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QUATRIÈME PARTIE

AFRIQUE DU SUD

UNE TENTATIVE DE CONQUÊTE DU MOZAMBIQUE PORTUGAIS PAR LES HOLLANDAIS EN 1662

I. — La lutte que le gouvernement des Pays-Bas ou, pour mieux dire, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales avait, depuis les premières années du xviic siècle, engagée contre les colonies hispano-portugaises d’Extrème Orient, prit, vers 1650, un caractère particulier de violence. Non contente d’avoir établi sa suprématie dans les îles de la Sonde par la fondation de Batavia, capitale administrative, commerciale et militaire, et par l’érection de forteresses aux Moluques et aux Célèbes, à Timor, à Sumbawa, à Sumatra et à Malacca, la Compagnie des Indes voulut ruiner la puissance de ses rivaux en étendant son hégémonie maritime sur toute la surface de l’océan Indien.

En sept ans, les principales forteresses que les Portugais possédaient depuis plus d’un siècle sur les rivages de l’Indoustan tombèrent aux mains des Hollandais :

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Colombo et Calicut en 1656, Jaffanapatam et Tuticorin en 1658, Negapatam en 1660, Tangacheri en 1661, et finalement, Cochin, la pierre angulaire de leur domination, en janvier 1663.

Tous ces laits sont connus. Mais ce qu’on ignorait jusqu’à présent, c’est que, conjointement à cette action énergique sur les rivages septentrionaux de l’océan Indien, le Conseil des Dix-Sept Directeurs1 delà Compagnie des Indes conçut le projet, pour achever sa victoire, d’attaquer les Portugais sur la côte orientale d’Afrique et qu’il arma, en 1662, une puissante escadre pour leur enlever la forteresse qu’ils occupaient dans l’île de Mozambique depuis 1508.

Dans l’ensemble du système colonial et maritime du Portugal, cette place avait une importance de premier ordre.

Voyageant aujourd’hui dans des navires confortables et même luxueux, nous nous représentons difficilement les misères qu’enduraient les marins des temps passés. Entre l’Europe et l’Inde, la traversée s’effectuait rarement en moins de sept à huit mois. Pendant ces voyages interminables les santés s’altéraient. Nourris de légumes secs et de viande salée, buvant de l’eau qui à la longue se corrompait, souvent môme ne touchant qu’une ration insuffisante de cet élément indispensable à l’organisme humain, conservant sur le corps des vêtements mouillés par la pluie et les paquets de mer, allant

1. Les six Sociétés ou Chambres dont la fédération constituait la Compagnie néerlandaise des Indes orientales étaient représentées au Conseil des Directeurs dans la proportion suivante : la Chambre d’Amsterdam y envoyait huit délégués; celle de Middelburg quatre; celle de Délit un; celle de Rotterdam un; celle île Hoorn un; celle d’Enckhuyzen un; le dix-septième membre était nommé par l’une des cinq dernières chambres, à tour de rôle.

coucher sur le pont pour fuir l’odeur nauséabonde de la cabine commune, les hommes tombaient malades en grand nombre. Le scorbut, devenu maintenant presque exclusivement une affection des expéditions polaires, sévissait alors sur tous les océans. Loin d’être la règle, les traversées qui s’effectuaient sans immersion de cadavres étaient exceptionnelles.

Pour éviter la maladie ou en combattre les effets, on ne connaissait qu’un moyen : s’arrêter souvent en des points où le commissaire du bord pût renouveler la provision d’eau pure, et à l’ordinaire des pois chiches et des haricots secs substituer des légumes : choux, carottes, salade, cresson, radis, et des fruits, notamment des oranges et des citrons, dont le jus est un remède efficace contre le scorbut.

