‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 15 sur 116 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

SCHOLARUM IIUMORISTARUM PASS1VA DECEPTIO ATQUE IGNORANTIA.

Comme nous l’avons dit plus haut, il y a à considérer dans l’œuvre de Van Helmont deux parties bien distinctes :

1) La première partie est la réfutation des doctrines d’Aristote et de Galien.

2) La deuxième fait connaître la nouvelle doctrine, que le réformateur proposa en remplacement de celle qu’il rejetait.

La réfutation des doctrines humorales d’une importance capitale à l’époque où vivait Van Helmont, a cessé de nous offrir aujourd’hui le même intérêt, parce que ces doctrines — quoique se retrouvant encore souvent sous une forme déguisée dans beaucoup d’ouvrages modernes — sont cependant assez généralement rejetées du terrain de la pathologie générale.

Il n’en était pas ainsi à l’époque où Van Helmont parut. Galien régnait encore en maître absolu dans les écoles de médecine, et les attaques de Paracelse n’avaient guère diminué le nombre de ses adeptes. C’est au médecin flamand que revient la gloire d’avoir le premier démontré toute l’inanité des doctrines Galéniennes. Toutes les objections, qu’il a produites

BIBLIOGRAPHIE DE J. B. VAN HELMONT

contre ces doctrines, se trouvent résumées dans uh ouvrage, qu’il publia en 1644, sous le titre : Scholarum Humoristarum Passiva Deceptio atque Ignorantia. C’est le réquisitoire le plus complet et le plus éloquent que l’on puisse lire contre les doctrines humorales.

L’ouvrage est divisé en cinq chapitres. Le premier de ces chapitres est intitulé: Quatuor humor es Galenislarum esse fictilios. Le titre du chapitre nous indique suffisamment le but que Van Helmont y poursuit. Après avoir exposé et réfuté les opinions des Galénistes, l’auteur consacre la deuxième partie de ce chapitre à combattre la thérapeutique des Écoles. Il s’élève notamment contre l’abus et l’usage des saignées, sans lesquelles, dit-il, les Musulmans et les Indiens se portent très-bien : Quippe sub Imper iis Otlomannico, Abyssino Indiarum parte potissima, est venœseclio inusitata. Harum lamen nationum robora, agililates, promtitudinem, vigilanliam et laborum constantiam, tam ad agendum, quam lolerandum, discite ex ffisloriis (1). Il conclut cette partie de son ouvrage, en déclarant que c’est la nature elle-même qui doit guérir les maladies; il faut donc la soutenir, la tonifier et non l’affaiblir, comme le font les Écoles. Naturam esse morborum Medicatricem, eam confortandam ideo, non consternandam (2).

Le deuxième chapitre est intitulé : Superfetatio supplementaria ad liumorum fallaciam. Van Helmont aborde ici la critique de la théorie des Écoles sur le catarrhe. Comme nous le verrons plus loin, les Écoles rattachaient la plupart des maladies au catarrhe; il se formait dans l’estomac un mucus, qui se volatilisait et venait se condenser à la base du cerveau, pour tomber de là sous forme d’une pluie catarrhale dans les divers organes. Il combat également l’importance exagérée que les Galénistes attribuaient à la bile dans la production des maladies, et il finit le chapitre, en critiquant la théorie de la sanguification admise par les Ecoles.

Le troisième chapitre, intitulé : Bilis mencius vomitus, est la continuation de la discussion entamée dans le chapitre précédent ; Van Helmont

(1) Schol. Hum. Pass. Dec., I, 87, p. 801.

(2) Loc. cil., I, 88, p. 802.

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fournit de nouvelles preuves de l’inanité de la théorie des Ecoles sur l’influence pathogénique de la bile.

Le quatrième chapitre est intitulé : Uronomanlia Veterum. Van Helmont attache une grande importance à l’examen de l’urine des malades. Il recommande surtout la détermination du poids spécifique de ce liquide, comme élément de diagnostic.

Le cinquième chapitre, intitulé : Icterumnon a bile flava est consacré à combattre les théories humorales sur l’ictère et à exposer l’opinion que Van Helmont professait au sujet de celte maladie. Nous renvoyons pour cette partie de son œuvre au chapitre que nous consacrons à l’ictère dans la pathologie spéciale.

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