IV. RÉSUMÉ DE l’opinion DE VAN IIELMONT
Si nous cherchons à résumer les principes généraux qui guidaient Van Helmont, au point de vue thérapeutique, dans l’édification de sa doctrine, nous constatons tout d’abord que pour lui la maladie et le remède se réduisent au trouble et à l’apaisement de l’archée, Ipsum morhum totum ejusque remedia, considero in Archeo scilicet alteralo velpacato (i).
Le remède agit sur l’archée à l’instar d’une cause occasionnelle morbide; il reste donc toujours comme celle-ci externe par rapport à la vie : Cuncta atqne singula remedia manent respecta vitœ eælerna (2). Il détermine l’excitation de la force vitale par un simple contact, une sorte de rayonnement : Adeoque minimo attactu, vihratione, jaculatione, imo solci radiatione, sive illuminât ione {modo in sede animœ, sensitivam vitam altingerint) perfici ac compter i sanationes, non habilo causarum occasionalium respectu (5).
Les remèdes ne peuvent jamais empêcher la vie de décliner, ils ne peuvent ni ajouter de nouvelles forces, ni créer de nouvelles puissances pour arriver à l’immortalité : Remediis nullis est datiim, ut partium defectus rénovent in pristina, m juoentutem , et immortalitatem pariant (4). Car leurs forces ne peuvent ni pénétrer dans notre matière vitale, ni se transformer en elle, de manière à pouvoir s’ajouter aux éléments de première constitution.
A ce point de vue, l’action des poisons est beaucoup plus énergique que celle des médicaments. Elle a, en effet, pour résultat de. tuer les parties, de les priver de toute force. Or, les médicaments ne peuvent pas régénérer, recréer en quelque sorte l’organe. Toute leur activité, tout leur effet reste limité à la modification qu’ils impriment à l’archée de l’estomac — vitœ principern clanique gubernatorem. — Or, c’est aussi, comme nous l’avons
(1) ln Verb., Hcrb. et Lap. est magna Cirlus, p. 460.
(2) Loc. cit., p. 466.
(3) Loc. cit., p. 460.
(4) Loc. cit., p. 465.
vu, dans l’archée de l’estomac que les maladies sévissent, soit primitivement, soit consécutivement, per deuteropathiam (1).