TROP FORTES
Les boissons aqueuses passent lentement; elles roulent et séjournent dans rhypocondre; elles ne se portent qu'avec peine aux urines. Celui qui s'en remplit, ne pourra rien faire facilement de ce que demande, de la part du corps, de l'activité, de la force, de la célérité ; il doit rester en repos jusqu'à ce que la boisson aqueuse soit digérée avec les aliments.
Tous les liquides qui sont forts et âpres donnent des palpitations dans le corps, des battements à la tête. Il faut dormir par-dessus, avaler quelque chose de chaud, do ce qu'on aime le mieux. C'est mal de ne rien prendre dans le cas de l'ivresse et des maux de tête (1).
La manie de gorger les malades de boissons aqueuses leur est fort préjudiciable (aux malades). On produit ainsi la pléthore aqueuse, du côté du foie, mais surtout des reins, au point que l'albuminurie peut s'ensuivre. On sait que sur un animal on arrive promptement à cette conséquence, en lui injectant de l'eau dans les veines. Le sang liquéfié outre mesure et ayant perdu ses principes salins, laisse tîllrer l'albumine à travers les pores et vaisseaux et jusque dans les canaux sécréteurs (acini ou tubulures). C'est une circonstance dont il faut surtout tenir compte dans les maladies chroniques.
Quant à ce qui est des boissons fortes, le mieux est de cuver son vin, c'est-à-dire « dormir par-dessus " .
(1) Ex potionibus autem, qu:^ quidem aquosiores sunt, tardius permeant, et velut in orbem actse circum prfecordia fluitant, iieque ad mictionem decurrunt. Quibus si quis repletus fuerit, is nuUum opus ex his celeriter conficiet, quœ corporis coiitentionem, robur, aut celerilatem ad laborem requirunt. Quam plurimum autem rjuiescat, ilonec una cum cibis concoctîe fuerint. At vero meraciores et ansteriores potioues, in coi'pore palpitalionem, et in capite pulsationeni efficiunt. Hi bene habent, si insuper dormiant, et calidum aliquid ex his, quœ ipsis sunt suavissima. sorbeant. Jejunium autem ad capitis dolorem et crapulam malum est.