Or l’île même de Mozambique produisait en abondances des oranges, des citrons et des bananes. De Madagascar, située à petite distance, les Portugais tiraient du riz et du bétail en aussi grande quantité qu’il leur plaisait. C’était donc, comme on disait alors, « une place de rafraîchissement ». Le géographe hollandais Johan Blaeu en résumait en ces termes l’importance économique dans son Africa, qui paraissait, en cette même année 1662, à Amsterdam : « C’est une place admirablement située pour les navires qui du Portugal se rendent à Goa. Elle rétablit les marins dont la santé a été ébranlée par sept à huit mois de navigation, les tempêtes et les chaleurs.... Sans elle, la navigation de l'Inde serait entourée des plus grandes difficultés.... C’est pourquoi le roi des Espagnes y a aménagé non seulement un hôpital public, mais encore un grenier et un magasin de vivres 1 ».

1. Africa , quse est geographiæ Blovianæ pars ter lia, Amsterdam , in-f”, 1662, p. 137.

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Les Directeurs de la Compagnie des Indes orientales présumaient donc que l’occupation du fort de Mozambique porterait un coup terrible aux Portugais et précipiterait peut-être la ruine imminente de leur hégémonie dans l’océan Indien.

Mais elle devait présenter encore à leurs yeux un autre avantage. Elle doterait la Compagnie des Indes d’un nouveau port de relâche pour ses flottes, qui, chaque année, se rendaient des Pays-Bas aux îles de la Sonde, et revenaient des îles de la Sonde aux Pays-Bas.

Pendant la décade 1050-1060, les Directeurs se préoccupent d’aménager sur la route des Indes des escales pour leurs navires. En 1652, celle du Cap de Bonne- Espérance est établie, et le commandeur Johan van Biebeeck y dessine les premiers carrés de ce jardin dont au xvmc siècle, la réputation devint universelle parmi tous les marins. Dès 1653, les produits du potager rendent de précieux services aux navires de passage. Mais le mouillage de la baie de la Table présente des inconvénients : l’accès en est souvent malaisé, et elle est parfois balayée par de violents coups de vent du sud-est, qui mettent en péril les navires à l’ancre.

Malgré tous ses avantages, cette escale ne satisfait donc pas pleinement les Directeurs de la Compagnie. Les yeux sur la carte des océans, ils cherchent à en découvrir de moins imparfaites. Ils pensent à la baie de Saldanha, profonde échancrure qui s’ouvre sur la côte occidentale d’Afrique, à une centaine de kilomètres au nord du Cap, et ils invitent van Biebeeck à leur donner sur ce point des renseignements nautiques et économiques. Ils pensent à l’île Tristan da Cunlia, dans l’Atlantique austral, et, en 1655, ils la font explorer pour savoir si leurs navires y pourraient trouver des denrées fraî-

ches, de l’eau pure et une rade abritée des coups de vent.

Mais ces reconnaissances ne donnèrent aucun résultat.

En outre, un événement survint en 1659 qui rendit plus nécessaire à la Compagnie des Indes la possession de nouveaux points de relâche. L’île de Sainte-Hélène n’avait jusqu’alors été occupée par aucune puissance ! européenne. C’était une terra nullius , et les Hollandais, de même que les Français, les Anglais et les Portugais, s’y pourvoyaient, au passage, d’eau fraîche, de fruits et de porcs. Mais, en 1659, les Anglais s’y établirent en maîtres, et d’une terre neutre firent une possession britannique. Dès lors les navires hollandais n’y eurent plus aussi librement accès que par le passé.

Or, située sur la grande voie maritime du Cap à Ceylan, Mozambique convenait à l’établissement d'une escale hollandaise. Les raisons économiques se joignaient donc aux raisons politiques pour inciter les Directeurs de la Compagnie à en tenter la conquête.

