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III. CORYZA

Des variétés de catarrhes, celle que l’on rencontre le plus fréquemment est le coryza. Van Helmont s’arrête surtout à la description de cette maladie, pour faire bien comprendre ses idées de pathologie générale sur les catarrhes.

Au début du coryza, le mucus est plus ou moins aqueux ; mais il ne tarde pas à s’épaissir et à protéger ainsi plus efficacement la muqueuse des

(1) Cust. Err ., 24, p. 209.

(2) Loc. cil., 50, p. 210.

voies aériennes contre les atteintes répétées de Pair extérieur (1). Plus la maladie dure longtemps, plus la muqueuse devient susceptible d’obéir à l’impression de l’air. Si le malade ne se soigne pas, il arrive un moment où la sécrétion du mucus n’est plus suffisante pour la préserver : Jam titubât custos (2). La sécrétion change alors complètement de caractère; son épaisseur augmente; et elle finit même, dans certains cas, par ressembler à l’albumine de l’œuf. On dirait que le custos, ne trouvant plus dans la masse liquide du sang assez d’éléments pour en fabriquer le mucus protecteur, va les puiser jusque dans la substance alimentaire qui sert à la nutrition intime (5). Les fosses nasales finissent ainsi par être complètement obstruées par un mucus jaune et épais : canalis ad organum olfactus site os spongiosum, totum alieno hospite obturatur (4).

Le coryza atteint non-seulement l’odorat, mais encore le goût, et cela au point que l’on ne puisse plus reconnaître la saveur des clous de giroffle.

Le mal s’étend parfois au cerveau même; il n’est pas rare de constater dans ce cas une toux, due à l’influence du cerveau sur le larynx. Cette toux, dépendant directement du coryza, est un phénomène réflexe, indépendant d’une lésion organique du larynx.

IV. TRAITEMENT DU CORVZA ET DES AFFECTIONS BRONCHIQUES ET PULMONAIRES CHRONIQUES.

Van Helmont recommande, quand le coryza vient de se produire, d’aspirer le plus tôt possible un sternutatoire, composé de parties égales d’hellébore noir et de sucre ; il s’en est toujours bien trouvé (5).

Le traitement à l’examen duquel il consacre le plus de temps, est celui qui convient pour calmer -la toux. L’auteur rejette comme inefficaces les décoctions de plantes béchiques, que les Écoles recommandaient beaucoup.

(1) Asthma et Tussis, 65, p. 298.

(2) Cust. Err., 34, p. 210.

(3) Loc. cit.

(4) Ast/pna et Tussis , 66, p. 298.

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Elles avaient encore recours à des préparations sucrées ; elles préconisaient les sirops, les loochs et d’autres préparations émollientes, dans le ridicule espoir que ces substances se rendraient directement dans le poumon : sper antes (ridiculum id suo loco ostendi) lente deglutiendo, salivain cum eclegmate delabi per rimam vocis, in laryngem (1). Van Ilelmont a fait justice de ces opinions purement théoriques.

Les narcotiques soulagent la toux et sont souvent avantageux dans quelques cas de coryza; aussi notre auteur en recommande-t-il l’emploi dans certaines circonstances.

Dans les toux qui dépendent de pleurésie, de péripneumonie, le poumon ne peut se débarrasser des mucosités qui le remplissent que par la toux ; si la toux n’expulse pas les crachats, ceux-ci déterminent une vomique et la consomption. C’est ce qui arrive souvent, quand le patient mène une vie sédentaire. Aussi Van Helmont conseille-t-il l’exercice à ceux qui souffrent de catarrhes pulmonaires, afin d’activer la respiration et de faciliter ainsi l’expulsion des excréments logés dans le poumon.

