II. OPINION DE VAN HELMONT
Selon le médecin flamand, toutes les causes invoquées par les Écoles 1. Exposé, avec le secours de la matière peccante, ne sont que des causes occasionsionnelles, accidentelles des symptômes de la fièvre. L’archée seul est omnis alterationis opifex ; car, comme nous l’avons vu plus haut au sujet
(1) De febribus, II, 33, p. 743.
(2) Loc. cit. ,111, 4, p. 746.
(3) Loc. cit., III, 13 et 16, p. 748. '
(4) Loc. cit., III, 18, p. 748.
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de la pathologie générale, quidquid in sanis editactiones -semas, idipsum in morbis edit actiones vitiatas (1). Le même principe anime l’homme sain et celui qui est atteint de la fièvre.
Yan Helmont, pour mieux rendre son idée, emploie pour la représenter une image qui lui est familière, celle de l’épine implantée dans les chairs. Dans l’inflammation qui est la conséquence de la présence d’un corps étranger dans l’économie, c’est, la vie qui est la cause réelle, efficiente de tout le mal : le corps étranger n’est que la cause accidentelle. L’archée seul excite partout la fièvre : il s’allume lui-même — accendit nimirum seipsum Archeus — dans le but d’expulser la matière occasionnelle, qui agit tanquam sibi impactam spinam (2). Yan Helmont rejette donc toutes les théories humorales de la fièvre; pour lui, c’est l’esprit vital qui est Ximpetum faciens ductorque omnium , quœ in no bis contingunt (5).
La cause du tremblement observé pendant le frisson, est que l’archée veut excutere adhœrens parti simïlari excrementum. Mais s’apercevant bientôt qu’il gagne peu par les frissons, il excite le Blas alterativum à se manifester. De même que l’année commence en hiver, pour passer par le printemps et l’été à l’automne; de même tout ce qui existe dans la nature nous ofïre un commencement, un acccroissement, une période d’état et un déclin. C’est l’influence du Blas alterativum, qui préside à ces successions. Or, comme la nature suit en toutes choses un mode unique, c’est à ce même Blas alterativum que l’archée s’adresse, pour produire successiment le froid et le chaud.
L’archée ressemble ainsi au lutteur, qui pendant le combat s’arrête sus piriosus, se repose un moment, retrouve sa respiration ; puis ayant repris ses forces, arrache la victoire à son adversaire, qui paraissait plus favorisé. Tel est aussi le rôle de l’archée dans la marche de la fièvre : nciturali ductu univoco, Archeus in febribus sibi quietes per intervalla imper at, ac dein resumtis viribus et vicibus, hostem febrim nititur excutere (4).
(1) De febribus, I, 27, p. 741.
(2) Loc. cit ., I, 51, p. 741.
(a) Loc. cit., IX, l,p. 766.
(4) Loc. cit., IX, G, p. 76G.
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La partie qui se contracte d abord dans cet effort expulsif, est celle qui est le siège de la matière fébrile : on peut le constater à la région précordiale. En effet, dans la partie atteinte tous les vaisseaux contractent leurs fibres obliques quodam consensu : de là, le pouls lent, dur et peu développé, frigoris index ac opifex (1). Cette contraction n’est pas du reste un fait isolé ; elle est constante dans la nature : c’est ainsi qu’on la retrouve dans le scrotum, au moment où les matières excrémentitielles, — fécales ou urinaires, — arrivent aux sphyncters. Or, il est tout aussi naturel de voir les vaisseaux malades se contracter, pour expulser le produit qui les irrite.
A ce sujet, Van Helmont établit une distinction très-nette entre les deux espèces de mouvements, que l’on peut rencontrer dans les muscles : l’un, le mouvement volontaire; car les muscles sont clientes vohmtatis ; • — l’autre, se produisant invita voluntate (2). C’est cette seconde espèce de mouvement qui se produit par intermittences, et que l’on observe dans le tremblement fébrile, la jactitation, le tremblement sénile et celui des buveurs, — potatorihus familiaris. Des deux facultés motrices, propres aux muscles, l’une se repose quamdiu musculi benè se habent; mais elle entre en jeu velnt auxiliaris, in occursu rerum sibi molestarum (3).
Revenons à notre sujet. Comme Van Helmont l’a dit plus haut, c’est l’archée qui est la cause première du tremblement de la fièvre : omnem motum, tam in sanis quàm in œgris, immédiate profcisci constitutive, et efficienter, ab Impetum faciente Archeo ; occasionaliter vero à causis occasionalibus (4).
Rien ne se meut de soi dans la nature, sauf l’archée, primus motor animantis ; mais, une fois qu’il a communiqué son impulsion, celle-ci se conserve et se continue propria virtute dans les organes, quœ sub sphœra activitatis suœ continentur. Après avoir excité le Blas frigoris et le Blas coloris, l’archée détermine l’expulsion d’urines troubles et épaisses.
On observe encore d’autres phénomènes, dus à son influence : ainsi il se
(1) De febribus, IX, 7,p. 766.
(2) Loc. cit ., IX, 8, p. 767.
(3) Loc- cit., IX, 9, p. 767.
(4) Loc. cit., IX, 10, p. 767.
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