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X. L'automne est terrible pour les phthisiques

On comprend qu'une saison qui prête à tant de maladies, doive être également mauvaise pour les phthisiques ; mais aussi c'est parce qu'on ne fait généralement rien pour ces pauvres 'malades condamnés d'avance. Aussi ils ont le pressentiment de leur mort, témoin Millevoie, dans ses strophes si touchantes : « La chute des feuilles. «

XL Quant aux saisons, si l'iiiver est sec et froid, et le printemps humide et chaud, il y aura nécessairement dans l'été des fièvres aiguës, des ophthalmies et des dyssenteries, surtout chez les femmes, et chez les hommes d'un tempérament humide (3).

Ici encore nous voyons un effet des vicissitudes atmosphériques. Un hiver sec et froid est généralement sain, mais un printemps chaud et humide favorise les fermentations. Tout se réveille dans la nature et les microbes ne sont pas les derniers à se présenter au festin de la vie. Il faut combattre ces causes pathogéniques par le Sedlitz Chanteaud et les alcaloïdes défei'vescents. Il suffit de quelques granules d'hydro-ferrocyanate de quinine pour se préserver de la fièvre et des inflammations dont parle Hippocrate.

XIL Mais si dans l'hiver les vents du midi rognent, s'il est pluvieux ou doux, et le printemps sec et avec des vents du nord, les femmes grosses, dont le temps des couches tombe au printemps, avorteront pour le moindre sujet. Celles qui porteront leur fruit à terme accoucheront d'enfants faibles, mal constitués, qui mourront dans peu, ou seront chétifs, et mèneront une vie maladive. Les autres personnes auront

(1) Per autumnum omnino moi'bi acutissimi, et maxime exitiales. Ver autem saluberrimum, et minime exitiale.

(2) Autumuus tahidis malus.

(3) Quod autem ad amii (empestâtes attinet, si quidem hiems plus jequo sicca et aquilonia fueril, ver autem valde pluvium, et austrinum, fehres acutas, et lippitudines, et inte.stinorum difficultates ad a>statem oriri necesse est, prfecipue vero in mulieribus, et viris, natura liumidioribus.

des dyssenteries et des ophthalmies sèches. Les vieux tomberont dans des catarrhes qui les enlèveront promptement (1).

Les influences météorologiques sont très-marquées sur les femmes grosses et leur fruit, précisément parce que la force végétative est en pleine évolution chez elles. Le moindre changement dans l'état de l'atmosphère suffit donc pour détourner le cours des humeurs.

XIII. Qaand l'été est sec et avec des vents du nord, l'automae pluvieux et avec les vents du midi, on a des maux de tête qui durent jusqu'à l'hiver, des toux, des enrouements, des enchifrènements, même des phthisies (2).

Toujours histoire des grands contrastes atmosphériques.

XIV. Mais si l'automne est avec des vents du nord et sans pluies, il est sain pour les hommes d'un tempérament humide et pour les femmes. Les autres auront des ophthalmies sèches, des fièvres aiguës, des enchifrènements; quelquesuns, des affections mélancoliques (3).

XV. Des différentes constitutions de l'année, les sèches sont en général plus saines que les humides, et moins mortelles (4).

XVI. Dans les temps humides s'engendrent communément les fièvres lentes, les cours de ventre, les pourritures, les épilepsies, les apoplexies, les esquinancies. Dans les temps secs, les phthisies, les ophthalmies, la goutte, les stranguries, les dyssenteries (5).

XVII. Les constitutions du jour dans lesquelles le vent du nord soufile serrent le corps et le rendent ferme, agile ; font la couleur de la peau bonne, rendent l'ouïe fine, resserrent le ventre ; stimulent les yeux , augmentent les douleurs de la poitrine, s'il y en a. Celles au contraire où le vent du midi règne, afiaiblissent le corps, le relâchent, rendent l'ouïe dure, causent des maux de tête, des vertiges, émoussent la vue, donnent de la pesanteur à tout le corps, et humectent le ventre (6).

