DES SYMPTÔMES ET DES PRODUITS
Van Helmont distingue bien soigneusement les symptômes de la maladie de ce qu’il appelle ses produits.
(1) Ignot. Hosp. Morbus , 77, 6°, p. 401.
(2) Loc. cit., 66. p. 599.
(3) Loc. cit., 77. 8°, p. 401.
Par produit de la maladie, il entend une modification matérielle dü corps, qui succède à la maladie, et qui est reliée à celle-ci par un rapport de cause à effet. Il consiste donc essentiellement dans un nouvel être — produit dégénéré de l’organe sain, — et une fois formé, il trouve en luimême en dehors de toute maladie la raison de son existence : car il conserve en lui les propriétés de la semence morbide. Producta etmorhorum effectus sunt generaliones séminales, dependentes sic à seminihus, quod horum proprielales référant (1).
Les Écoles avaient complètement négligé de faire cette distinction, et elles considéraient les produits de la maladie comme des symptômes de celle-ci ou comme dus à une nouvelle intempérie et à un nouvel afflux d’humeurs (2).
Quant aux symptômes, ce sont, d’après Van Iîelmont, des accidents, dus à une erreur de nos facultés (3) ; ils consistent dans les divers troubles de nos fonctions et de nos facultés (4). A ce titre on doit les considérer comme une manifestation qui doit être mitigée par l’archée, mais qui ne doit pas être traitée, quantum ex se est; car ils disparaissent avec la maladie, dont ils sont, comme le dit Van Helmont, en quelque sorte la signature. Distat denique morbi produclum à symplomate in hoc, qualenus hoc est fructus, mitigationem quidem ab ipso Archeo : non autem curationem postulat, quantum ex se est (5).
Il faut ranger parmi les symptômes la chaleur, le froid, le vertige, la douleur, l’insomnie, l’angoisse, le vomissement, etc. ; car ce sont là de simples accidents qui n’existent pas par eux-mêmes, et disparaissent avec les maladies qui leur ont donné naissance. Quodcalor, frigus , colores, etc., cum non sint causœ propriœ morbi, neque morborum vera producla : sed tantum accidentia symptomatica et signatures morborum, ideo nec per se subsistant eliam : sed ila à morbis dépendent , ut unà cum illis,
(1) Ignot. H os p, Morb., 77, 9°, p. 401.
(2) Loc. cil ., 74, p. 400.
(3) Loc. cil., 77, 7°, p. 401 .
(4) Loc. cil., 70, p. 599.
(5) Loc. cil ., 74, p. 400.
umbrœ instar, recédant. Utpote sunt errores luminis vilalis sive Blas erroneum, è morbis concilatum (i).
Le produit de la vie persiste après la mort, tandis qu’on ne retrouve plus le symptôme; celui-ci étant un phénomène essentiellement vital, ne peut persister en l’absence de la vie.