‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 70 sur 130 · PRONOSTIC CONCERNANT L'ETAT BILIEUX · texte numérisé non relu

PRONOSTIC CONCERNANT L'ETAT BILIEUX

Celui qui doit être atteint d'une maladie non mortelle, se plaint d'un violent mal de tèle; s'il a comme une espèce de nuage devant les yeux et des cardialgies, il vomira des matières bilieuses. Lorsqu'il se joint des frissons à ces symptômes et que la partie inférieure des hypocondres est froide, le vomissement est plus prochain. Il survient bientôt si on mange ou boit quelque chose (2).

(1) Quod si in altero tantum latere suppnratio fuerit, tiim verlere, tum ediscere ad hœc convenil, uum dolor aliquis alterura latus detinoal, et num altero ralidius fuerit, atque ubi iu latus sauum decubuerit, interrogare, si rjuod ei pondus desuper impendere videatur. Sic enim altero latere, n quo poudus exstiterit, suppuratio est.

(2) Si quis in febre non lethali dixerit capul dolore, aut tenebricosum quiddam ante oculos obver-

L'état bilieux est presque toujours le début des fièvres graves ; il y a donc nécessité de ne pas laisser la bile s'accumuler dans le foie, mais d'en opérer la décharge journalière. C'est l'effet qu'on obtient au moyen du Sedlitz Chanteaud ; et on peut dire que depuis que cette belle préparation s'est vulgarisée, beaucoup de fièvi'es dites bilieuses ont disparu. Cela est surtout vrai dans les pays chauds où ces fièvres prennent une intensité extraordinaire. Le Sel Chateaud a l'avantage d'être légèrement alcalin et effervescent et de dissoudre ainsi des acides gras.

Dans l'état bilieux dont parle Hippocrate, il n'est question que de ce qu'on nomme « un foyer mobile r> , c'est-à-dire un amas de bile dans l'estomac, et non de la bile dans le sang ou la cholémie. La présence des principes bilieux dans le torrent circulatoire ne saurait être contestée et détermine la fièvre ataxique propre aux régions tropicales, et dont le vomito negro est l'expression la plus élevée. Il n'y a pas, en efi'et, de plus grand dissolvant du sang que la bile, notamment pour la destruction des globules rouges. C'est pour parer à cet etfet que le Sel Chanteaud est si utile.

Les esquinancies sont funestes, elles emportent les malades promptement. — Toutes les fois qu'elles ne produisent aucun changement sensible dans le gosier, ni au cou, et qu'elles occasionnent l'orthopnée et jettent dans un état violent, la mort arrive le premier, le second, le troisième, le quatrième jour, quand la plupart de ces signes se trouvent ensemble. S'il y a intumescence et rougeur du gosier, le danger est grand; mais il est plus éloigné surtout si la rougeur est forte. Lorsque le cou et le gosier deviennent rouges, le terme est encore plus long ; c'est dans ces cas qu'il on réchappe quelques-uns, principalement si la rougeur de la poitrine se joint à celle du cou et que l'érésipôle ne rentre pas (1).

Il s'iigit ici d'angines malignes, avec sidération nerveuse, paralysie

sari, si etiam oris ventriciili morsus accesserit, biliosa vomitio atlerit. Quod si quoijue rignr subortus fiierit, et iiiferiores prœcordiorum partes frigidas liabuerit, adhuc citius vomitio aderit. Si vero siil) iii tempus biberit quidpiam, aut ederit, id quam celerrime evomitiir.

(1) Angiiia gravissima rmidem est, et celerrime interimit, qufe neque in faucibus, neqiie in cerviœ quitlriuam conspiciuum facit, plurimum vero dolorem exhibet, et difficullatem spirandi qnœ erecta cervice obitur, inducit. Ha?c enim eodem eliam die, et secundo, et tertio, et quarto sirangulat. — Atqnœ in rcliquis quidem similiter dolorem exhibet, in faucibus vero tumorera, ac rubores excitât, admodura qnidem exitialis est, priore tameii longe diuturnior, si ingens rubor fuerit. — Hœc vero diuturnior, cum non solum fauces, sed cervicem quoque rubor occupât ; ex eaque prœcipue evadunt, si cervicem et pectus rubor detineat, neque ad interna erysipelas revertatur.

