V. ANIMISME DE STAHL
Quand Slahl (1660-1754) publia ses premiers ouvragés, en 1685, quatre doctrines organiciennes sous cfes noms différents venaient, ainsi que nous l’avons vu, de faire leur entrée sur la scène scientifique : la chémiâtrie, l’ialro-mathématicisme, le solidisme etlanatomo-pathologisme. L’une excluait l'autre, et aucune d’elles ne fournissait des données assez précises et assez positives pour permettre d’édifier par son concours une doctrine médicale satisfaisante.
Partout il y avait lutte et incertitude; le terrain manquait sous le pied des médecins : aussi ne pouvait-on rester longtemps dans cet état de doute ; biétatôt, en effet, deux nouvelles doctrines médicales furent proposées à la fin du xvne siècle, pour remplacer celles qui ne satisfaisaient plus personne. Ce furent P animisme de Stahl et le dynamisme de Fréd. Hoffmann.
Georges Ernest Stahl est le fondateur de l’animisme, doctrine dapuès laquelle lame est la cause immédiate de tous les phénomènes physiques et moraux qui se produisent dans le corps humain. Les théories chimiques et physiques n’ont plus rien à voir ici; elles n’interviennent que pour accomplir leurs actes sous la direction suprême de lame (1). Toutes les
(1) Auber, loc. cit., p. 201.
INFLUENCE EXERCÉE PAR J. B. VAN HELMONT
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fonctions du corps humain s’accomplissent par l’influence de lame : c’est elle qui digère, pense, fait circuler le sang; c’est par elle que le corps résiste aux influences extérieures auxquelles il est soumis.
Tant qu’elle accomplit son travail avec régularité, la santé se maintient intacte; elle décline et la maladie se produit, du moment où Pâme néglige les affaires de son gouvernement ou se trouve atteinte trop violemment par une cause morbifique externe.
« Si nous réfléchissons que la doctrine de l’archée de Yan Helmont » était presque généralement adoptée dans les Écoles allemandes vers la » fin du xvne siècle, et que Georges Wolfgang Wedel, maître de Stahl, fut » l’un des plus célèbres défenseurs de ce système, nous cessons de nous » étonner que la théorie dynamique ait pu prendre naissance à celte époque; » car pour la 'produire, ilne fallait que substituer Vàme à Varchêe{ t).»
L’historien allemand, en écrivant ces lignes, exprime une idée que l’on trouve reproduite dans toutes les histoires de la médecine. Il n’en pouvait être autrement; car Vàme de Stahl et l 'archée de Yan Helmont ont la même ‘signification. Que l’on substitue dans les œuvres de Yan Helmont le mot àme au mot archée , on reconnaîtra que le système de l’animisme produit par Stahl dans les premières années du xvrne siècle est en tout semblable à la doctrine de Yan Helmont, ensevelie momentanément sous les désastreux effets de l’impulsion qu’elle avait imprimée à l’étude des sciences naturelles.
Par une réaction malheureuse et exagérée contre les tendances chimiques et physiques qui se retrouvaient dans tous les pays à cette époque, Stahl, quoique professeur de chimie, proposait de bannir cette branche, ainsi que la physique et l’anatomie, de l’étude de la médecine. Sous ce rapport, son système l’a entraîné trop loin; cela nous prouve que, comme ses adversaires, les organiciens de tout nom (chimistes, physiciens, mathématiciens, anatomo-pathologistes), il n’a vu la science médicale que sous une seule de ses faces : celle qui se rapporte à la cause première des maladies, — et qu’il a négligé complètement l’élude et l’observation des phénomènes physiques et chimiques qui se passent dans le corps humain.
(1) Kurt Sprengel, Histoire 3e la médecine , trad. Jourdan, t. V, p. 199.
L’anirpisme de Slahl a exercé, pendant tout le xviii® siècle, une influence très-grande sur la médecine. Attaquée avec la plus grande vivacité par Frédéric Hoffmann, elle résista cependant à ces attaques et parvint à se continuer sous une forme un peu modifiée par Ernest Plalner, de Leipzig, jusqu’à l’époque actuelle, grâce à l’Ecole de Montpellier.