IV. CAUSES OCCASIONNELLES DES FIÈVRES
Van Helmont, après avoir déterminé ainsi le siège des fièvres, a cherché à en connaître les causes occasionnelles. Pour lui, il y a deux espèces de causes occasionnelles :
1° Comme il l’a démontré dans la partie physiologique de son Ortus Medicinœ , le sang est un composé naturel et simple; et non le résultat du mélange de quatre éléments. Dans la dernière digestion des aliments, tandis que les parties solides du corps cherchent à retirer leur nourriture du sang, il se produit souvent des dégénérescences de cette nourriture, relut ahortus prœposteros. Or, cet aliment dégénéré, subissant ainsi diverses déviations de sa transformation normale, engendre aussi les diverses espèces de fièvres.
Celles-ci ne proviennent donc ni de la bile, ni de la pituite, ni du cruor putréfié; mais de causes secondaires, non putrides, et nées de la dégénérescence des aliments pendant le cours de l’assimilation. Cette dégénérescence elle-même peut être due à trois causes : l’adjonction d’un corps
0) Defebribus , X, 8, p. 770.
PATHOLOGIE SPÉCIALE DE J. H. VAN HELMONT
étranger, une impression passagère, ou enfin une erreur de l’archée indigné.
2° Nous trouvons dans l’état des vaisseaux mésaraïques la seconde cause occasionnelle des fièvres, admise par Van Helmont. Les veines mésaraïques, répandues sur toute l’étendue des intestins, ont pour fonction d’y sucer le liquide nourricier. Comme dans les parties inférieures des intestins, à la fin de l’iléon et dans le gros intestin, il n’y a plus guère d’aliments, mais plutôt des matières fécales; les veines y absorbent un ens kactemis anonymum, quapropter illi novum nomen dare debui (i). Van Helmont donne à ce produit le nom de scorie ou stercus liquidum. C’est cette scorie qui communique à l’urine sa coloration. Aussi longtemps qu’elle est transportée à la vessie, comme à son émonctoire naturel, tout va bien; mais si obliqué alià feratur, il s’ensuit une lièvre continue : tant parce que de sa nature cette scorie est un excrément, que parce qu’elle occupe une place indebito (2).
Telles sont les deux causes occasionnelles auxquelles Van Helmont attribuait la production des fièvres. La première de ces causes, c’est-àdire la déviation du processus ultime de la digestion, donne lieu aux fièvres intermittentes. La combinaison des deux causes occasionnelles donne naissance à des fièvres bâtardes, hepialas, hemitritœas, sesquialteras et erraticas (5).