VIII. Lorsqu'on veut purger, il faut humecter le corps
Le Sedlitz Chanteaud doit son efficacité précisément à cette humectation du corps. L'eau chargée de principes salins est rapidement absorbée et restitue ainsi au sang sa fraîcheur. Au contraire, les pilules purgatives dessèchent le corps, rendent le sang résineux et prédisposent aux hémorrho'ides.
IX. Plus vous nourrissez un corps chargé d'humeurs, plus le mal augmente (4).
(1) Quibus pars aliqua corporis dolet, et qui fere dolorem non sentiunt, iis mens aegrotat.
(2) AUenuata longo temporis iutei-vallo corpora lente reficere oportet, at quae brevi, celeriler.
(3) Cum quis corpora purgare volet, ea ad fluxum bene comparata faciat. oportet.
(4) Impura corpora quo plus nutrias, eo magis laedas.
Ici encore on constate l'efficacité du Sedlitz Chanteaud, puisqu'il provoque l'évacuation de ce que les anciens nommaient « humeurs peccantes ». Ces humeurs sont des résidus de sécrétions ou de dénutrition que l'économie n'a pu brûler en temps — comme une cheminée qui s'encrasse de suie, faute d'un bon tirage. Il en résulte qu'il faut, en même temps, un incitant vital, tel que la strychnine.
X. Les aliments liquides nourrissent plus que les solides (1).
Cet aphorisme est relatif à l'état des forces digestives. Ainsi les convalescents, comme les enfants, exigent une nourriture liquide qu'il faut rendre plus substantielle à mesure que les forces reviennent. On se trompe quant au bouillon — surtout le bouillon d'hôpital, qui ne renferme que peu de substances alibiles.
XI. Des reliquats après les crises font souvent des rechutes (2).
Voilà pourquoi il faut tenir los émonctoires ouverts ; aussi on ne saurait trop insister sur le Sedlitz Chanteaud, tant que les urines restent troubles.
Il ne faut pas gorger les malades de tisanes fades qui n'ont d'autre effet que de distendre les vaisseaux et de pousser à l'albuminurie, tandis que les solutions salines, au contraire, enrichissent le sang.
XII. Lorsque la crise se fait, la nuit qui précède le rehaussement est fâcheuse; la suivante, communément bonne (3).
Preuve que les crises ne sont jamais sans danger. Pourquoi alors y soumettre les malades quand on a les moyens de les prévenir?
XIII. Avec le cours de ventre, les changements dans la nature des déjections sont bons, à moins qu'elles ne tournent à un mauvais caractère (4).
Il s'agit ici de simples exsudations séreuses et non d'hypersécrétions qui affaiblissent fortement les malades et indiquent l'hypertrophie, souvent l'ulcération des plaques muqueuses de Peyer et de Brunner, comme cela s'observe dans les fièvres typhoïdes. Autant les premières sont inoffen-
(1) Potu, quam cibo, refici proclivius est.
(2) Quœ per morbos post juJicationem intus relinquuntur, morborum reversiones facere consueverunt.
(3) Quibus judicatio conlingit, iis nox accessionem praeeedcns gravis, quœ vero sequitur, plerumque levioi' esse solel.
(4) In aWi fluxionibus dejectionum mutationes, iiisi ad pravas commutentur, juvant.
sives, autant les secondes sont dangereuses. Le simple lavage au Sedlitz Chanteaud suffit dans tous les cas pour faire tomber la chaleur fébrile et rafraîchir le corps, comme une pluie printanière. Les urines qui étaient troubles deviennent limpides, et on n'a pas à craindre " qu'elles tournent à un mauvais caractère " .
XIV. Quand on a mal de gosier, ou des éruptions à la peau, examinez les déjections : si elles sont bilieuses, c'est signe que tout le corps participe au mal; sontelles comme d'une personne en santé, on prendra de la nourriture sans crainte (1).
C'est encore le cas d'insister sur l'emploi du Sedlitz Chanteaud, afin de prévenir les fièvres bilieuses. Dans les pays chauds, ces fièvres doivent leur caractère d'acuité à la surabondance de bile. Le sang s'alcalinise outre mesure, et les globules rouges sont dissous : de là les exanthèmes et les déjections noirâtres, et non, comme on l'a pensé, un déversement de la bile noire dans l'intestin. Au contraire, quand la décharge du foie se fait régulièrement, on peut, comme dit Hippocrate, prendre de la nourritui'e sans crainte.