‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 81 sur 116 · I. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

I. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Les ulcères sont le résultat d’une blessure mal soignée, d’une contusion, d’un aposthême abcédé, ou enfin d’un venin engendré dans l’économie qui se manifeste à la peau par ses propriétés malignes.

(1) De Morb. Archeal., 17, p. 440.

(2) Jus Duumvir., 52, p. 248-

(3) Ignot. Hosp. Morb., 27, p. 595.

(4) Imago fermenti imprœgnat massam semine , 17, p. 95.

(5) Confirmât, morbor. sedes in anim. sensitiv., 5, p. 449.

(6) De conceptis, 12, p. 485.

(7) Confirm. morbor. sedes in anim. sensitiv., 12, p. 450.

(s) Ort. imag. morbos., 9, p. 442.

(9) De morb. archeal., 17, p. 440.

PATHOLOGIE SPÉCIALE DE J. D. VAN HELMONT

Les Écoles se sont efforcées de prouver que les ulcères proviennent d’humeurs fabriquées par le sang et les chairs à la suite de l’intempérie d’un des viscères de l’organisme. Pour elles, comme pour Galien, l’ulcère fournit deux produits d’excrétion : l’un assez liquide, l’ichor ou la sanie; l’autre plus consistant, le pus (i).

Appliquant ces idées à la pratique, elles disaient qu’il fallait recourir à deux agents thérapeutiques pour guérir les ulcères : l’un qui jouisse de la propriété de dessécher la plaie en absorbant la sanie; l’autre qui enlèverait le pus (2). Le traitement des ulcères se réduisait donc pour les Écoles à une thérapeutique toute locale. A leur point de vue, la guérison de l’ulcère était obtenue, quand on avait enlevé les excréments fournis par la plaie : on n’avait pas à s’occuper de la cause générale qui entretenait ou avait provoqué celle-ci, de la racine du mal, comme dit Van Helmont (3).

Selon notre auteur, la sanie et le pus sont le produit de la semence ou de la racine de l’ulcère : Sunt producta seminwrn sive radicum ulceris (4). Aussi tout traitement est-il inefficace s'il ne vise pas à atteindre la cause première de ce dernier. C’est ce que l’on observe surtout dans les ulcères dénaturé maligne. Le pus et la sanie ne sont que des produits dérivant d’une viciation du sang. Celui-ci, qui arrive dans la partie ulcérée pour la nourrir, ne peut pas y subir l’élaboration propre à le convertir en substance alimentaire ; sous l’influence du ferment ulcératif qui s’y trouve, il dégénère et se transforme en pus, non dans la cavité même de l’ulcère, mais dans la partie où siège le ferment corrupteur. Transmutatur cruor in radice partis , qua corruplor locatur residetque ; non autern in ipsa ulceris cavitate sire alveo (5). S’il en était autrement, il faudrait que le sang s’épanchât dans la cavité de l’ulcère pour ne s’altérer qu’à cet endroit, ce qui est inexact. S’il arrive que l’ulcère saigne, cela provient d’une irritation mécanique de la plaie qui a déterminé la lésion d’une veinule.

(1) Scab. et ülcer. Sc/iol., 13, p. 237.

(2) Loc. cit ., 14, p. 237.

(3) Loc. cit., 16, p. 238.

(4) Loc. cit., 17, p. 238.

(5) Loc. cit., 19, p. 238.

PATHOLOGIE SPÉCIALE DE J. B. VAN HELMONT

Nous insistons sur ce point, parce qu’il prouve que Van Helraont avait entrevu d’une manière très-nette l’existence d’une membrane pyogénique, à laquelle il attribuait une grande importance. Le sie'ge de toute ulcération se trouve dans le fond et les bords de l’ulcère. La cavité ulcéreuse ellemême qui, aux yeux de la généralité des médecins, constitue l’ulcère même, n’est qu’un produit négatif de ce dernier. Radix ergo cujusque ulceris est in fundo et labris, sive margine, id est : parlibus cavitati

finitimis habitat Ipsa autem cavitas ejus, quœ vulgô medenlum

ulcus œslimatur, estproductum privativum a/que deficiens. Sicul enirn pagus crematus, autdestruclus, non est bellum : sed est effectus defectum, privalionem, desertionem faclamque destructionem accusans (t).

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