Nous verrons plus loin, dans la partie consacrée à la thérapeutique générale, les étranges propriétés pharmacodynamiques que les Écoles reconnaissaient à certaines substances. Nous trouvons un exemple frappant de la singularité de leur thérapeutique dans le traitement qu’elles recommandaient contre l’oppression habituelle dans certaines maladies pulmonaires : elles prescrivaient hardiment l’usage interne des poumons de renard. Elles basaient leur croyance à l’utilité de ce moyen sur ce curieux raisonnement, que le renard étant un animal très-agile et infatigable, ses poumons doivent jouir des mêmes propriétés : nesciœ enimpenitus Scholce harumque dispensatoria, quod pulmo sit tantum aëris cribrum , nec quicquam prorsus adminiculi ferai, ad motus diuturni inspirationes (2). Autant croire, dit Van Helmont, que l’on soulagera le boiteux ou le paralytique, en lui faisant prendre chaque jour des pieds de lièvre ou de cerf. Nesciœ [Scholœ) inquam , quod

(1) Cust. Err., 57, p. 211.

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claudicanti vel paralyiico , nil tribuat solaminis , et si pedibus leporis aut cervi vesceretur quolidiè (i).

Les Écoles recommandaient encore contre la toux opiniâtre, symptomatique de catarrhes bronchiques invétérés, l’aloès, le safran, la myrrhe, le vitriol brûlé, les alcalis, etc. Tous ces agents sont également inefficaces, et selon Yan Helmont, c’est aux arcana majora qu’il faut avoir recours dans ces cas, à cause de leurs propriétés toniques : renovativa et ad generis amplitudinem assurgentia (2).

Le soufre fut introduit dans la pratique par les chimistes; ils avaient remarqué que la terre se dessèche là où se produit cette matière, et ils espéraient que le mucus se dessécherait également par l’administration de la fleur de soufre (3). Yan Helmont tout en rejetant complètement l’explication ridicule des chimistes, admet cependant l’utilité du soufre dans certains cas de maladies chroniques des poumons. Nous insistons sur ce point, parce que deux siècles plus tard, Bordeu devait proclamer comme le plus utile de tous les traitements l’emploi des sulfureux dans les affections pulmonaires chroniques.

Le médecin flamand, en s’occupant du régime à faire. observer dans les affections bronchiques rebelles, s’écarte encore de l’opinion reçue par les Écoles. Il insiste beaucoup sur l’avantage qu’il y a à mettre les malades à la diète ; Abstinenlia et satietas multi cibi enchymi, fœcunda sunt tam ad sanandum, quàm inftrmandum media (4).

Les tisanes d’orge, de salsepareille, de quinquina, etc., exercent une bonne action, surtout à vera nutritione, ciboque enchymo suhstantîali, atque spermatico (5). Yan Helmont recommande cependant de ne pas prendre beaucoup de liquides; il considère même l’abstention de boissons comme un agent plus utile que les vésicatoires et les mixtures des Écoles : Possent nimirum parcimonia ciborum plus efficere quàm omni pellis

(1) Cust. Err., 38, p. 211.

(2) Asthma et Tussis, 69, p, 299.

(3) Cust. Err., 39. p. 211.

(4) Asthma et Tussis , 73, p 501 .

(5) Loc. cit., 73, p. 501.

AU

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laceratione, aut truculent a ignium ambustione, vel lignorum , radicumque harhararum potu (1).

auières. Un usage très-répandu à celte époque, beaucoup plus qu’à l’époque actuelle, consistait à appliquer un cautère au bras des malades atteints d’affections bronchiques ou pulmonaires chroniques. Les Écoles espéraient par la suppuration déterminée par ce moyen, évacuer les humeurs morbides de l’économie. Yan Helmont tout en rejetant l’explication, admet cependant l’utilité du moyen dans certains cas très-opiniâtres, dans lesquels l’expectoration est très-abondante : pour lui le cautère n’agit nullement sur la maladie elle-même; il se borne à diminuer la masse liquide en circulation, et par suite l’aliment, qui sert de matière première aux mucosités expectorées : non sanè, quod descendentem Catarrhi materiam évacuent, aliô diverlant, diducant aut traitant; sed quatenus tolalem massant minuunt tam Laticis, quàm cruoris alimenlarii (2).

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