SIGNES TIRÉS DE L'INSPECTION DU MALADE
Vient en premier lieu le faciès, selon qu'il s'éloigne plus ou moins de l'état de santé.
Est-il semblable à celui des personnes en santé, mais surtout à celui qui est le plus habituel au malade, c'est le meilleur (1).
Le plus défiguré est le plus mauvais : le nez devient pointu, les jeux sont enfoncés, les sourcils rapprochés, les oreilles froides et rapetissées, la peau du front dure, tendue et sèche, la couleur do tout le visage pâle, verte, livide ou plombée (2).
C'est le faciès hippocratique. — Qui pourrait y méconnaître une profonde sidération nerveuse ? Aussi on l'observe, aux approches de la mort, et dans les vives soutfrances : l'iléus, la hernie étranglée, le choléra, etc.
Hippocrate ajoute :
Si dès le commencement d"une maladie le visage est tel et que le malade ne présente point encore d'autres signes, pour établir ses conjectures, il faut que le médecin s'informe si le malade vient d'essuyer des veilles ou un violent cours de ventre, ou la faim. S'il est dans un de ces trois cas, le signe est moins fâcheux : le mal pourra être guéri (3).
En effet, c'est simplement affaire de soins diététiques ou hygiéniques; mais autre chose est quand ces changements sont survenus à la suite d'une perturbation profonde; et même ils prédisent la mort. Aussi, dans ces cas, le médecin dosimétriste, après avoir reconnu la cause, a hâte de recourir à l'incitant vital par excellence : la strychnine (arséniate ou sulfate), ou bien à l'hydro-ferro-cyanate ou à l'arséniate de quinine, s'il se trouve dans une contrée marécageuse ou au fort d'une épidémie.
(1) In morbis autem acutis imprimis quidem fegroti faciès sic in considerationem adhibenda, sitne benevalentium, prfecipueque sui ipsius similis.
(2) lia enim optima existimanda ; quœ vero ab eo plurimum recedit, gravissimum periculum portendit. Qualis fuerit : nasus acutus, oculi coucavi, collapsa tempera, aures frigidœ etcontractœ, imisque suis fibris inversœ, cutis circa frontem dura, intenta, et resiccata, et totius faciei color ex viridi pallescens, aut etiam niger, aut lividus, aut plumbeus.
(3) Itaque si per initia morbi ejusmodi faciès fuei-it, ne(iue adhuc ex aliis signis conjicere potueris, interrogare convenit, num œger vigilavei-it, aut alvus admodum liquida fuerit, aut eum inedia aliqua oppressent. Quod si quid horum fateatur, minus formidandum esse exisiiraandum. Dijudicantur autem ista die ac nocte, si ex his causis ejusmodi faciès fuerit.