‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 106 sur 135 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

inexplicables; riioimne d’Etat saura vers quel but il faut diriger telle population; l’artiste , quand il en reproduira un personnage , saura qu’il faut le représenter sous telle forme plutôt que sous telle autre.

Les réflexions suivantes expliqueront notre pensée.

Pourquoi les Ibériens, gardiens des Pyrénées, possesseurs du midi de la Gaule, et si à tort appelés Celtes aquitains, ont-ils livré passage sans résistance aux troupes carthaginoises et romaines ; puis se sontils opposés avec une si remarquable énergie aux passages des troupes teutonnes , vandales et franques? Pourquoi l’attaque de Roncevaux, plutôt que de combattre les Arabes ennemis nés de leur religion ? Pourquoi cette haine éternelle et illégitime contre les hommes du nord?

Parce que , Carthaginois , Romains et Arabes étaient bruns, et que les Teutons, les Vandales et les Francs étaient blonds. La vue seule des hommes du Nord, à la haute stature , irritait profondément les Ibériens. Leur présence et leur souvenir excitaient également les antipathies de race. Ils trouvaient moins de démarcations, de contrastes, moins de contacts anguleux entre Carthaginois , Romains , Arabes et eux , qu’entre eux et les hommes blonds.

C’est aussi pour cela que dans les siècles suivants , les Provençaux, les Aquitains, les Gascons et autres Méridionaux, se sont alliés aux Italiens , aux Arabes , aux Espagnols et aux Anglais , contre les hommes blonds du nord de la France.

Or , cette disposition du Midi , à toutes les époques de notre nationalité, à fmmer une nation nouvelle

DES RACES PRIMITIVES DE L’EVROPE. ISl

sur le terri loirc français , est une manifestation de la variété ibérienne.

En effet ,

La race brune , avons-nous dit , tend à l’isolement , à rimmobilité, à vivre sous un régime provincial, a le génie de la résistance et de la baine contre tout système d’unité religieuse ou politique , etc. , etc.

Or, voyez comme les dispositions innées se sont perpétuées parmi nos populations méridionales , là où l’élément ibérien a toujours été en immense majorité.

A peine le reste de la France était-il catholique, le Aîidi se faisait arien.

Durant plusieurs siècles, lorsque les autres habitants s’efforcaient de se constituer en une seule et même nation, le Midi, sous le nom de royaume d’Arles , de Provence, de duché d’Aquitaine , de Guyenne , de comté de Toulouse, de Béziers, de marquisat de Narbonne , etc. , etc. ; enfin, quelle qu’en soit la désignation, tout ce pays compris entre la rive gauche de la Loire et l’Océan , baigné par les eaux du Rhône , de la Garonne et de la Dordogne , s’ingéniait à sortir de cette grande famille , à former une nation à part avec sa langue et ses institutions particulières.

Quand nous avions adopté le régime féodal , le Midi s’opiniâtrait à rester sous le régime municipal.

Quand nous nous soumettions à la suprématie de la papauté , que nous combattions pour l’unité de l’Eglise , le Midi , sous le titre Ôl Albigeois, d’Avignon à Bordeaux , repoussait cette suprématie; cherchait par les lances de ses chevaliers , b s pi({uesde ses milices ,

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