‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 94 sur 116 · SAIGNÉE · texte numérisé non relu

SAIGNÉE

Un des agents thérapeutiques contre l’emploi duquel Van Helmont s’est surtout élevé, c’est la saignée. A chaque page des œuvres de l’auteur, on retrouve la condamnation énergique de ce moyen qu’il considère comme inutile tout au moins, comme pernicieux le plus souvent. Ici encore, pour bien apprécier l’influence exercée par Van Helmont, il faut se reporter par l’esprit à l’époque où il écrivait.

On admettait alors que dans les maladies aiguës graves, le sang se décompose dans les veines, et donne naissance à des symptômes immédiatement menaçants; pour y parer, il n’y avait qu’un seul moyen : enlever la cause du mal, en retirant le sang du corps.

Ce raisonnement est vicieux, même en admettant comme prémisse exacte la corruption du sang dans les veines. Nous ne croyons pas devoir reproduire ici l’argumentation de Van Helmont à ce sujet. L’idée théorique de la corruption du sang dans les veines a été combattue par le médecin flamand avec une verve admirable dans son traité du Blas Humanum ; il y revient encore dans le traité des fièvres (î).

Pour lui, la saignée est inutile, chaque fois que son indication spéciale manque : en d’autres termes, il n’y a pas de maladie qui exige nécessairement la déplétion sanguine comme moyen de traitement. C’est faire la guerre à toute thérapeutique systématique.

0) Defebr., Il, 20-39, pages 713 à 713.

Ilorace Augenius, se rendant l’écho d’une opinion très-répandue et qui trouve aujourd’hui encore un grand nombre de défenseurs, dit que dans les cas de fièvre, la pléthore — sive venarum nimia plenitudo . id est, nimia cruoris ahundantia. (i), — est la seule indication de la phlébotomie ; il admet que dans ces cas restreints la saignée est indiquée, non pour guérir la fièvre, mais pour faire cesser la pléthore. C’est donc pour combattre un symptôme qu’il avait recours à la saignée. C’était déjà une immense concession faite à Van Helmont.

Mais elle ne suffisait pas à ce dernier. Allant plus avant dans l’étude de cette question et ne se contentant pas de vaines paroles, notre auteur se demande ce qu’il faut entendre par cette pléthore existant chez des malades accablés par la fièvre. De deux choses l’une : ou le sang en excès est de bonne qualité ou il est vicié. S’il est de bonne qualité, qu’y a-t-il à craindre? Les forces ne peuvent jamais peccare abundantià, nequidem in Mathu salem : ita, nec bonus sanguis peccat nimietate, eo quod vires vitales et sanguis sint correlativa. Quia, , juxta Scripturam, anima sive robur vitale est in sanguine (2). On ne peut donc considérer l’exeès d’un sang de bonne qualité, comme une variété de pléthore indiquant la nécessité de la saignée. D’autre part, le sang ne se putréfie jamais dans les veines, contrairement à l’assertion des Écoles.

La seule altération que l’on puisse donc rencontrer et qui, au point de vue des Écoles, indique la saignée, c’est une abondance trop grande de sang altéré dans sa composition. Mais c’est à tort que l’on applique à cet ét »t le nom de pléthore; on doit lui réserver celui de cacochymie. Les Écoles, pour être logiques avec elles-mêmes, devraient prescrire non la phlébotomie, mais la médication purgative qui enlèverait le mauvais sang en laissant celui qui est de bonne qualité.

Elles croyaient encore que la saignée a .pour effet de rafraîchir l’économie, de diminuer la surcharge veineuse, de ranimer les forces, d’enlever une partie de bonne et de mauvaise humeur, et surtout d’apaiser la tendance des humeurs vers la putridité par la révulsion et la dérivation.

(1) De febr. , IV, 3, p. 749.

(2) Lac. cit-, IV, î. p. 7150.

Bona sunl verha,;atnonprosunt famelicœ, dit à ce sujet Van Helmont (1).

