‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 78 sur 116 · II. CRITIQUE ET OPINION DE VAN IIELMONT · texte numérisé non relu

II. CRITIQUE ET OPINION DE VAN IIELMONT

Van Helmont s’est élevé avec la plus grande force contre une pareille théorie, que rejettent à la fois, dit-il, l’observation clinique et l’anatomie pathologique (2). Selon lui l’apoplexie n’est pas une obstruction du ventricule par la pituite; ce n’est pas une conséquence nécessaire, passive d’un épanchement comprimant le cerveau. C’est plus qu’une lésion; c’est une affection ayant une origine bien positive : Veris ac seminalibus constat principiis (5). — Originem Apoplexies esse positivam : non autem privativam, vel oppilationem sinus cerebelli , faclam per phlegma isthuc repente decidens (4). Van Helmont établit sous ce rapport une distinction radicale entre l’apoplexie et les paralysies consécutives aux luxations des vertèbres, à la pendaison, etc. (s).

C’est une maladie qui a son siège à la région précordiale, et n’agit sur le cerveau que consécutivement à l’influence que les parties inférieures exercent sur cet organe. Apoplexies limen est in prœcordiis ; in cerehro autem, non nisi per deuteropathiam, quâ cerebrum mcissim auscultât inferiorum regimini (6).

Van Helmont a été amené à cette opinion par l’observation attentive des

(1) De Lii/i. , IX, 42, p. 718-

(2) Loc. cit., IX, 49, p. 720.

(3) Loc. cit., IX, 77, p. 727.

(4) Loc. cit., IX, 31 , p. 720.

(5) Loc. cit., IX, 80, p. 727.

(e) Loc. cil.j IX, 32, p. 720.

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cas de vertige, qui sont à ses yeux un premier acheminement vers l’apoplexie. Ainsi il a vu que le vertige du mal de mer et de la congestion cérébrale est levé par des vomitifs, qui constituent le meilleur mode de traitement dans ces cas. Sujet moi-même au mal de mer, dit-il, in me ipso experiebar, verliginem , etiam lœso capite , à stomacho, adeoque à duumviratu suscitari atque foveri (î).

Les causes occasionnelles des vertiges résident dans l’hypochondre, d’où elles influent sur le cerveau même. Harum rotationum [vertiges) causœ occasionales perstant in hypochondriis : unde vi regiminis , ipsum cerebrum, non aulem mentis abstractas facidtates in spiritibus immédiate sigillatas , vitiant (2).

Nous venons de dire que l’apoplexie est consécutive h une altération de sécrétion de l’estomac. A la suite de ce trouble fonctionnel il se produit un venin que Van Helmont appelle anodin apoplectique : generatur autem anodynum apoplecticum,per modum cœterorum naturalium (5). Sous l’influence de cette production il se forme dans l’estomac une matière excrémentitielle qui irrite l’archée; cette irritation de l’archée donne naissance à l’apoplexie : unde confestim, tanquam ictu jaculi suscitatur Apoplexia (4).

La maladie est donc déterminée occasionaliter par une cause virulente conçue dans l’estomac. Celte cause virulente s’y perfectionne et infecte l’archée de cet organe. Dès lors, celui-ci porte son action sur le cerveau qu’il abat. Le cerveau ne souffre donc que consécutivement à la lésion de l’estomac. Generatur occasionaliter ex prœludio virulento anodyno et cadaveroso , in prœcordiis prœconcepto. Quod , dum suam ibidem acquisivit perfectionem, maturilatemque requisitam, inficit Archeum loci, qui statim eà ipso vires cerebri super at et consternât. Non autem quod cerebrum primarià la -

(1) De Lit h., IX, M, p. 72t.

(2 ) Loc. cil IX, o4, p. 721.

U) Loc. cit., IX, (59, p. 724.

(4) Loc. cit. , IX, 09, p. 72 J.

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boret, subditasque partes in conspirationem snœ necis Irahat (1).

Suivant Van Helmont, le point de départ de l’apoplexie se trouve donc dans l’état de l’estomac, et la maladie siège dans l’archée épigastrique : Locus nalivitatis Apoplexiœ in prœcordiis est... Locus ergo Apoplexiœ in Archeo prœcordiorum est (2). Si la pituite était cause de la paralysie qui accompagne l’apoplexie, cette paralysie serait ambulatoria , parce qu’elle devrait se déplacer par suite des mouvements du malade. En effet, la pituite, inobediens excrementum , se portant à droite ou à gauche, occasionnerait nécessairement aussi le déplacement de la paralysie, ce qui n’arrive pas. Voilà la meilleure preuve, que c’est dans les organes mêmes, dans leur Archée vital et non dans une pituite imaginaire, qu’il faut chercher la cause effective de l’apoplexie et de la paralysie qui en résulte. Unde palet in ipsis organis, Archeo scilicet vitali, non autem in pituità fictâ illius sinus, occultari rationem effectivam, cur Archeus Apoplecticus semper suam pedissequam Paralysin ad latus fiectat (3).

Van Helmont range donc l’apoplexie dans la classe de ses maladies archéales; comme toutes les maladies héréditaires, elle peut atteindre une famille entière. Apoplexia latet actualiter in Archeo , sive semine, per modum morborum hœreditalium, adeàque et grassari sic, per intégras familias (4).

Notre auteur considère la brièveté du cou comme une cause occasionnelle de l’apoplexie : Brevitas colli non conlinet nudum signum, aut prœdictionem Physiognomiœ : sed insuper causant aliquam occasionalem (5). Nous nous bornons à signaler ce détail sans entrer dans la critique de la cause qu’invoque Van Helmont pour expliquer cette influence de la longueur du cou sur l’apoplexie; car cette cause doit, croyons-nous, être rangée dans la catégorie de celles que Van Helmont attaque si vivement, si victorieusement aussi dans les doctrines des Écoles.

(1) De Lit/i., IX, 81, p. 727.

(2) Loc. cit., IX, 70, p. 723.

(3) Loc. cit., IX, 78, p. 727.

(4) Loc. cit., IX, 76, p. 727.

(5) Loc. cit., IX, 64, p. 724.

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