‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 27 sur 116 · II. ÉTAT DE IA QUESTION AVANT YAN HELMONT · texte numérisé non relu

II. ÉTAT DE IA QUESTION AVANT YAN HELMONT

Toutes les opinions produites antérieurement à Van Helmont, pour préciser la nature de la maladie, comme, du reste, toutes celles qui ont été avancées à des époques plus rapprochées de nous, peuvent se ranger en deux catégories bien distinctes :

1) Pour les uns, la maladie est le résultat d’une lésion de l’organisme. La raison d’être de la maladie est puisée ici dans l’état de l’organe et ne réside pas dans les modifications imprimées à une force active, inhérente

(i) Ignot. Hosp. IHorbus, 94, p. 40u.

à celui-ci. En d’autres termes, la maladie est le résultat de la lésion d’un organe, de même que la vie est le résultat de la fonction des organes sains. Ces principes sont admis par toutes les variétés de l’école organicienne, qui compte encore aujourd’hui de nombreux représentants.

2) Pour d’autres, la maladie provient d’un trouble des forces spéciales, propres à tous les êtres vivants, forces spéciales, que l’on a baptisées de différents noms : force vitale, archée (Van Helmont) âme (Stahl), etc. Ici la lésion n’est plus qu’un effet; pour qu’elle existe, il faut qu’elle ait été déterminée par la force spéciale, qui caractérise les corps vivants et les distingue des corps inertes. La maladie dans cette doctrine est une modalité de la force vitale, et de même que celle-ci à l’état sain produit les diverses fonctions de nutrition, de même à l’état morbide, elle détermine ces fonctions, mais troublées cette fois, et entraînant à leur suite par l’effet de leur trouble la lésion fonctionnelle. Quicquid in sanis edit actiones sanas, idipsum in morbis edit actiones vitiatas. Sur ces principes se basent les doctrines vitalistes.

Cette dernière opinion, datant d’Hippocrate, n’avait plus guère de représentants, car toutes les Écoles humorales du moyen âge s’étaient ralliées à la première. Pour elles comme pour Galien, morbus vel functionis vel structurée lœsio est. Encore ne comprenaient-elles le trouble fonctionnel que consécutivement à un trouble matériel — quantitatif ou qualitatif — des humeurs du corps. La maladie présupposait donc toujours l’existence d’une lésion organique comme point de départ. Les termes différaient; mais les principes restaient les mêmes.

En effet, si nous cherchons à préciser les doctrines de pathologie générale qui avaient cours au moyen âge, nous trouvons d’abord la définition suivante, presque universellement admise par les Écoles : la maladie consiste dans une certaine disposition de l’économie, qui détermine la manifestation des phénomènes morbides. Cette disposition spéciale dérive de l’intempérie des humeurs, c’est-à-dire d’une lésion matérielle, agissant comme cause morbifique. Il suit de là que la maladie provient d’un organe lésé et non pas de la cause de cette lésion : Adeoque tum morbuspotius

lœsœ actiunis, quant lœdentis actiones, vicem haheret (i). Les Écoles désignaient celte disposition morbide, engendrée par l’intempérie des humeurs, par le nom de diathèse. La diathèse était donc la seule et vraie maladie.

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