito, atque si sic nou levetur, aliquantulum purgato. Custodia deinde opus est, dum leger febris sit expers, et ad septimum diem pervenerit. Deinde si in tuto

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