Les renseignements relatifs à l’expédition organisée dans ce but par le Conseil des Directeurs sont contenus dans les Journaux du gouvernement du Cap de Bonne-Espérance pour les années 1662 et 1663. M. H. Carel Vos Leibbrandt, conservateur des Archives du Cap, vient de traduire du hollandais en anglais et de publier ces Journaux , ainsi que ceux des années subséquentes L

Ces documents éclairent d’une lumière très vive l’histoire de l’Afrique australe et celle des entreprises coloniales des Européens dans l’océan Atlantique et dans l’océan Indien, à l'époque moderne. Nous devons donc une vive reconnaissance à M. Leibbrandt de les avoir mis à la portée de tous. Nous nous permettrons cependant de signaler dans son ouvrage deux imperfections :

1. H. G. V. Leibbrandt, Précis of the Archives of Lhe Cape of Good Ilope. Journal 1662-70, 1 vol. in-8°, Cape Town, Richards ; and Sons, 1901.

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la première, c’est l’absence d’une notice préliminaire expliquant la manière dont ces Journaux, étaient tenus, et donnant quelques notions biographiques sur leurs rédacteurs; la seconde, c’est le défaut d’un index des

noms de personnes et de lieux qui faciliterait singulièrement aux historiens l’usage de ces textes.

II. — Les Directeurs de la Compagnie armèrent spécialement cinq navires pour l'expédition du Mozambique. Ils y joignirent deux des bâtiments affectés habituellement à la ligne de Java, et un petit yacht qui, après la campagne, devait rester au Cap comme stationnaire permanent L

La cencentration s’opéra au Cap de Bonne-Espérance, dans la baie de la Table, où les navires arrivèrent aux dates suivantes ; Zeeridder, 6 juin 1062; Velthoen, 1er août 1662; Coghe , 29 août 1662; Vlaardingen, 1er septembre 1662; Kennemerland, 2 septembre 1662; Rhynland, 2 septembre 1662; Wapen van Zeeland , 7 septembre 1662 1 2.

L’officier investi du commandement de l’expédition se nommait Hubert Lairesse ou de Lairesse 3. Nous possédons sur lui peu de renseignements biographi-

1. La composition de l’escadre, fixée en Hollande en février 1662, fut finalement légèrement modifiée par la substitution du Zeeridder au Waterhoen.

2. Le huitième navire, 1 ’Orangien, n’arriva au Gap que le lor octobre 1662, après que l’escadre en était déjà partie.

3. Ce nom est orthographié selon les divers passages des Journaux de façons variées : Hubert de la Resse, Ilubregt de Laresse, Hubrecht de Laresse, Huybert de Lairesse, Hubert Lairesse. — 11 exista au xvn° siècle une célèbre famille de peintres qui était originaire de Liège, et dontdes membres exercèrent leur art en Belgique, aux Pays-Bas et dans les pays Rhénans. Renier Lairesse (1596 ?- 1667) eut quatre lils : Ernest, Gérard, le plus illustre de toute la famille, Jacques et Jean. Tous quatre s’adonnèrent à la peinture comme l’avait fait leur père ( Bior/ra p hie nationale de Belgique, t. XI, v° Lairesse). Nous ignorons si le commandant Hubert Lairesse était allié à cette famille.

ques; il n’est cependant pas absolument inconnu. Nous savons notamment qu’en 1654, s’étant élevé, dans la hiérarchie des fonctionnaires de la Compagnie des Indes orientales, au grade cYOpperkoopmann, c’est-à-dire de Marchand de première classe, il commanda une de ces llottes qui revenaient des Indes chargées de sucre, de poivre et de bois précieux, et dont l’arrivée régulière aux Pays-Bas permettait de distribuer aux actionnaires de la Compagnie les énormes dividendes qui, à cette époque, oscillaient, selon les années, entre 12 1/2 et 40 p. 100 h

Pour conserver à l’expédition du Mozambique le secret, qu’il considérait comme indispensable à son succès, le Conseil des Directeurs avait envoyé directement au commandeur du Cap, alors Zacharias Wagenaer1 2 3, les Instructions auxquelles le commandant Hubert Lairesse devait se conformer. Arrivé au Cap le 2 septembre 1662, sur le Kennemerland, celui-ci en prit immédiatement connaissance. Diffuses et mal composées, mais pleines de détails précis et même minutieux, ces Instructions 3 traçaient au commandant de l’expédition la

1. G.-C. Klerk de Reus, Geschichtlicher Ueberblick der adminis- Irativen rechtlichen und fincinziellen Entwicklung der niederlündisch-oslindischen Compagnie, 1 vol. in-4°, Batavia, La Haye, 1894. Beilage VI, Liste der Dividenden.