PRONOSTICS CONCERNANT LES ESQUINANCIES. le";

cei'vicale et orthopnée, les désordres organiques n'ayant pas eu le temps de se produire. Hippocrate dit qu'il y a moins de danger lorsqu'il y a rougeur extérieure, pourvu que l'érésipèle ne rentre point ; ce qui peut être vrai s'il s'agit d'un érésipèle franc. Il parle également des engorgements ganglionnaires qui accompagnent les maladies malignes, partout où il y a résorption d'un virus.

Mais si l'érésipèle ne disparait pas aux jours critiques, si le gonflement ne gagne point vers l'extérieur, s'il ne sort point de crachats avec le pus, et que le malade semble ne point souffrir, c'est signe de mort ou de la rentrée de la matière érésipélateuse (1).

Hippocrate indique aussi le cas où l'angine se rejette su;- les poumons :

Il y a moins de danger lorsque le gonflement de l'érésipèle se porte au dehors fort vite. Du reste, si la matière se jette sur le poumon, le délire s'ensuit, et plusieurs meurent empyémiques (2).

Quoique l'angine couenneuse ne se trouve pas mentionnée par Hippocrate, on peut admettre qu'il l'a observée, puisqu'il dit que le mouvement critique se fait tantôt vers l'extérieur, sous forme de ganglions, d'érésipèle ; tantôt vers les poumons, ce qui est généralement mortel à cause de la pyohémie. Quant au traitement, on n'était pas plus avancé au temps d'Hippocrate que de nos jours, jusqu'à ce que le docteur Fontaine, de Barsur-Seine, eût fait connaître, comme spécifique dans ces cas, le sulfure de calcium à l'intérieur, et le jus de limon pour remplacer les cautérisations par les acides minéraux. On donne 3 ou 4 granules de sulfure tous les trois quarts d'heure, jusqu'à ce que le malade exhale une forte odeur d'hydrogène sulfuré. M. le docteur Fontaine a appliqué ce traitement sur lui-même et sur son enfant, avec plein succès. Et depuis, dans les épidémies d'angines diphthéritiques, qui régnent presque en permanence dans la vallée de la Seine, il continue à employer le traitement avec un succès constant. C'est donc une véritable conquête que la médecine doit à la dosiméti'ie.

Mais il ne faut pas perdre de vue la fièvre qui accompagne ces affec-

(1) Quod si neque diebus judicatoriis dispareat erysipelas, neque tuberculum ad exteriorem sedem se vertat, neque pus per tussim rejiciat, facileque ac sine dolore habere videatur, mortem indicat, aut ruboris reversioueni.

(2) At securius est tumorem, et ruborem ad externa converti ; quod si ad pulmonem se vertat, demeutiam excitât, et ex his nonnulli suppurati plerumque evadunt.

tiens et qui est cause de tous les désordres, ainsi qu Hippocrate le fait remarquer :

Lorsque les fièvres durent longtemps, sans être accompagnées de signes mortels, sans douleur causée par quelque inflammation et sans autre cause manifeste, il faut s'attendre à des abcès avec tumeur et douleur aux articulations, surtout aux parties inférieures. Ces abcès arrivent plus vite et plus souvent dans l'âge au-dessous de trente ans (1) .

La manière dont ces épanchements purulents ont lieu, ont fait croire aux anciens à une métastase; on sait aujourd'hui que ce sont de véritables leucophlegmasies ou leucocythoses , c'est-à-dire une puUulation de globules blancs, non-seulement dans le sang, mais dans toutes les humeurs interstitielles, surtout dans les séreuses, où les vaisseaux blancs sont en plus grande quantité. Dans les abcès dont parle Hippocrate, il faut voir une affection de même nature.

Le traitement doit consister à remonter la vitalité par la strychnine et reconstituer le sang par l'arséniate de fer.

PRONOSTICS CONCERxNANT LA DOULEUR AUX OREILLES

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