(1) At si hiems austriDa, et valde pluvia, et placida fuerit, ver autem plus justo siccum, et aquilonium, mulieres quidem, quibus parius ad ver imminet, ex quavis causa aboriiunt. Quœ vero pepererint, imbecillos et morbosos infantes edunt, ita ut vel statim intereant, vel tenues, et valetudinarii vivant. Cîeteris autem mortalibus difficultates intestinorum, et lippitudines aridfe oriuntur, seuioribus vero defluxiones, brevi interficientes.

(2) Si vero aestas plus sequo sicca, et aquilonia, autumnus vero admodum pluvius, et austrinus fiierit, capitis dolores ad hiemem oriimtur, et tusses, et raucitates, et gravedines, nonnuUis etiam et tabès.

(3) Si vero aquilonius sit, et sine pluviis, iis quidem, qui natura sunt humidiore, et mulieribus commodus, reliquis autem lippitudines erunt siccse, et febres acutœ, et diuturnœ, nonnullis vero etiam melancholiœ.

(4) Ex aiini autem conditionibus in totum magnae siccitates assiduis imbribus sunt salubriores, minusque lethales.

(5) Per assidues imbres morbi magna ex parte oriuntur, cum febres longse, tum alvi fluxiones, putredines, comitiales, apoplexiae, etanginse; per magnas autem siccitates, tabitudines, lippitudines, articulorum dolores, urinae stillicidia, et intestinorum difficultates.

(6) At status temporum quotidiani, aquilonii quidem, corpora densant, valentiora, expeditiôra.

XVIII. Quant aux saisons, dans le printemps et au commencement de l'été, les enfants et les jeunes gens se portent mieux; dans l'été et an commencement de l'automne, les vieillards; durant la lin de lautomne et l'hiver, ceux du moyen âge (1).

XIX. Ce n'est point que toutes les maladies ne viennent en toute saison ; mais il y en a qui, en certaines saisons, viennent plus souvent, et sont plus violentes (2).

XX. Au printemps rognent les affections maniaques, les affections mélancoliques, les épilepsies, les hémorrhagies, les angines, les enchifrônements, les enrouements, les lèpres, les toux, les dartres, les diverses taches et les éruptions rongeantes, les tumeurs, les affections goutteuses (3).

XXI. Dans l'été, partie des maux précédents et les fièvres continues, les fièvres ardentes, les fièvres tierces, les quartes, les vomissements, les diarrhées, les ophthalmies, les douleurs d'oreille, les maux d'jeux, les ulcérations de la bouche, les abcès aux parties naturelles, les pustules aqueuses (4).

XXII. En automne, plusieurs des maux d'été et les fièvres quartes, les fièvres erratiques, les maladies de la rate, les hydropisies, les phthisies, les stranguries, les lienteries, les dyssenteries, les sciatiques, les esquinancies, les asthmes, les affections iliaques, les épilepsies, les affections maniaques, et les affections mélancoliques (5).

XXIII. L'hiver, les pleurésies, les péripneumonies, les léthargies, les enchifrènements, les enrouements, les toux, les points de côté, les douleurs des lombes, les maux de tète, les vertiges, les apoplexies (6).

XXIV. Quant aux divers âges, il en est ainsi. Les petits enfants et les nouveaunés sont sujets aux aphthes, à des vomissements, à des toux, à des insomnies, à des frayeurs, à des inflammations au nombril, à des humidités aux oreilles (7).

On voit avec quelle exactitude Hippocrate a annoté les influences sai-

bene colorata, et melius audientia reddunt, alvos exsiccant, oculos mordent, et si thoracem dolor aliquis prius habuerit, cum magis irritaut. Austrioi autem corpora exsolvunt et humectant, gravemauditum, et capitis gravitatem, et vertigines asserunt, oculis et corporibus difficilem motionem indu cunt, et alvos humectant.

(1) Quod autem ad anni tempora attinet, vere quidem, et prima œstate, pueri, et bis œtate proximi, optinie degunt, et maxime valent, œstate vero, et quadantenus autumuo senes; reliqua autumni, et hiemis parte, qui inter has œtates sunt medii.