Ce dernier point est un de ceux que les Écoles considéraient comme des plus importants dans les effets de la saignée. Ainsi, dans la pleurésie, elles croyaient être en état par la saignée de retirer — revellere — le sang des veines et de l’empêcher ainsi de déterminer des maladies. 11 était impossible qu’une idée aussi contraire à la saine physiologie ne fût pas victorieusement combattue par Van Helmont. Retirez tout le sang qui se trouve dans la veine humorale jusque dans la veine cave; videz encore le système azygos, dit-il aux Écoles; vous devriez savoir qu’immédiatement après vos saignées, le sang remplira de nouveau les vaisseaux. Vos espérances de révulsion et de dérivation sont donc vaines, parce que, même en les admettant, l’effet produit n’est que de faible durée... Licet vena cubiti Iota posset evacuari (quod nunquam ), tamen mox iterum totus cfuor œquaretur per tolum venarum contextum. Unde manifestum fit, vanas esse Revulsionis et Derivaiionis nœnias : quippe quibus concessis, adhuc non nisipro paucula mora inservirent intèntioni (2).

Les doctrines des Écoles ne permettent donc pas, conclut Van Helmont, de trouver jamais l’indication de la saignée. Il arrive que chez les sujets robustes la saignée ne produit pas de lésion notable; au coutraire, elle soulage souvent les malades, parfois elle les guérit. Mais, malgré cela, on doit désapprouver l’emploi de ce moyen, parce que sans lui les malades guérissent mieux. Ceux qui se rétablissent après l’emploi des déplétions sanguines, ont une convalescence plus longue et plus pénible.

Un autre ordre d’idées invoqué par les Écoles à l’appui de la saignée, c’est l’influence que cette médication exerce sur la chaleur animale. Or, pour les Écoles, la fièvre est essentiellement constituée par la chaleur : Scholœ febrim definiunt, quod sit calor prœter naturam, accensus primùm in corde, dein delatus per toturn corpus (3). Appliquant à la thérapeutique les idées exprimées dans cette définition, les Écoles s’attachaient à combattre ce qui, pour elles, était le phénomène capi-

(1) Defebr., IV, 13, p. 730.

(2) Pleura fur., 7, p. 31 S.

(3) De febr., I, 2, p. 739.

tal de la fièvre : la chaleur, — et comme un des effets de la saignée consisté dans la diminution de la température du corps, elles voyaient dans ce fait un argument de plus en faveur de l’emploi de ce moyen. Van Helmont ne trouve pas dans la chaleur fébrile plus que dans la pléthore d’indication spéciale systématique de la phlébotomie : la chaleur de la fièvre est un phénomène vital dû à la force vitale (1); il s’en suit que la saignée ne refroidit que parce qu’elle enlève du calorique vital, et non parce qu’elle posséderait une vertu réfrigérante réelle (2). La réfrigération par la saignée est donc le résultat de l’épuisement et de l’appauvrissement d’esprit vital et de sang (3). Le soulagement qu’elle détermine est désigné par les Écoles par les mots liheriorem arteriarum respirationem (4).

Van Helmont, en opposition avec ces idées, défend la doctrine de la conservation des forces, quia diminutis stratisque viribus, nec morbus profligari potest , nec aliquid super est medenti agendum (5). Telle est l’idée qu’il a exprimée sur l’influence exercée par la saignée sur la maladie même. Il restreint considérablement les avantages attribués à cet agent thérapeutique, puisqu’il n’admet pas qu’il exerce une action utile sur la maladie et que d’après son observation, il borne son efficacité au soulagement de quelques symptômes.

Mais là n’est pas le seul côté de la question. Après la maladie vient une période tout aussi importante au point de vue pratique, nous voulons parler de la convalescence. Un traitement, pour être rationnel et bien institué, doit tenir compte aussi de cette période de la maladie. Une convalescence longue et dangereuse doit nécessairement se ressentir de l’effet des médicaments employés ; et si ces médicaments sont de nature hyposthénisante, si surtout cette action hyposthénisante est de longue portée, il va de soi que la marche naturelle de la convalescence en éprouvera une mauvaise influence.

(1) Defebr., IV, 18, p. 781.

(2) Loc. cit., IV, la, p. 730.

(3) Loc. cit. y IV, 18, p. 730.

