RÉSUMÉ DU TRAITEMENT DE LA FIÈVRE
Il sera très-bon de pousser aux urines et aux sueurs, de faire faire des promenades, des frictions, pour empêcher le corps de se charger d'humeurs.
Si le malade est obligé de garder le lit, on le frictionnera ; s'il souffre de la poitrine, à la région supérieure du diaphragme, on le fera tenir assis et quelquefois étendu, mais pas longtemps, autant seulement qu'il pourra rester ainsi sans en être fatigué, pour l'oindre fréquemment avec de l'huile chaude.
Si les douleurs sont aux parties inférieures, dans la région au-dessous du diaphragme, le malade doit rester tranquille, ne faire aucun mouvement, excepté celui qu'il faut pour les frictions. Les évacuations du bas ventre, celles des urines, des sueurs, s'établissent souvent d'elles-mêmes. Pour être utiles, elles doivent être modérées, point en grande quantité : trop abondantes, elles deviennent fâcheuses; les malades en périssent, ou bien ne se relèvent pas de leur mal sans essuyer bien des accidents. Il faut alors s'occuper à maintenir les forces (1).
On voit que pour le régime des malades, Hippocrate, n'omet aucun détail. Et on ne saurait nier, eneifet, que ce ne soit un grand élément de succès que beaucoup de médecins négligent, se préparant ainsi une défaite certaine, combien de fois n'arrive-t-il pas que le malade meurt parce qu'on n'a pas soigné les garde-robes; ou parce que les ayant laissées s'accumuler, il faut recourir aux purgatifs violents? Hippocrate a raison de proscrire ces derniers, parce qu'ils fatiguent et épuisent les
(1) In victus ratione maximum est operœ pretium, animadvertere et observare, tum febrium inteiisiones, tum remi.ssiones, non modo iu ac.utis morbis, verum eliam in longis, que temporum occasiones caveas, quibiis cibi minime offerri debent, et quando tuto oITerendi siut, cognoscas, atque etiam quando plurimum ab intensione abfuerint. Animadvertere autem eos oportet, quibus caput, vel ob exercitationes, vel cursus, vel iter, vel venationem, vel alium aliquem intempestivum laborera, dolet, vel ex rébus venereis; décolores ctiam, raucediuosos, lienosos, sanguine dcfectos, spirituosos, sicca tussi laborantes, siticulosos, flaluosos, et venarum interceptiones; intenta quoque habentes ]ira>cordia, latera et dorsum, ac stupore détentes, obscure videntes, eosque, quibus aures tinniunt, et qui urinariara listulam incontinentem habent, auriginosos, et quorum alvi cruda dejiciunt, quique sanguinem copiosum ex naribus, aut sede profundunt, aut qui inflationibus detinenlur, si eos vehemens dolor vexet, neque superiores existant. Horum quidem nuUos medicamento purgante vacuaveris. Neque enim res periculo caret, uihil([ue profeceris, tum etiam spontaneas liberaiioues et judicationes auferes.
At si cui sanguinem detrahere conferl, alvum firmam reddere, atque hoc modo detrahere oportet, et inediam imperare, vinumque ei demere ; dciude in reliquo convenientem victus rationcm instituere, et fomentis humidis curare. Quod si coudensata tilii alvus videatur, molli iufuso alvum sublues. At si medicamentum purgans tibi exhibendum visum fuerit, par veratrum supra cum securilate purgabis, at deorsum eorum ueminem. Optimum est autem, si ad urinas, svidores et deambulationcs œgrum adducas, et levi frictione utaris, ut ne habitum densiorem efficias. Quod si in lecto decumbat, eum alii perfricent. Ac si quidem in thorace supra septum trausversum affeclus fiierit, eura ut plurimum desiden; conveuit, et quam minimum reclinari, dum vires valeant, sedentemque longo tempore oleo multo calido perfricari. At si in inferiore alvo sub septo transverso dolores teneant, jacere conducit, nuUoque modo corpus moveri, prœterquam frictione. Quîc vero ex inferiore alvo per urinas et sudores solvuntur, si mediocritcr delabantur, sua sponte solvuntur, quae parva suut ; sed vehemcnlia prava existunt. Qui enim sic habent, aut intereunt, aul non sine aliis malis consauescunt, sed quse sunt ejuscemodi aliquo firmari soient.
malades. On ne saurait cependant également admettre que la constipation soit une circonstance favorable dans les maladies aiguës. Ainsi nous avons entendu des médecins prétendre que dans la pneumonie, il faut se garder des évacuants par le bas ; des cours de ventre, oui ; mais la liberté, non. C'est en cela que le sel de Sedlitz Chanteaud est si utile, parce qu'il purge sans irriter.
Le précepte d'Hippocrate de ne pas saigner quand le ventre est relâché, est conforme avec la saine physiologie, parce qu'on risquerait ainsi de provoquer une syncope, sinon mortelle, du moins fort embarrassante. Il veut également la saignée graduée selon l'âge, la constitution du malade, la nature de la maladie, les constitutions l'égnautes.
Tout cela est on ne peut plus sage ; et on ne saurait chicaner Hippocrate sur sa prédilection de la saignée du côté où se trouve la douleur.