(2) In quibusvis anni temporibus omuis generis morbi oriuntur, nonnuUi tamen lu quibusdam tum flunt, tum excitantur.

(3) Vere quidem insania, melancholiae, comitiales, sanguiuis profusiones, angin», gravedines, raucitates, tusses, leprae, impetigines, vitiligines, et pustulee ulcerosse plurimae, et tubercula, et articulorum dolores.

(4) /Estate autem horura norinulli, et febres assiduse, et ardentes, et tertian;e plurimœ, et quartanœ, vomitiones, alvi profluvia, lippitudines, uurium dolores, oris exulceratioues, genitalium putredines, et sudamina.

(5) Autumno vero etiam œstivi multi, et quartanae febres, atque erraticîe, lienes, aquse inter cutem, tabès, urinœ stillicidia, intestinorum levitates, et difficultates, coxeudicum dolores, angiuœ, crebri anhelitus, volvuli, comitiales, insaniœ, et melancholife.

(6) Hieme vero morbi latérales, pulmonum inflammationes, lethargi, gravedines, raucitates, tusses, dolores pectorura, laterum et lumborum, capitis dolores, vertigiueS, et apoplexise.

(7) Per setates hîec eveniunt, parvis et recens natis pueris, serpeutia cris ulcéra, aphthx dicta;, vomitiones, tusses, vigiliœ, pavores, circa umbilicum inflammationes, aurium bumiditates.

sonnières ; et ce sont ces remarques qui nous servent encore de guide aujourd'hui. Seulement nous ferons remarquer que s'il faut subir ces influences, on peut les mitiger par une bonne hygiène et une prophylaxie appropriée. C'est ce dernier point que les médecins négligent généralement. 11 semble qu'ils ne soient là que pour les maladies confirmées. On sait combien Molière était fin observateur, aussi dans sa comédie si spirituelle le Médecin malgré lui, il fait dire à Sganarelle qui voit des malades dans tous ceux qui l'approchent et qui tâte le pouls à Léandre, l'amoureux de Lucile et n'ayant que cette maladie-là : « Voilà un pouls qui est fort mauvais, r A quoi Léandre répond : « Je ne suis pas malade, monsieur, et ce n'est point pour cela que je viens à^vous. n Et Sganarelle furieux d'être ainsi pris en défaut, de dire : « Si vous n'êtes pas malade, que diable ne le dites-vous donc? r' Cette scène prise sur le vif fait songer à certains médecins non malgré eux, mais en dépit d'euxmêmes, c'est-à-dire de leur ignorance.

Nous disons donc que prévenir vaut mieux que guérir. Il faut donc prendre les précautions qu'exigent les climats et les saisons. Ainsi aux voyageurs qui se rendent dans les ports fiévreux , nous donnons le conseil de se munir d'une pharmacie de poche.

XXV. Lorsque la dentition approche, viennent les inquiétudes aux gencives, "^les fièvres, les convulsions, les diarrhées. Ces maux sont jibis grands chez ceux qui poussent les dents canines, chez ceux qui ont le plus d'embonpoint, et chez ceux qui ont le ventre plus constipé (1).

XXVI. A mesure qu'ils croissent, viennent les maux de gorge, les courbures de la tête sur la seconde vertèbre, les difficultés de respirer, le calcul de la vessie, les vers strongles, les ascarides, les verrues, les satyriasis, les stranguries, les écrouelles et autres tumeurs, principalement celles que je viens de nommer (2).

XXVII. Quand ils sont plus avancés en âge et qu'ils atteignent la puberté, ils sont sujets à plusieurs des maux précédents : leurs fièvres deviennent plus longues, et ils ont souvent des hémorrhagies (3).

XXVIII. Les maux de l'enfance se jugent, les uns en quarante jours, d'autres en sept mois, certains en sept ans. D'autres durent jusqu'à la puberté. S'ils persistent

(1) Ad dentitionem rero progressis, gingivarum stimulantes prurigines, febres, convulsiones, aivi profluvia, idque prsecipue cum caninos dentés emittere cœperint, et iis, qui maxime crassi sunt, et alvos duras habent.

