‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 6 sur 130 · PREFACE. XI · texte numérisé non relu

PREFACE. XI

théâtres qu'on leur apprend ;i connaître les lésions organiques ou ce que le docteur Latour nomme une « inutile histoire naturelle ». Les élèA'es sont très-forts en anatomie microscopique, mais trèsfaibles en thérapeutique — si tant est qu'on les en occupe, car le célèbre Claude Bernard avouait lui-même que la thérapeutique n'existe point. Où la chercher, en effet, sinon dans ces Matières médicales dont parle Bichat?

Et cependant, quel parti ne peut-on tirer des médicaments, en tant que diagnostic, comme on interroge les organes dans les laboratoires de physiologie, au moyen des agents physiques et chimiques? Il ne s'agit nullement (ïexperieiitia m anima vili, mais, au contraire, de ramener le calme et l'ordre dans les fonctions. Au lieu de l'aveugle « qui frappe autour de lui avec son bâton, au risque d'atteindre les passants » — comme disait l'illustre Barthez à propos de la médecine actuelle — on fait, au contraire, de cette dernière une science de précision, car c'est le médicament lui-même qui décèle la maladie. Ce que Pasteur a dit des microbes, on le complète par les moyens de les détruire. On sait, en effet, que les alcaloïdes sont des parasiticides et des défervescents, c'est-à-dire qu'ils détruisent, à la fois, la cause et les effets. Nous en avons la preuve dans la quinine pour combattre les fièvres intermittentes (1).

Les recherches de Pasteur, Davaine et d'autres, ont fait voir des microbes dans tous les produits de fermentation ; et ainsi s'explique l'action des alcaloïdes dans les fièvres graves, notam-

(1) On sait, en effet que le miasme palustre, sur lequel on a tant raisonné (et déraisonné) consiste dans des nuées de microbes qui pénètrent par les voies respiratoires et vont ainsi altérer le sang; or, la quinine les tue en dissolvant leur matière albumineuse.

On connaît les expériences du docteur américain Salisbury. — Dans les terres basses qui se trouvent au pied des monts Alyghanis, régnent des fièvres intermittentes auxquelles on ne peut échapper qu'en allant habiter les hauteurs où les miasmes n'atteignent point. Le docteur Salisb\iry fit remplir de cette terre marécageuse des caisses de fer-blanc, qui furent ensuite hermétiquement soudées et transportées au haut de la montagne. Ces caisses furent ouvertes dans une chambre où l'on fit coucher deui individus sains : le lendemain, ils furent pris de la fièvre; et le docteur anuricain prétend avoir con.staté dans leur sang et leuvs. humeurs les mi'-mes microbes que ceux cou!: nus dans la terre qui avait servi a ses expériences. Depuis, d'autres expériences ont été faites et ont donné les mêmes résultats. La question est donc résolue quant à la nature des miasmes ; et il est permis da croire que ce sont des microbes et non des agents chimiques.

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