‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 25 sur 116 · III. DIGESTION · texte numérisé non relu

III. DIGESTION

Un point qui, dans la doctrine physiologique de Van Helmont, doit fixer tout particulièrement l’attention, est celui qui concerne la digestion des aliments.

Van Helmont admettait six périodes distinctes dans le processus de la nutrition. La première digestion s’opère dans l’estomac, où l’aliment se transforme en chyme, sous l’influence d’un ferment acide. Extra controversiam , est cihus et potus , una , parilerque dissolvi in cremorem plane diaphanum in cavo stomachi. Addo, id fieri vi fer menti primi, manifeste acidi à liene mutuati (1).

Le chyme acide ainsi obtenu passe dans le duodénum, où, sous l’influence du fiel, il se transforme en un produit salin : Fellis ergo fermento mutuatur quicquid in cremore fuit acidum, in salem urinœ (2). Tandem Cremor, e Pyloro in duodénum lahens, confestim inlra sphœram activitatis, a fellis inspiralione correptus, aciditatem sui in salem commutât , et aquosior ejus pars a meraciore fit segregalibis, qtiœ a renibus trahitur (3). — C’est le but de la deuxième digestion, de celle qui s’opère dans le duodénum.

A ce sujet, Van Helmont fait une longue digression, pour prouver que le fiel et la bile sont deux produits distincts : il fait du premier le contenu de la vésicule biliaire, et de l’autre la matière colorante que le foie retire du sang et que nous désignons aujourd’hui sous le nom de biliverdine.

La troisième digestion se fait sous l’influence du ferment hépatique dans les vaisseaux mésaraïques. Terlia igitur digeslio, fit prœside fermento hepatis , quod cœco Gas odore, sanguificationem in suo mesenterii slomacho incipit, ac tandem in venu cavaperficil (4).

La quatrième disgestion s’accomplit dans le cœur et dans l’aorte : le sang rouge y est soumis à un travail d’élaboration, qui le rend plus jaune

(1) Sext. Digest. olirn. human., 2,p. 167.

(2) Loc.cit., 23, p. 170.

(s) Loc. cit., 67, p. 176.

(4) Loc . cit., 89. p. 177.

et tout à fait volatil. Quarto porro digestio complelur in corde ejusque arleria; in qua élabora tione , ruhens , crassiorque venœ cavœ cruor, elaboratur , fit flavior et plane volalilis (1).

La cinquième digestion a pour effet la transformation du sang artériel en un esprit vital. Quinta aulem digestio transmutât sanguinem arteriaient in spiritum vitalem Archei , de quo sub Blas humano disserui, ut et sub spiritu vitœ (2). Elle s’accomplit dans tout le corps, mais plus spécialement dans le cerveau.

La quatrième et la cinquième digestion, en opposition avec les premières, ne laissent pas de résidus.

La sixième digestion s’accomplit dans les divers tissus du corps humain; l’archée puise dans le sang les éléments nécessaires pour la nourriture de chaque organe et transforme cette nourriture dans les tissus propres de l’organe. La sixième digestion alimentaire comprend donc les phénomènes ultimes et intimes du processus nutritif.

Les principes physiologiques que nous venons d’exposer, ont exercé une très-grande influence sur les doctrines médicales de Van Ilelmont. L’archée et le duumvirat jouent un rôle capital dans la pathologie de l’auteur flamand; et de môme qu’ils président dans letat de santé à l’accomplissement des fonctions des organes, de même ils président, comme on le verra dans les pages suivantes, aux altérations de ces fonctions à l’état morbide. C’est à leur modification qu’il faut rapporter les troubles que l’on observe dans les diverses maladies.

Pour ce qui concerne la digestion, il y a une différence radicale entre l’opinion de Yan Helmont et celle des Écoles du moyen âge. Ici tout était mécanique; selon le médecin flamand, c’est à l’influence des ferments qu’il faut demander l’explication des phénomènes de la digestion.

Si l’on examine dans ses détails la théorie qu’il chercha à introduire, on constate tout d’abord que les trois premières périodes de la digestion, celles qui s’accomplissent dans l’estomac, le duodénum et les veines mésentériques, sont très-clairement décrites par notre auteur;

(1) Se.it. Digenl. alim. human ., GO, |>. 177.

(2) Loc. cit.. 62, p. 177,

il insiste particulièrement sur l’acidité du suc gastrique et l’alcalinité de la bile comme des conditions très-favorables à la marche régulière de la digestion. A ce sujet les travaux des physiologistes modernes n’ont fait que confirmer les vues que le médecin flamand exprimait dans la première moitié du xvu® siècle.

Les trois dernières périodes de la digestion sont indiquées d’une manière moins précise. Cependant, si on examine la théorie à un point de vue général, on ne peut pas s’empêcher d’admirer la pénétration d’esprit de cet homme, qui — sans pouvoir préciser complètement sa pensée par suite du manque de moyens convenables d’investigation — a néanmoins déjà clairement entrevu et indiqué les différentes phases du processus nutritif, commençant à l’estomac pour se terminer dans les tissus du corps par le travail d’assimilation ultime. C’est ce dont on pourra se convaincre aisément, en lisant les chapitres qu’il consacre à l’étude de la classification pathologique, basée sur l’étiologie, (i).

Nous développerons dans le cours de ce travail, au fur et à mesure que l’occasion s’en présentera, les autres points de physiologie, moins importants au point de vue des doctrines médicales, sur lesquels Van Helmont a fixé son attention.

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