DE LA FIÈVRE ET DES COLIQUES BILIEUSES
Le traitement de la péripneumonie qu'indique ici Hippocrate, est uniquement diététique, tel qu'il est encore usité aujourd'hui par nos médecins expectants. Que ce traitement ne suffit point, les diverses phases que parcourt la maladie le prouvent. Ce ne sont ni les sangsues, ni les cataplasmes, ni les expectorants qui peuvent résoudre la maladie, faire tomber la fièvre et empêcher la paralysie du poumon. Tout en tenant compte des moyens diététiques, il faut, dès le début, recourir à la strychnine, à l'aconitine, à la vératrine, à la digitaline, précisément afin d'amener les crises qu'Hippocrate indique ; mais il était obligé de s'abstenir faute de moyens d'action. A vingt siècles de distance, nos médecins expectants en sont encore au même point ; on ne saurait donc dii-e que, pour eux, la science a marché. Molière a dit avec raison que quand on veut imiter les gens, c'est par leur beau côté qu'il faut leur ressembler; il ne suffit donc pas de dire : Hippocrate l'a dit; il faut voir si cela suffit et s'il n'y a pas mieux. Il en est ainsi du magister dixit de nos modernes pédagogues. Nous disons pédagogues, parce qu'ils traitent leurs élèves en enfants qui n'ont pas encore de jugement à eux.