(2) At iis paulum œtate progressis, tonsillarum iuflammationes, vertebrae, quae ad occipitium est, interiorem in partem impulsiones, crebrie anhelatioues, calculi, lumbrici rotundi, alii tenues, et minuti, in reclo intestine orti, ascarides dicti, veri'ucœ, Grœcis o:z^oxo^(fov;ç dietœ, satyriasmi, strumse, et tubercula, praecipue Tero prsedicta.

(3) Adhuc autem setate provectioribus, et ad pubertatem progressis, ex iis multa et febres diuturnœ magis, et sanguinis ex naribus profluvia.

après, et chez les filles au delà du terme de leurs règles, ils durent ordinairement très-longtemps (1).

On ne saurait mieux caractériser les maladies propres à l'enfance, et s'il y eût existé une thérapeutique rationnelle à l'époque d'Hippocrate, on eût pu dire que cette partie de la médecine eût été parfaite du coup. Hélas ! la mort devait longtemps encore planer sur notre pauvre humanité! Ouvrez le gros livre de West : Leçons sur les maladies des enfants, c'est la lugubre nomenclature d'Hippocrate , non revue et corrigée , mais considérablement augmentée. Aujourd'hui , grâce à la dosimétrie, nous possédons des agents sûrs, rapides et commodes, et les médecins qui ne les emploieraient pas seraient responsables devant l'opinion publique.

XXIX. Chez les jeunes gens rognent les hémoptysies, les phthisies, les fièvres aiguës, les épilepsies et autres maladies, surtout les précédentes (2).

Autant les enfants sont exposés aux maladies de la tête, autant les jeunes gens sont prédisposés aux maladies de poitrine, venant s'ajouter à celles de l'âge précédent. Le plus souvent ces prédispositions sont héréditaires et peuvent, jusqu'à un certain point, êti*e atténuées par un régime et un traitement prophylactique.

Les maladies de l'enfance se continuent dans l'adolescence; il faut donc y opposer un bon assolement, comme on amende un terrain ingrat par la culture.

Les phosphates, les arséniates, les antiparasitaires, les défervescents, etc., voilà les moyens qu'il faut mettre en usage.

XXX. Les gens les plus âgés ont des asthmes, des pleurésies, des péripneumonies, des léthargies, des frénésies, des fièvres ardentes, des diarrhées chroniques, des choléra-morbus, des dj'ssenteries, des hémorrhoïdes (3).

Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que la plupart de ces maladies procèdent du système de la veine porte : Vena jMrtamm, porta malorum,

(1) At magna ex parte pueris morbi judicatione solvuntur, partira quijera iiitra quadraginta (lies, partim vero intra septem menses, uonnuUi iutra amios septem, quidam etiam ad pubertatcm progressis. Qui vero pueris perseverariut, neque circa pubertatem soluti fueriut, aut femiuis circa inensium eruptionem, ii diu perseverare consueverunt.

(2) Adolescentibus autem saiiguiuis spuitioues, tabès, febres acutse, comitiales, aiiique morbi, prsecipue tamen prœdicti.

(3) His vero, qui banc setatem superarunt, crebri anhelitus, morbi latérales, pulmoiium inflammationes, letliargi, phrenitides, febres ardentes, diuturna alvi profluvia, cholerîe, intestiuorum difficultates, et levitates, sanguinis per ora venarum, quœ in ano sunt, profusio, atiioppoïScç Grœcis dictte.

ainsi que disaient les anciens ; et les anciens avaient raison. Mais depuis que l'anatomie pathologique s'est mise de la partie, la médecine est devenue une stérile histoire naturelle, une espèce de clos où on laisse pousser toutes sortes de mauvaises herbes, faute de les extirper. Et on nomme cela de la science! Oui, la science de la mort!

XXXI. Les vieillards ont des difficultés de respirer, des catarrhes avec toux, des stranguries, des dvsuries, des douleurs aux articulations, des coliques néphrétiques, des vertiges, des apoplexies, des cachexies, des démangeaisons à la peau, des insomnies, des cours de ventre, des larmoiements, la roupie, la vue trouble, la cataracte, des duretés d'oreille (1).

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