‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 93 sur 116 · III. DES CRISES · texte numérisé non relu

III. DES CRISES

Il avait donc une foi profonde dans la nécessité de la thérapeutique. 11 croit que le médecin doit intervenir pour empêcher la maladie de prolonger son cours. Il professait même à ce sujet des opinions assez étranges sur la part qu’il convient de réserver aux crises dans la marche des maladies. D’après lui, il ne faut pas attendre que la crise se produise dans le cours d’une maladie : il faut la prévenir; ce qui est toujours possible, ajoute-t-il, attendu que la crise ne se produit que lorsqu’on a abandonné le mal à lui-même. Bonus aulem Médiats negligere crises debet, quia anticipare. Nam nalura crisim non facit, nisi durnsola totum onus bajulal , statis die bits. Verus ergà Medicus, ante crisim, morbum super are debet ; ideôque nec crisim exspeclat, nec optât : Infidus autem , posterqata naturœ intentione, Crisim vel impedit, vel dilatât (1).

Hippocrate professait à ce sujet une opinion tout à fait opposée; en effet, il a écrit cette phrase qui indique bien toute la confiance que lui inspiraient les forces médicatrices de la nature :nalurœ ipsœ sunt morborum médicatrices; medicus ver o tantum illarum minister.

Van Helmont n’admet l’exactitude de cette proposition que pour un certain nombre de cas. A son point de vue, la nature peut se présenter dans les maladies sous trois états différents : elle peut rester debout , être déprimée, ou enfin, être complètement abattue. Porrà in morbis est natura stans, sedens et jacens (2).

Dans le premier de ces états, elle guérit spontanément, spontanea honitaie. Ce sont les seuls cas dans lesquels se vérifie complètement l’aphorisme d’Hippocrate (3).

Quand la nature est déprimée — sedens — quoiqu’elle puisse se guérir spontanément, c’est déjà beaucoup plus difficile, car elle doit commencer par se relever.

Dans le troisième état, quand la nature est tout à fait abattue, elle ne peut

(>) Defebr., Xî, 18, p. 772.

(2) Ignot. Hosp. morb., 89, p. 404.

(a) Jgn. Hjj drops, 30, p. 417.

se relever d’elle-même. C’est ce que l’on voit dans l’épilepsie, l’asthme, la lithiase, l’hydropisie, etc. (î). Dans ces cas le rôle du médecin est d’une importance capitale; car, sans son intervention, la maladie ne peut se terminer par la guérison. Le médecin n’est plus alors le ministre de la nature ; il en est le directeur, c’est lui qui lui imprime la marche à suivre pour qu’elle puisse aboutir à la guérison : ubi natura succubuit, ut suis resur gere viribus nequeat, Medicus, à Domini benignilate electus, et apud quem omnes morbi fere ejusdem sunt pretii manet non amplius minis ter : sed inter près, Reclor et lier us præpotens (2).

(1) Ign. Ifosp. morb ., 89, p. 404.

(2) Calarrhi Delimenla. 1, p. 346.

Page 1