(4) Loc. cit. y IV, 24, p. 782.

(5) Loc. cit. y IV, 28, p. 782.

C’est ainsi, dit Van Helmont, que ceux qui sont affaiblis par la saignée dans les maladies n’ont ordinairement pas de crises; et s’ils se relèvent, ce n’est que peu à peu et à travers beaucoup d’angoisses qui se prolongent pendant longtemps, et non sine nietu reciclivarum. Au contraire, ceux qui guérissent sans avoir été saignés, se rétablissent plus facilement et plus promptement (1). Car Van Helmont admet que facilior est virium restitutio à morbo attritarum , quàm exhaustarum à venœsectione (2). Il fait de l’emploi de la saignée une question de conscience pour le médecin; celuici, dit-il, ex conscientia et in charitate tenetur mederi, non per dispendium subitaneum virium , ut neque per pericula inde consequentia, nec etiam per vitœ abbreviationem necessariam, juxta psalmum (3).

La saignée doit donc être proscrite à la période d’étal et à la période de décroissance des maladies aiguës : le malade est déjà trop affaibli par la maladie, il ne faut pas ajouter debilitalem dehïlitatibus (4).

Van Helmont résume son opinion à ce sujet dans les paroles suivantes : ïnsanum est subsidium venœsectioriem fecisse, sive in febribus , sive démuni in menstruis propter revulsionem : car la matière fébrile ne nage pas dans le cruor, comme un poisson dans l’eau. Phlebolomia nil separat separahilium : quia sine prœcognitione finis , adeôque absque electione agit (s). Que les médecins sachent donc perniciosam esse thesauri sanguinis et virium deperditionem : nullam noxam à sanguine intra venas, sed tantum ah hostibus, et peregrinis excrementis insultare (6). Qu’ils se fient davantage aux forces médicatrices de la nature; elle a à sa disposition assez de moyens d’élimination des matières morbides; car il ne faut pas oublier Deum quoque sufficienlia fecisse sordium quarumcunque emunctotia , nec laceratione venarum opus , pro febrium Victoria (7).

(1) Defebr., IV, 29, p. 732.

(2) Loc. cit.. IV, 28. p. 732.

(3) Loc. cit., IV, 30, p. 732.

(4) Loc. cit., IV, 32, p. 733.

(5) Loc. cit., IV, 39, p. 734.

(6) Loc. cit., IV, 44, p. 733.

(7) Loc. cit., IV, 44, p. 733.

Malgré l’énergie avec laquelle Yan Helmont attaqua la saignée comme la pratiquaient les Écoles, il ne la rejette cependant pas complètement de l’arsenal thérapeutique. Ainsi, dans les cas de pleurésie et de pleuropneumonie, il en admet l’utilité comme incontestable quand elle est pratiquée tout au début de l’inflammation.

Quant à la saignée locale, il en admet aussi les avantages dans quelques cas restreints.

On peut, à coup sûr, contester le mérite de l’opinion exclusive que Yan Helmont exprime sur les effets de la saignée générale; mais ce n’est pas à ce point de vue seulement qu’il faut le juger. 11 faut se reporter encore à l’époque où il écrivit son traité de Febribus. Or, à cette époque on faisait de la saignée un abus aussi grand que celui que devait entraîner à sa suite, au commencement de ce siècle, l’introduction de la doctrine physiologique de Broussais. Les Écoles ne pratiquaient d’autre thérapeutique qu’une thérapeutique spoliative dont la saignée générale et les purgatifs constituaient les agents principaux. On a vu plus haut, dans la biographie de Yan Helmont, que le réformateur de la médecine fut lui-même dans sa jeunesse victime de ces préjugés. Atteint d’une gale assez rebelle, il fut soumis à plusieurs saignées générales comme moyen curatif de cette maladie toute locale. Il n’existait aucune maladie dans laquelle les Écoles ne reconnussent l’indication de la saignée générale.

