‹ Études sur l'administration byzantine dans l'exarchat de RavenneChapitre 43 sur 53 · III · texte numérisé non relu

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(4) Ibid.

(5) Ibid.

l'église romaine et l'administration byzantine.

des exhortations paternelles, vous no devez point les accueillir avec tant d'aigreur (1). «

On voit quels [iouvaieiit être les rapports d'un évêque avec les officiels impériaux et quelle influence il prenait sur eux , rien qu'en se tenant entre les limites mises^par la loi à son autorité. Mais les nécessités du temps où il vivait l'obligeaient chaque jour h franchir ces limites. Sans doute, Grégoire le Grand se défendit toujours d'empiéter sur les attributions réservées à l'administration civile. « Nous ne voulons point, » disait-il, « porter atteinte aux privilèges qui appartiennent aux tribunaux laïques (2). » Sans doute, il recommandait à tous les évêques d'Italie, « de ne point se mêler dans les affaires du siècle , sauf quand la nécessité de défendre les pauvres commande cette intervention (3). » Les circonstances étaient [dus fortes que la volonté du pontife. Quand il voyait la misérable situation de sa ville épiscopale, laissée presque sans garnison par les impériaux (4), menacée au dehors par les Lombai'ds , dont les incursions venaient jusqu'aux portes de Rome (5) , troulilée au dedans par les séditions militaires (6) ; quand il pensait aux malheurs de l'Italie, écrasée par la multitude des souffrances (7), aux églises désolées, dépeuplées (8) , à tout ce peuple chrétien ruiné par la famine (9) , la peste , les inondations ou la guerre, traîné en captivité (10), ou mourant de misère et de douleur (11) ; quand il voyait s'accumuler dans Rome les fugitifs de l'Italie entière (1 2), les i)lus grandes villes abandonnées comme Milan, ou laissées sans défense comme Na[)les (13); quand il songeait enfin au mauvais gouvernement des oiflciers impériaux , dont la tyrannie lui semblait pire que l'épée menaçante des Lombards (14) , aux impôts, qui écrasaient

(1) Greg., X, 52. « Quando vos paterna adhortatione commoneo, moleste suscipere non debetis. »

(2) III, 15, « in judiciis laicorum privilégia turbare non cupiinus. »

(3) I, 36. Cf. IX, G9; XIII, 22.

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