II, 21; V, 45; XI
(7) IX, 69. Cf. IV, 7.
(10) Jaffé, 1528.
(12) Greg., X, 46-48, 55, 56, 57-60; XII, 15, 16.
l'exahchat de ravenne.
vita Léontius à observer scrupuleusement la justice. Léontius semble avoir tenu peu de compte de ces conseils : on se plaignit bientôt au pape qu'il punissait les innocents pour les coupables, qu'il refusait d'approuver des dépenses faites sur l'ordre exprès de l'empereur (1). Il fit plus. I.ibertinus était préfft de Sicile (2), et Grégoire , par ses recommandations , avait aidé h lui faire obtenir celte charge. Léontius , l'ayant trouvé coupable de malversations, le fit arrêter et môme battre de verges, après quoi il écrivit h Grégoire pour lui reprocher d'avoir accordé sa protection à un tel personnage. Le pape répondit par une fort longue lettre, dont le ton est singulièrement significatif. Quelle qu'ait pu être , dit-il, la faute de Libertinus, Léontius a eu tort; il pouvait lui im[)Osor une amende, il ne devait pas attenter h sa liberté (3). Cette arrestation est une offense pour Dieu , une honte pour celui qui l'a ordonnée. C'est bien plus encore : et, parlant ici en véritable Romain qui se souvient des antiques privilèges du civis romanus : « Il y a, » dit le pape, « une différence entre les rois barbares et les empereurs romains : c'est que les rois barbares commandent à des esclaves, les empereurs romains à des hommes libres (4). » Voilà ce qu'il reproche surtout £i Léontius, d'avoir fait battre de verges un citoyen, et il ajoute non sans amertume : « On me dira que sans les verges, sans la terreur, on ne [leut découvrir les fraudes publiques; je pourrais l'admettre, si un autre que Léontius avait été chargé de cette mission , car ceux-là seuls emploient la force qui manquent d'esprit et d'éloiiucnce (5). « Grégoire, on le voit, ne craignait pas de parler avec une entière franchise aux ofTiciers impériaux du rang le plus élevé ; il croyait en avoir le droit et le devoir. On le sent bien dans la lettre suivante. Léontius avait été fort mécontent de la semonce qui lui venait de Rome , et il y avait répondu fort durement (6) ; après réflexion, il s'abstint pourtant d'envoyer sa lettre, mais ne sut pas dissimuler son déplaisir à Grégoire. Le pape lui fit répondre qu'il avait grand tort d'ôlre blessé d'un simple rappel à la charité chrétienne, et il terminait par ces mots : « Quand je vous adresse