C’est en ayant les yeux fixés sur ces déplorables abus, qu’il faut juger la position prise par Van Helmont au sujet de la saignée générale. Réagissant contre une pratique désastreuse, il a pu se laisser emporter trop loin au gré de quelques Écoles médicales. Mais il n’en a pas moins rendu un immense service à la médecine et à l’humanité, en amenant par ses travaux une modification assez considérable dans les idées du temps pour faire diminuer l’emploi abusif d’un agent thérapeutique aussi violent que la saignée générale. En se plaçant à ce point de vue, nous croyons que nul ne contestera toute l’importance du service rendu par Yan Helmont. L’effet immédiat de la publication de ses œuvres fut de restreindre considérablement l’usage de la saignée. On cessa de la prodiguer dans tous les cas d’affection purement locale, que

l’emploi de topiques convenables amenait promptement à guérison.

Telles sont les idées générales que Van Helmonl a exposées sur la saignée. Sans vouloir contester l’importance de la phlébotomie, nous n’oserions pas cependant prendre sur nous d’affirmer que le médecin flamand n’était pas dans le vrai. Car les idées qu’il développa au xvne siècle, sont identiques à celles que les médecins anglais ont récemment introduites dans la pratique médicale. Le docteur Todd, professeur de clinique médicale à King's College h Londres, qui s’est fait le promoteur de ce mouvement, a complètement réussi dans ses efforts; car, si la saignée générale figure encore aujourd’hui dans quelques traités anglais de médecine, on peut dire que de fait elle est complètement proscrite du terrain de la pratique médicale en Angleterre. C’est une question qui nous paraît des plus intéressantes à étudier quand on analyse les travaux de Van Ilelmont. Elle a soulevé en 1857, en Angleterre, une controverse de doctrine thérapeutique qui se continua pendant plusieurs années sous le nom de Bleeding controversy. Après la mort de Todd, ses idées furent reprises et défendues par le docteur Hughes Bennett, professeur de clinique médicale à l’Université d’Édimbourg. Les médecins de Londres, parmi lesquels nous nous bornerons à citer un des plus illustres, le docteur Thomas Walson, s’opposèrent d’abord à la doctrine que Todd voulait introduire dans la thérapeutique médicale; mais ils ne tardèrent pas à s’y rallier et abandonnèrent complètement la saignée générale dans le traitement des affections aiguës.

Si nous examinons ce qui se passe sur le continent, nous trouvons que ces mêmes idées ont fait aussi dans ces dernières années de rapides progrès. Il y a longtemps que Skoda, professeur de clinique médicale à l’Université de Vienne, a rejeté la saignée du traitement de la pneumonie et de toutes les autres maladies aiguës. Frerichs et Langenbeck, à Berlin, Friedreich, à Heidelberg, et beaucoup d’autres professeurs de clinique médicale ou chirurgicale se sont de fait ralliés à cette doctrine; et quoiqu’étant cependant moins avancé qu’en Angleterre, le mouvement contre la saignée gagne chaque jour du terrain en Allemagne.

Quant à la pratique médicale en France, à part Bouillaud, qui reste toujours Tardent défenseur des saignées systématiques et coup sur coup, nous

trouvons un grand nombre de médecins des plus distingués qui se rallient à l’opinion contraire. Parmi eux nous nous bornerons à citer Beau, qui publia ses premiers ouvrages à ce sujet en 1859 et persista dans ses idées jusqu’au moment où une mort prématurée vint l’enlever à la science ; et Trousseau qui, dans ses leçons cliniques, rejette la saignée générale comme traitement systématique dans les cas d’inflammation et d’apoplexie.

Le xixe siècle n’a donc pas le droit de faire un grief à Van Helmonl de ses idées sur la saignée, confirmées par la pratique médicale suivie de nos jours en Angleterre, en Allemagne et par un grand nombre de médecins français.

Toutefois, il nous paraît que Van Ilelmont — comme ceux qui l’ont suivi dans celte voie, — est allé trop loin dans son système : à un esprit syslé-? matique pernicieux, il en a opposé un autre tout aussi dangereux. 11 a refusé de se rendre à l’évidence des faits, qu’il s’est borné à enregistrer sans en tenir compte.