2. Johan van Riebeeck, le premier commandeur du Cap de Bonne-Espérance, ayant demandé à être déplacé, Gerrit van Harn fut désigné pour lui succéder. Mais cet officier movçrut avant même d’avoir rejoint son poste, le 17 mars 1661, dans l’ile Saint-Vincent. Ordre fut alors donné à Zacharias Wagenaer d’aller remplir l’emploi vacant. Johan van Riebeeck remit le commandement du Cap à son successeur le 6 mai 1662.

3. Ces Instructions ne sont pas contenues dans Journal 1662-70. Elles ont été publiées précédemment par M. H. C. V. Leibbrandt dans un volume de la même série des Précis of lhe Archives of the Cape of Goocl Hope intitulé : Lellers and documents received 1649-62, in-8°, Cape Town, 1899, t. II, p. 191 et suiv.

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manière de conquérir le Mozambique, et l’usage à faire de la victoire. En voici le résumé :

La flotte devra arriver bien groupée devant la forteteresse, qui s’élève dans une île située à un demi-mille de la terre ferme. Si vous voyez des navires ennemis en rade, « vous devez essayer de les prendre, ou au moins de les couler, ce qui ne terrorisera pas médiocrement les Portugais ». Les navires anglais ou français qui pourraient être présents devront être invités à rester neutres, « mais s’ils cherchent à s’opposer à l’exécution de notre dessein..., vous les traiterez en ennemis ».

Les soldats devront former quatre ou cinq compagnies. Il faudra constituer avec les marins des compagnies de débarquement, mais laisser toutefois assez d’hommes à bord pour faire face à une attaque inattendue. Les capitaines Ghysbert van Mœrlagh van Rheenen et Constantin van der Swalms sont placés sous vos ordres; la Compagnie attend beaucoup de leur courage.

Il y a trois moyens de s’emparer de la forteresse de Mozambique : surprise, assaut ou siège. La surprise est préférable à l’assaut et l’assaut au siège. Payez d’audace. « Nous avons dû nos plus grands succès dans les Indes orientales, nous le savons par expérience, aux attaques les plus hasardeuses. Nous espérons que vous suivrez ces traces, et que nonobstant les grands dangers, inévitables dans de pareilles entreprises, notre intrépidité habituelle obligera l’ennemi à capituler. »

Si le succès de l’assaut paraît douteux, résignez-vous au siège; pourvoyez-vous au Cap du matériel nécessaire, échelles, poutres et planches. Vous avez deux grands mortiers, qui seront très utiles; pendant le siège de Jaffanapatam, qui fut prise sur les Portugais

en 1658, nous avons fait beaucoup de mal aux assiégés en chargeant les mortiers de grosses pierres.

« Pour éviter l’effusion du sang, prêtez une oreille bienveillante à toute ouverture de l’ennemi, mais soyez prudent, ne vous laissez pas confondre, car le Portugais n’est pas digne de foi. » Faites des conditions favorables à l’ennemi. Garantissez-lui la conservation de toutes ses propriétés mobilières et immobilières, le libre exercice de sa religion, le droit de commercer dans les ports et îles d’Afrique et de l’Inde, depuis le Cap de Bonne-Espérance jusqu’au cap Comorin.

