I. OPINION ADMISE AVANT VAN HELMONT
La source des catarrhes, d’après les théories universellement admises par les Écoles au temps de Van Helmont, se trouvait dans un état trop froid de l’estomac et dans une trop grande chaleur du foie. L’estomac constamment échauffé par ce dernier organe, dégage des vapeurs qui se rendent à la base du cerveau; celui-ci, froid de sa nature, agit à l’instar du couvercle d’une cornue, sur lequel les vapeurs se réduisent à l’état d’eau ; comme celle-ci doit descendre en vertu des lois de la pesanteur, elle fournit en tombant dans les divers organes une abondante matière qui donne lieu à la production des catarrhes (4).
Cette matière tombe sous forme de pluie muqueuse dans les yeux, les oreilles, sur les amygdales, les dents et y détermine de la gêne. Si elle
(!) Defebr., XII, 8, p. 775.
(2) Loc. cit., XII, 10, p. 773.
(3) Loc. cit., XII, 7 et 9, p. 773.
(4) Catarrhi deliramenta, 14. p. 348.
PATHOLOGIE SPÉCIALE DE J. 13. VAN HELMONT
tombe dans le poumon, elle donne lieu à la toux, à la phthisie, aux palpitations du cœur, à la mort subite.
Si elle tombe dans l’estomac, celui-ci recueille les tristes fruits de sa faute, sous forme d’inappétence, de vomissements, de cardialgies, d’obstructions, de diarrhées, de choléra, de coliques, d’atrophies, d’hydropisies, de squirrhes et de toutes les maladies propres à cet organe.
Il n’est pas jusqu’aux fièvres, jusqu’aux calculs rénaux et vésicaux, qui ne puisent leur origine dans les mucosités catarrhales des Écoles.
Si ces mucosités arrivent dans le sinus du cervelet, on observe la mort subite, l’apoplexie et les paralysies.
Si elles se rendent par la nuque aux nerfs, aux vaisseaux, aux artères, aux muscles, on observe les diverses formes de l’arthritis, la pleurésie, les paralysies partielles et les convulsions.
Les accidents chirurgicaux eux-mêmes se ressentent de l’action des mucosités des catarrhes, qui peuvent donner lieu à toutes sortes de plaies et d’ulcères.
Si les mucosités ne s'écoulent pas, il se produit de l’assoupissement, du coma, de la léthargie, des vertiges, l’apoplexie, la perte de la mémoire et des facultés sensoriales.