CHAPITRE QUATRIÈME
FEBRIUM DOCTRINA INAUDITA (l).
C’est en 1642 que Van Ilelmont publia son Traité des fièvres. En 1644^ il en publia une seconde édition, à laquelle il ajouta deux nouveaux chapitres (2). Nous aurons plus loin l’occasion de nous étendre longuement sur les doctrines que l’auteur y exposa; nous nous bornerons dans cette partie bibliographique à donner une idée générale de cet ouvrage, qui est, à notre avis, le meilleur travail de médecine pratique de Van Ilelmont.
Le Traité des fièvres , tel qu’il parut complété en 1644, comprend dix-sept chapitres.
Le premier chapitre est intitulé : Definitio f'ehris velerum examinalur. Le titre indique suffisamment le sujet qui y est traité. Après avoir démontré l’importance capitale de la fièvre au point de vue de la médecine pratique, Van Ilelmont expose pour la combattre la définition généralement admise de la fièvre à son époque. Pour les Écoles, cet état consistait essentiellement en une chaleur surnaturelle, allumée d’abord dans le cœur et se répandant ensuite dans tout le corps. Van Ilelmont combat cette opinion par des arguments que nous ferons connaître plus loin et continue sa réfutation dans le second chapitre, intitulé : Nulanles Scholœ introduxere putredinem.
Les Écoles, s’apercevant que la chaleur prœter naluram ne pouvait pas suffire pour constituer la fièvre, imaginèrent d’introduire un second élément palhogénique, consistant dans la putréfaction du sang dans les vaisseaux sanguins. Une des plus belles pages des œuvres de Van Helmont
(1) Anlverpiæ, apud Viduam Joan. Cnobbari, 1642, in-16, 200 pages.
(2) Celle seconde édition parut dans les Opuscula mcdica inaudita, imprimés à Cologne chez J. Kalcoven, en 1644 (in-18°). Ce livre comprend les ouvrages suivants :
1° De Lilhiasi (250 pages);
2° Tumulus Pestis (180 pages);
5° Febrium doctrina inaudita (118 pages et 20 pages supplémentaires) ;
4° Scholarum Humoristarum Passiva Deceplio et Jgnorantia (100 pages).
Ces quatre ouvrages furent réunis plus tard dans les diverses éditions de VOrtus Medicinœ.
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est celle où il réfute cette idée antiphysiologique de la putréfaction du sang vivant et circulant. Il devait la développer plus tard dans un des plus beaux chapitres de son Ortus Medicinœ , le chapitre lilas humanum,on il traite de main de maître la question si importante en physiologie de la circulation sanguine.
Le troisième chapitre ( Doctrina Veterum de Circuitibus examinatur ) renferme la réfutation des opinions de quelques médecins qui attribuaient la production de la fièvre à l’influence des corps célestes. Van Iielmont y réfute aussi l’opinion de Paracelse sur la nature des fièvres.
Le quatrième chapitre est intitulé : Phlebotomia in febribus exami nalur. Nous renvoyons le lecteur à la partie réservée à la thérapeutique spéciale, où nous faisons connaître les idées qui sont développées dans ce chapitre.
Le cinquième chapitre (. Purgatio examinatur ) est réservé à l’examen critique de la médication purgative dans les fièvres.
Le sixième chapitre ( Consideratio Quartanœ) est consacré à l’histoire de la fièvre quarte, l’opprobre de la médecine des Écoles, au point que Medenies, posl toi carnificinas , suos œgros deserunt debilitatos sub desperationis custodia, eulinœque regimine commendalos (1). Le siège de la fièvre quarte y est placé dans les artères de la rate. Nous citerons surtout ici le § 9, critique admirable de l’ancienne doctrine humorale de la fièvre quarte.
Le septième chapitre est intitulé : Auxilia Medenlum œstimantur. VanHelmont y examine l’action des révulsifs et des lavements.
Le huitième chapitre [Remedia usualia ponderantur) est réservé à la critique de nombreuses médications instituées dans les fièvres.
Le neuvième chapitre ( Vera causa rigoris) est consacré à nous faire connaître le mode de développement de la fièvre et la signification pathologique du frisson. Nous le résumerons plus loin.
Le dixième chapitre (Sedes febrium) est un des plus importants, car il nous prouve que les idées avec lesquelles Broussais bouleversa toutes les
(0 De febrib. , j$, p. 739.
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doctrines médicales au commencement de ce siècle, ne sont autres que celles que Van Ilelmont a développées deux cents ans avant lui.
Dans le onzième chapitre ( Causa occasionalis fehrium ), l’auteur examine l’action des causes occasionnelles de la fièvre. C’est l’application des principes développés dans le chapitre précédent, où il localise toutes les fièvres dans les organes gastriques.
Pour se convaincre que Van Helmont n’était pas moins grand médecin praticien que physiologiste, il suffit de parcourir le chapitre XII ( Diœla fehrium ), dans lequel il indique les principes à observer dans le régime des malades. Sa thérapeutique se rapproche beaucoup de celle que le docteur Todd a fait prévaloir en Angleterre dans ces dernières années.
Le chapitre XIII ( Fehris essentia) est en quelque sorte la suite du chapitre IX; Van Helmont y expose sur la nature essentielle des fièvres des idées de pathologie générale, que nous aurons occasion de faire connaître plus loin.
Dans le chapitre XIV ( Perfecta fehrium omnium sanatio) , l’auteur indique les règles à suivre dans le traitement thérapeutique des fièvres.
Le chapitre XV ( Responsio ad conlumelias) est consacré à faire ressortir l’utilité de l’étude de la chimie pour le médecin, surtout au point de vue des avantages que cette étude fournit à la matière médicale.
Les deux derniers chapitres (ch. XVI : Detegilur essentia feb?'ium, et XVII : Quidditatis febrilis indago), ajoutés après coup par l’auteur, ne sont que le développement des idées qu’il avait déjà exposées dans les parties où il traite de la nature essentielle de la fièvre. Au point de vue de la pathologie générale ils sont très-intéressants à consulter, comme on le verra plus loin.
Telle est l’analyse sommaire du Traité des fièvres. Nous le répétons : à nos yeux, c’est le principal ouvrage de Van Helmont, considéré comme médecin praticien. Ce qui ajoute au mérite de l’ouvrage, c’est que le style y est beaucoup plus clair que dans les autres œuvres du réformateur.
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