Vous voici maître de la place; nous vous nommons, vous, commandant Lairesse, gouverneur du Mozambique et nous vous donnons pour » second » le Marchand Wilhelm Volger l. Vous placerez dans le fort une garnison de 300 hommes, choisis parmi l’élite des offi- ; ciers et des soldats. Maintenez l’ordre parmi les ; hommes et interdisez tout acte de pillage; empêchez aussi qu’on ne moleste les indigènes, dont l’hostilité nous deviendrait préjudiciable. Vous rassemblerez tous les documents que vous trouverez, spécialement les papiers commerciaux; vous en dresserez un inventaire et vous les enverrez dans l’Inde. Il se fait à Mozambique, croyons-nous, un grand commerce d’ivoire et d’or : renseignez-vous, et arrangez-vous pour que nous en devenions les maîtres. Si les Portugais occupent , quelque autre point sur la côte, il faudra vous en • emparer, « car nous n’admettons pas qu’ils y conservent la moindre possession ».

1. Ce Wilhelm Volger n’est pas un inconnu. En janvier 1635, J ayant déjà le grade de Koopmann, » Marchand », il passa au Cap

Ià bord du Draeck. Sa signature figure au bas de deux résolutions prises le 21 et le 27 janvier 1635 par le Conseil du Cap. Resolutien van tien Commandeur en raden van liet fort de Gœde Ilope, 1652-1662, 1 vol. in-8°, Kaapslad, 1898, p. 63-64.

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« Enfin nous vous invitons collectivement et individuellement à prendre de toutes les laçons les intérêts de la Compagnie, et à conformer votre conduite, dont vous aurez à rendre compte, à votre devoir. Faites dire la prière matin et soir, et faites, autant que possible, prononcer un sermon le dimanche. Pour conserver la bénédiction divine, veillez à ce qu’on ne profane pas le nom de Dieu, ni ne commette de mauvaises actions. Rendez bonne justice, maintenez la discipline et donnez vous-même l’exemple d’une vie irréprochable. »

L’optimisme constitue le caractère dominant de ces Instructions. Leur rédacteur a le plus grand espoir dans l’heureuse issue de la campagne. Envisage-t-il parfois la possibilité d’un échec, ce n’est qu’en passant, et son esprit ne s’attarde pas sur ce sujet fâcheux. Forts de leur série ininterrompue de victoires sur les Portugais, les Directeurs de la Compagnie des Indes orientales ont la confiance tranquille que donne l’habitude du succès.

L’événement ne devait cependant pas répondre aux hautes espérances qu’ils entretenaient. La plupart des navires composant l’escadre arrivèrent au Cap après des traversées longues, fatigantes et avec des effectifs déjà amoindris : le Coghe avait perdu dix hommes, le Vlaardingen huit, le Kennemerland dix-huit, le Rhynland neuf, le Wapen van Zeeland quarante et un. Jolian Junius, pasteur du Kennemerland, expira comme le navire entrait , dans la baie de la Table, et l’un des principaux offi- | ciers, le capitaine van Mœrlagli, transporté à terre déjà moribond, s’éteignit une semaine après son arrivée.

Pour délasser les équipages, le commandant Hubert Lairesse prolongea un peu imprudemment, eu égard à la saison, son séjour au Cap; il y resta jusqu’au 26 sep- j tembre 1662. Le 14, il passa une revue de toutes les

troupes sur un terrain situé au pied de la montagne du Lion, derrière le bourg, alors naissant, du Cap. Le 21 fut « un jour général d’humiliation et de prières, pour attirer les faveurs divines sur la conquête en vue de laquelle la Compagnie avait équipé et expédié une force aussi imposante ».

Enfin le 26 septembre, à l’aurore, l’escadre appareilla, non sans que le commandant Lairesse eût mandé à son bord le commandeur Zacharias Wagenaer pour le remercier d’avoir approvisionné les navires de vivres frais et fait donner des soins aux malades. Ceux de ces derniers qu’on avait reconnus incapables de faire campagne avaient été remplacés par des hommes de la garnison du Cap.

Au moment du départ, l’escadre était ainsi composée :

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