Qu’on ne l’oublie pas : la saignée ne doit pas seulement être considérée par ses adversaires comme un prétendu moyen curatif. Nous ne discuterons pas ici celte question qui nous entraînerait trop loin. Mais le point sur lequel nous tenons à fixer l’attention, parce que Van Ilelmont en a méconnu l’importance, c’est l’utilité de la saignée comme remède d actualité* Toute considération doctrinale systématique doit disparaître au lit du malade : la conservation du patient doit seule ici préoccuper le médecin. Or, il est des cas où manifestement la saignée empêche momentanément le malade de succomber, et permet ainsi à la nature médicatrice — seule ou soutenue par une thérapeutique convenable — de produire l’effet que l’on en attendait. Que cet effet immédiat de la saignée ne dure que peu de temps; — peu importe : il a duré assez longtemps, s’il a empêché le malade de mourir avant que nous puissions le traiter. Dans l’asphyxie, l’hémorragie pulmonaire, et beaucoup d’autres cas, il ne resterait souvent au praticien qu’à se croiser les bras en déplorant l’impuissance de la thérapeutique, si on lui enlevait le secours de la phlébotomie considérée comme moyen palliatif.

La saignée détermine un effet : c’est incontestable. Van ilelmont lui-

même le reconnaît; seulement il nie que cet effet puisse être utile. Autant il a eu raison en insistant sur les effets consécutifs de la saignée, sur ceux qui modifient la convalescence des maladies, autant il nous paraît avoir eu tort quand il a laissé de côté ses effets primitifs. Comme remède d’actualité, la saignée a une importance capitale; son effet premier peut ne durer qu’un temps fort court, c’est un des reproches que lui adresse Van Helmont; mais si pendant cette courte durée nous obtenons une modification de l’économie qui permet à d’autres médicaments d’agir avec plus d’énergie, nous n’en avons pas moins obtenu un bien très-grand; c’est tout ce que nous demandions.

Van Helmont raille les Écoles d’admettre la libcriorem arleriarwn respirationem comme effet de la saignée; ici encore, il nous paraît ne pas tenir suffisamment compte des faits observés. L’état de la circulation sanguine est modifié par la saignée; il suffit pour s’en assurer de tenir note des caractères du pouls avant et après la déplétion sanguine. Une des modifications les plus importantes est celle qui consiste dans la diminution de la tension artérielle; le pouls devient moins dur, ses battements sont plus mous, plus étendus; on dirait que la circulation sanguine est débarrassée d’une gêne, d’un obstacle qui l’empêchait de fonctionner normalement. C’est là ce qu’il faut entendre par la respiration plus libre des artères; et se plaçant à ce point de vue, on doit admettre cet effet de la saignée comme utile et avantageux dans certains cas. Car l’observation clinique a démontré que l’absorption des agents hygiéniques et thérapeutiques se fait plus difficilement quand le pouls est dur, que lorsqu’il est mou et ondulant.

Nous terminons; peut-être nous sommes-nous déjà trop étendu à ce sujet ; mais l’intérêt qu’il offre au médecin-praticien nous obligeait d’insister pour mieux préciser la pensée de Van Helmont. En résumé, la saignée générale a été préconisée dans un double but : comme remède curatif systématique dans toute phlegmasie, comme remède d’actualité dans certains cas urgents. Sur ces deux points, l’opinion de Van Helmont a été reproduite à l’époque actuelle par les Écoles médicales d’Angleterre et de Vienne. Mais nous devons ajouter que nous n’avons pas trouvé dans les travaux de ces Écoles beaucoup d’arguments nouveaux, invoqués à l’appui

de celle manière de voir. Nous dirons encore pour finir, que si l’étude des œuvres de Todd, de Bennett, de Skoda, de Trousseau et de beaucoup d’autres auteurs défendant la même opinion que Van Helmont; — si l’observation attentive des malades qu’ils traitent, ont pu ébranler la conviction que nous avions de l’utilité de la saignée systématiquement appliquée dans les phlegmasies, — il n’en est pas de même de l’utilité de cet agent comme remède d’actualité. Cette question, tout aussi importante en médecine pratique que l’emploi systématique de la saignée dans l'inflammation, — n’a pas été assez longuement traitée par Van Helmont.

Page 1