GALE
Nous avons déjà en l’occasion, en racontant la vie de Van Helmont, de nous étendre longuement sur ce que les anciens entendaient par la gale. Nous ne reviendrons plus ici sur cette maladie que pour faire connaître l’opinion que notre auteur avait de sa nature.
Selon lui, la gale est une maladie de la peau, rien que cela (4). Cette opinion fut rejetée à cette époque comme absurde; il était réservé à la postérité de la confirmer d’une manière irréfutable.
Le foie ri’est pas altéré dans la gale, dit Van Helmont. Le mode de production de celle-ci suffit déjà pour prouver qu’elle n’est pas due à un vice
(1) Scab. et Ulcer. Sc/iol -, 5îî, p. 261.
(2) Loc. ci/., 31, p. 259.
(a) Loc. cil., 36, p. 261.
(4) De febr Y, 12, $ 1, p. 756, et Scab. et U/cer. Sc/iol., 7, § 8, p. 257.
des humeurs. Le contact de la main ne suffit pas pour vicier les humeurs ni pour rendre le foie malade. Or, la gale se déclare brusquement en quelques heures, après que l’on s’est exposé à la contagion, et il n’est pas admissible que le foie puisse ainsi s’enflammer subitement, sans cause aucune.
La gale n’est qu’une affection locale de la peau qui se communique par contagion : Cujus semen sive fermentum est in pelle prœfata vel linleo : embu' y o ejus dein , conceptus est in pelle tangenlis. Cujus produclum tandem visibile erumpit (1). Substituez le mot acarus aux mots semen et fermentum , et l’opinion formulée par Van Helmont au xvn® siècle n’est autre que celle qui est démontrée aujourd’hui.
Le traitement qui convient dans la gale est exclusivement local : c’est une nouvelle preuve que le foie n’a rien à faire ici. Solis curanlis unguentis, sive ope externa , nec attenditur calor hepatis (2). Scahies non postulat interna remedia , sed sola topica, quœ islud pruritivum sal sunt enecando (3). Van Helmont recommande surtout l’emploi externe du soufre — en bains et en lotions — , les baies de laurier et l’hellébore.
Nous croyons en avoir dit assez pour faire comprendre les idées du réformateur flamand. Nous avons choisi les maladies les plus importantes dont Van Helmont nous a laissé la description, et ce que nous en avons dit, permettra au lecteur, pensons-nous, de se rendre bien compte des idées pathologiques qu’il professait. A la liste des maladies dont nous venons de nous occuper, nous devons cependant ajouter encore celles que nous avons décrites dans d’autres parties de ce travail \ nous citerons notamment la peste (V. p. 60) et les maladies mentales (p. 106).
(1) Scab et Ulcer. Schol., 11, p. 237.
(ly-Loc. cit., 11, p. 237.
(3) De Lit/i., IX, 25, p. 713.
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