‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 26 sur 116 · I. IMPORTANCE D'UNE BONNE DEFINITION DE LA MALADIE · texte numérisé non relu

I. IMPORTANCE D'UNE BONNE DEFINITION DE LA MALADIE

Qu’est-ce que la maladie?

Cette question — d’une importance capitale en pathologie générale — devait nécessairement occuper une place considérable dans les travaux de Van Helmont. En effet, le réformateur de la médecine attachait une grande importance à la recherche d’une définition de la maladie. La médecine n’a de chances de pouvoir progresser ou de soulager les patients, que lorsque celui qui la pratique sait à quoi il a affaire. Les Écoles, tout en définissant

(1) Voir plus loin les maladies dues aux Retenta.

la maladie, n’attachaient cependant à cette définition qu’une valeur trèssecondaire; puisque leur traitement leur semblait parfait, elles ne se souciaient guère de chercher à définir la maladie. Pour elles l’insistance avec laquelle Yan Helmont revenait sur ce point était inexplicable; c’était s’amuser, disaient-elles, à de vaines discussions de mots; puisque toujours — quelle que soit la définition admise — le but, poursuivi par la nature et par le médecin, est identique : l’élimination d’une matière morbide et le retour à la santé.

Admettre ce dernier fait, comme la conséquence du premier, c’est déjà, comme l’a relevé Yan Helmont, — tout en voulant écarter comme oiseuse toute recherche de définition vraie, — admettre comme démontré que la maladie n’est que l’effet de la présence d’une matière morbide dans l’économie; c’est poser une définition, et qui plus est, une définition dont la conséquence ne se réduit pas à exercer de l’influence sur la partie purement scientifique de la médecine; mais dont les effets se font ressentir d’une manière incontestable sur le terrain de la pratique médicale.

Du reste, il est impossible qu’avec des points de départ erronés sur la nature de la maladie, la pratique médicale ne soit pas funeste au malade. Car du moment que l’on arrive au lit du patient, pour y traiter une intempérie, une dyscrasie ou une disproportion dans les humeurs — toutes choses qui ne répondent à rien de réel — la définition de la maladie n’est plus seulement une question de mots : il y va souvent de la vie du malade (1),

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