LIVRE IL
I. Quand, dans une maladie, le sommeil est laborieux et pénible, mauvais signe; quand il soulage bon signe (2).
Dans l'état de santé, le sommeil est réparateur, parce que, la nuit, il ne se fait aucune dépense organique. Toutes les fonctions se ralentissent en effet, de sorte qu'on ne saurait prétendre que c'est du temps perdu. II faut pour que le sommeil ait lieu, que le cerveau ne soit le siège d'aucune excitation. On pourrait le comparer alors à un animal qui se couche. La circulation étant moins active, le sang se porte en moindre abondance à la tête, et les mouvements d'élévation et d'abaissement de la masse cérébrale sont moins marqués. Aussi, lorsque sous l'empire de quelque excitation les artères cérébrales battent avec force, on ne dort pas. Il en
(1) Quae educere oportet, quo maxime vergunt, eo ducito, per loca convenientia.
(2) Quo in morbo somaus laborem facit, lethale; quodsi juvet somnus, minime lethale.
est de même, lorsque le retour du sang veineux est empêché : par exemple par l'accumulation des matières fécales ou des urines.
Toutes ces circonstances doivent être prises en considération dans l'état de maladie. Il ne faut donner des narcotiques qu'après avoir, préalablement, vidé la vessie et le rectum. De même qu'il ne faut pas se coucher l'estomac plein.
Le meilleur moyen de provoquer le sommeil, c'est de faire tomber la fièvre au moyen des acaloïdes défervescents : aconitine, digitaline, strychnine.