II. OPINION DE VAN HELMONT
Nature de la pleurésie. — Pour Van Helmont, il y a deux choses à
(1) Asthma et Tussis, 64, p. 298.
(2) Pleur, fur., 6, p. 317.
(3) Loc. cit ., 11, p. 318.
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considérer dans la pleurésie : la cause interne, point de départ, et la cause de la lésion pleurale : Ego autem in pleuritide considero primum motorem internum, sire calcar; ac dein Laceratorem pleur œ. Et utrumque unnm idemque efficiens sui, ipsam voco pleuritidem (i). Il admet que le sang afflue au point malade et que cet afflux de sang donne lieu à la production d’un apostème ou d’un épanchement; mais c’est déjà un effet de la maladie, c’est un produit; et pour faire comprendre son idée, il a recours à son image favorite, l’épine implantée dans les tissus vivants. Le premier effet qui en résulte, est la douleur; l’afflux de sang succède à ce premier phénomène et entraîne lui-même à sa suite la tuméfaction de la partie, un épanchement, et bientôt la fièvre. Spina ergopost se movet cœtera (2).
Il en est de même pour la pleurésie ; et pour continuer à nous servir de son langage métaphorique, l 'épine pleurétique est un acide particulier formé par l’archée, et qui entraîné par le sang, va bientôt, en se déposant à un point de la plèvre, donner lieu à un épanchement que l’on doit considérer lanquam Pleuritidis production.
Autant l’acidité est agréable à l’estomac, autant elle est nuisible quand on la rencontre hors de cet organe. On doit attribuer les coliques intestinales, la strangurie, les douleurs goutteuses, etc., à une acidité anormale, prœter naturam. Quand elle se produit dans les liquides du corps, elle détermine la pleuritidem notham. Car si l’archée suscite le développement d’une réaction acide dans le sang, cet acide est rejeté de l’intérieur de la veine et engendre un apostème, c’est-à-dire un épanchement partout où il se dépose. Si le sang s’acidifie, il ne tarde pas à se coaguler, ce qui est trèsdéfavorable dans les cas dont nous nous occupons (3).
Pour que celte acidification se prononce, quelque légère qu’elle soit, il faut que l’archée ait été infecté par un poison acide endémique respiré ou développé dans le corps ; c’est la cause efficiente et réelle de la pleurésie : Hoc inquam est calcar efficiens atque vera Pleuritidis (4). C’est
(1) Pleur, fur., 13, p. 519.
(2) Loc.cit.. 15, p. 319.
(3) Loc. lit., 14, p. 319.
[i) Loc. cit., 17, p. 520.
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ce que Hippocrate a senti, quand il a dit : Non calidum, frigidum , humidum siccumvè morbi sunt; sed quod acre , amarurn , acidum et austerum est (i).
Van Helmont dit avoir été amené à conclure à la présence d’un acide dans les cas de pleurésie par ces faits, que l’urine se trouble dès son expulsion, et que le sang recueilli par la saignée se prend de suite en couenne, ce qui est l’effet observé à la suite de l’action d’un acide sur le sang.
L’acide, déposé dans un point de la plèvre, y détermine de la douleur. Or, la convulsion est l’accompagnement constant de la douleur. Aussi le pouls ne larde-t-il pas à devenir dur. Dans tout mouvement respiratoire, dit l’auteur, la plèvre s’éloigne des côtes; or, chaque fois que la plèvre s’éloigne ainsi de la face interne des côtes, le sang envahit cette partie et la reproduction de ce phénomène amèn/e bientôt la formation d’un épanchement sanguin. Cet épanchement devient acide et ne tarde guère à se coaguler. Si la réaction acide existe dans le sang de la veine arlérieuse (artère pulmonaire), comme celle-ci constitue les vaisseaux pulmonaires, on observera la péripneumonie. Van Helmont nous parait confondre ici les artères qui nourrissent le poumon et celles qui ne servent qu’à l’élaboration du sang dans cet organe.
La pleuropneuïnonie ne diffère de la pleurésie ni par les causes occasionnelles, ni par le traitement. Dans la pneumonie, le sang s’épanche dans le parenchyme pulmonaire et y agit juxta spinam pleuriticam .