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CHAPITRE TROISIÈME

DIURÉTIQUES.

Les Écoles se faisaient du mode d’action des diurétiques une idée assez curieuse pour qu’elle mérite d’être rapportée, ne fût-ce que pour fournir ainsi une nouvelle preuve des services rendus par Van Helmont, quand il attaquait les doctrines régnantes. Elles admettaient que le diurétique se rend directement de la bouche à la vessie par les reins (4).

Van Helmont n’eut pas de peine à prouver combien celte opinion était ridicule. Pour lui, l’action des diurétiques, ainsi que celle de toutes les autres substances, se développe dès leur entrée dans l’estomac. Ces médicaments sont soumis dans cet organe à l’action des fluides digestifs, qui les rendent propres à être assimilés. Ce premier travail accompli, le nouveau produit absorbé passe par le rein, où il détermine une augmentation de

(1) Potest. medicam ., 54, p. 385.

(2) De febr., V, 20, p. 757.

(3) Loc. rit ., V. 26, p. 758.

(4) Aditus Prœclusus ad Condurn visccrum, 11, p. 445.

THÉRAPEUTIQUE SPÉCIALE DE J. B. VA N HELMONT, fïH

sécrétion urinaire par l’irritation de l’archée rénal. Il arrive même qu’une partie du diurétique est éliminée par l’urine : c’est le cas pour la térébenthine, les asperges, etc, (i).

Van Helmont divisa les Diurétiques en neuf classes :

1) Les uns provoquent l’augmentation de la sécrétion urinaire par tnt venin très-actif : telles sont les cantharides.

2) D’autres déterminent la slrangurie par l’acidité qu’ils développent dans l’urine : les bières jeunes.

3) D’autres communiquent à l’urine des propriétés calmantes : la poudré d’écrevisse, les boissons acides, le vitriol de Mars, etc.

4) Certains diurétiques déterminent la putréfaction de l’urine : raifort* asperge.

5) Quelques-Uns communiquent une odeur agréable ait produit de là sécrétion rénale : macis , térébenthine , baies de genévrier, noix dé muscade, etc.

6) Une autre catégorie doit ses propriétés aux sels alcalins qu’ils renferment : tels sont les diurétiques que l’on retire des cendres de végétaux et de certaines pierres.

7) Quelques diurétiques exercent leur action à une très-faible dosé : ainsi le millepedes (espèce de Beccabunga). La propriété médicamenteuse est due, dans ce cas, à une certaine quantité de nilre que le médicament contient-.

8) D’autres doivent leur activité à leurs propriétés calmantes des douleurs rénales : c’est le cas pour le safran, la casse, etc.

9) L’esprit de sel marin doit surtout son efficacité à la propriété qu’il a de calmer la strangurie.

Nons nous bornons à transcrire ici la classification de Van Helmont sans insister à son sujet, attendu qu’elle n’a aucune importance scientifique. Le mérite de Van Helmont, au sujet de la médication diurétique, réside surtout dans les indications nettes qu’il a établies pour l’emploi de ces agents (s), et dans l’explication physiologique de leur mode d’action

(1) Aditus Prœelusus ad Conduni riscerurti , H, p. 448.

(2) Voir plus haut, p. 174.

qu’il a opposée à la théorie absurde du moyen âge. Son opinion est loin de tenir compte de tous les éléments qui doivent entrer en ligne de compte dans l’étude de ces moyens; ainsi il néglige complètement l’influence que l’état de la circulation sanguine exerce sur la sécrétion urinaire. Mais du moins cette étude, si incomplète qu’elle fût, mettait un terme aux rêveries du moyen âge et ouvrait sur ce terrain une voie féconde à des recherches véritablement scientifiques.

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