‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 62 sur 116 · III. TRAITEMENT DE l’aSTHME · texte numérisé non relu

III. TRAITEMENT DE l’aSTHME

Les Écoles avaient fait complètement fausse route dans le traitement qu’elles avaient institué contre l’asthme. Les remèdes étaient tous appliqués sur la tête, afin que celle-ci ne fabrique, n’envoie ou ne laisse pas tomber dans les poumons ces matières catarrhales, que l’on rencontre dans l’asthme. Autant vaut dire que les malades n’étaient pas traités, puisque les soins donnés ne tendaient aucunement à corriger cette faculté corruptrice, qui, d’un bon aliment pulmonaire, fabrique des mucosités catarrhales nuisibles. Comme dans toutes les maladies, l’ignorance des Causes fit que les Écoles dirigèrent leurs efforts thérapeutiques contre l’effet de la maladie.

Voulant à tout prix nettoyer les tuyaux bronchiques obstrués par les mucosités, elles avaient recours à des sirops très-lourds, dans l’espoir qu’il en tomberait une partie dans le poumon. Erreur d’autant plus inconcevable, que les Écoles savaient que les aliments liquides passent directement

(i) Astlima et Tussis, 61, p. 297.

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dans l’eslomac, sans que rien pénètre dans le poumon. Du reste, elles ne pouvaient pas ignorer, que même si ces remèdes béchiques arrivaient dans la poitrine, ils y auraient causé plus de trouble que les produits excrémentitiels qui s’y accumulent peu à peu. On aurait ainsi tout au moins ajouté un nouveau mal au mal déjà existant (i).

Les Écoles avaient recours à de nombreux expectorants, parmi lesquels ils affectionnaient surtout les roses, le peuplier blanc, les poumons de renard, etc.; mais ces moyens ne remplissent nullement l’indication curative. Celle-ci veut, en effet, le rétablissement de la fonction lésée. Or, les moyens qui procurent une expectoration plus facile, attaquent la maladie a tergo et seulement dans ses effets. Toute l’erreur des Écoles dans le traitement de l’asthme provient de là : elles croyaient que les remèdes à employer contre la toux sont ceux qui réussissent dans l’asthme; tandis que ces deux maladies diffèrent immensément et sous tous les rapports dans leur principe et dans leurs causes (2).

Résumant son opinion, Van Helmonl dit qu’il est cruel de proposer dans cette maladie un remède capiti catarrhoso vel stomacho evaporanti (5). Il faut éviter, surtout dans l’asthme sec, de solliciter l’expectoration par tous les moyens usités : illinctus, loochs, sirops, saignée, purgatifs, etc.; en un mot, il est inutile de recourir aux remèdes employés contre la toux (4). Les saignées et les purgatifs sont mauvais, non-seulement parce qu’ils n’ont aucune action sur la maladie, mais surtout parce qu’ils diminuent les forces du malade. Il faut également rejeter comme inefficaces les remèdes proposés par Paracelse dans son lva.\lê de Aslhmate : le tartre, le soufre, la mélisse, etc. J’avoue, conclut Van Helmont, que par l’emploi de tous ces moyens, je n’ai guéri personne, delusisse verà quoiquot se meœ ignorantiœ confisi sunl (5); et je ne comprends pas que tant d'esprits éminents n’aient pas encore dit adieu à toutes ces idées fausses.

(1) Asthma et Tussis, 3 à 6. p. 288.

(2) Loc. cit., 8, p. 289.

(3) Loc. cit., 36, p. 292.

(4) Loc. cit., 57, p. 292.

(5) Loc. cit., 59, p. 293.

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Yan Helmont préconise contre l’asthme sec les préparations métalliques ou arcana, dont il recommande aussi l’emploi dans les cas d’épilepsie. Quant à l’asthme humide, c’est aux toniques surtout qu’il conseille d’avoir recours, pour diminuer la sécrétion et tonifier la muqueuse. Remedia Aslhmati debentur sicco, quœ Epilepsiœ inveteratœ. Magna autem confortativa, et restaurativa tam respecta Pulmonis, quàm custodis , requiruntur pro Asthmaie humido (î).

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