I. ASTHME DES FEMMES
L’asthme est si fréquent chez la femme, quodomnem uteri Arithmum ( qui permultiplex est ) Scholœ dicaverint uteri prœfocationibus , unoque relut capite, ingens volumen morhorum prœteriisse voluerint (2).
Il est des femmes qui sont atteintes d’une difficulté extrême de la respiration, quand elles respirent des odeurs suaves pour couper court à des céphalalgies ou à des menaces de syncope; — chez d’autres on observe le même effet sous la seule influence du vent du Nord; — chez d’autres enfin, l’asthme se produit sous l’influence de la colère, de la tristesse, etc.
Pour expliquer ces faits, les Écoles accusaient toujours la pituite, depluentem scilicet in pulmones. Elles disaient qu’il s’élevait de l’utérus des vapeurs corrompues qui, par elles-mêmes et d’autre part par l’estomac, suscitaient d’autres vapeurs; tout le mucus expectoré, considéré comme la cause de l’oppression, provenait delà condensation de ces dernières.
Les Ecoles, dans l’étude de cette maladie, se sont tout à fait trompées sur l’influence exercée par l’utérus sur l’organisme entier. Toute l’économie de la femme est régie par cet organe; de même que la lune solo adspectu aquis præsidet, — de même uteri vita atque polestas loti imperet mulieri (5).
L’utérus vit d’une vie propre et ne connaît d’autre ennemi que les passions de l’àme ( animi pathemata). L’influence de ces passions se traduit en différents organes : tantôt les nerfs, tantôt les intestins, les os, les viscères et les membranes sont agités par l’utérus troublé par les passions.
(1) Jsthma et Tussis, 9, p. 289.
(2) Loc. cit ., 10, p . 289.
(3) Loc. cit., 15, p. 289.
PATHOLOGIE SPÉCIALE DE J. K. VAN HELMONT
Van Helmont rapporte différents faits qui prouvent jusqu’où peut conduire l’action des troubles nerveux de cause utérine : c’est ainsi qu’il a vu des luxations se produire pendant les convulsions. On peut encore attribuer à l’influence de l’utérus beaucoup de cas d’apoplexie, de paralysie, de coliques, d’hémicrânie, etc.
Les Ecoles traitent en vain toutes ces affections par des remèdes énergiques; on pourrait même dire qu’elles les négligent; car elles en ignorent la cause première. Elles ne peuvent pas comprendre une si grande influence de l’utérus, comme si par une étrange prérogative, le gosier seul devait obéir aux ordres de ce viscère.
Le sexe féminin est donc doublement éprouvé : duplices corruptœ naturœ pœnas tolérât, — puisque indépendamment des maladies communes à l’homme, la femme est encore sujette à toute une série de maladies de cause utérine.
D’après la description de Van Helmont, X asthme propre aux femmes ne serait constitué que par les symptômes d’oppression et de suffocation, que l’on rencontre si souvent dans l’hystérie. Ce serait en un mot une variété de cette dernière maladie.