‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 69 sur 130 · PRONOSTIC CONCERNANT L'ÉTAT BILIEUX · texte numérisé non relu

PRONOSTIC CONCERNANT L'ÉTAT BILIEUX

On voit qu'Hippocrate parle ici des collections purulentes et nullement des épancliements séreux , et les signes qu'il en donne sont propres à toute suppuration, c'est-à-dire l'état erratique de la fièvre et la consomption qui en est la conséquence. Au milieu de ces troubles généraux, il détermine le côté de la poitrine où la collection purulente s'est faite :

Pour connaître si la suppuration est d'un côté seulement, il faut faire tourner le malade sur l'un et l'autre côté et s'informer près de lui s'il ne souffre point sur un seul, et s'il reste habituellement plus de chaleur à un côté qu'à l'autre. Lorsqu'il sera couché sur le côté sain, il lui semblera comme avoir un poids qui presse pardessus : dans ce cas, il y a suppuration au côté dont le poids se fait sentir (1).

Dans ce cas, Hippocrate n'hésite point à prescrire l'ouverture de l'empyème par le fer rouge ou par le bistouri. Le cautère transcurrent dans l'intervalle intercostal avait l'avantage de laisser la collection se dessiner d'elle-même et de ne pas donner lieu aux hémorrhagies. Il serait donc encore à conseiller aujourd'hui. On éteindrait du même coup ce qui reste d'inflammation.

On voit que la chirurgie, au temps d'Hippocrate, avait ses audaces, qui furent quelquefois poussées jusqu'à la témérité, ainsi que le prouve la partie de son serment relative à la taille : « Je ne taillerai point les personnes qui ont la pierre, je laisserai cette opération à ceux qui en font profession. » On voit par là que le père de la médecine n'a pas voulu proscrire cette opération, ainsi qu'on l'a prétendu, mais l'abandonner à ceux qui s'y sont créé une habileté manuelle spéciale. Il en est de même de l'ovariotomie, de nos jours, car ceux qui ont voulu tenter cette opération en dehors des études et de l'expérience nécessaires, n'ont abouti qu'à des désastres.

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