‹ Études sur l'administration byzantine dans l'exarchat de RavenneChapitre 2 sur 53 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

rilalie byzantine. C'est l'objet du troisième livre de ce travail. Savamment organisée pour protéger l'exarchat à la fois contre les ennemis du dehors et les mécontents du dedans, l'administration impériale, au dedans comme au dehors, s'inspira de principes constants et poursuivit un dessein bien arrêté. Au dehors , pour défendre l'Italie contre les barbares , les empereurs et les exarques , fidèles héritiers des traditions politiques de l'ancien empire romain, employèrent tour à tour la diplomatie et les armes; et, lorsqu'ils eurent perdu l'exarchat , ils surent tour à tour négocier et combattre pour le reconquérir, jusqu'au jour oii les traités de 803 et de 812 consacrèrent l'abandon définitif de l'Italie septentrionale et centrale. Au dedans , pour rattacher par un lien plus solide ces provinces détachées de l'empire à l'unité byzantine , les exarques, fidèles à appliquer les principes généraux de la politique impériale, s'efforcèrent d'assimiler, en les hellénisant, les populations italiennes aux autres populations de l'empire. Dans l'administration, dans l'Eglise, dans la société, ils s'efforcèrent à rendre prépondérante l'influence de l'élément grec : et si l'entreprise avorta, si l'Italie finit par se séparer de l'empire, on n'en doit pas moins rendre quelque justice aux efforts persévérants, à l'activité infatigable des agents du gouvernement impérial dans les provinces italo-grecques.

On a dù rechercher pour finir, — et c'est l'objet du quatrième livre , — quelles causes laissèrent sans effet cette savante réforme administrative et firent échouer les ingénieuses combinaisons d'une si habile politique. Trois séries de faits ont semblé propres à jeter quelque lumière sur ce difficile problème : la lente évolution qui peu à peu fit des officiers de l'administration byzantine de grands propriétaires territoriaux, la transformation politique et sociale qui modifia les classes de la population et fit naître dans les villes italiennes des milices nationales , enfin et surtout le contrôle incessant exercé par l'Eglise romaine sur l'administration byzantine, qui, insensiblement, rendit le pape en Italie plus vraiment souverain que l'Empereur : tels sont les trois facteurs qui lentement désorganisèrent le gouvernement grec

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