CHAPITRE VHI
la scène. C’est la personnification du génie poétique, mais du génie inculte et sans art.
Le Tasse, poète de la race brune, est toujours correct, élégant , jamais bouffon ni trivial, mais rarement sublime, rarement se laissant aller à une brûlante inspiration. C’estun génie régularisé par l’étude, perfectionné par l’art et se modelant sur d’autres.
Voici César, l’un des plus grands hommes de guerre qu’ait créés la race brune. De constitution frêle, mais attrayant dans toute sa personne; par l’éloquence, la ruse et l’argent, il sait s’attirer de nombreux amis. Il fait des dettes pour gagner des partisans, et la guerre pour payer ses dettes. Madré politique , écrivain élégant , il emploie admirablement bien l’art de la corruption. Son génie se manifeste par la ruse , jointe à l’audace et à la rapidité de ses opératiorrs militaires. Il triomphe de ses adversaires en les éblouissant, en les séduisant. Les richesses de la (iciule conquise lui servirent à asservir l’Italie et à s’élever au-dessus de tous ses rivaux , comme le fit naguère un moderne César, également de race brune. Il employa les richesses de l’Italie à asservir la France.
V oilà maintenant Charlemagne , l’un des plus grands hommes de guerre qu’ait créés la race blonde. Haute taille et constitution robuste, port majestueux, simple dans ses goûts, il ne cherche pas à séduire. Il n’est pas atlrayant dans sa personne; mais il commande le respect. Il n’achète pas, il ne séduit pas ses adversaires, il les écrase par sa supériorité, parla meilleure direction de ses opérations militaires. Il
DES RAGES PRIMITIVES DE L’ELROPE
ne gouverne pas les hommes parla corruption, il les gouverne par la loi et la morale. Ses actions sont moins guidées par l’intérêt personnel , son but est plus social, il a moins d’admirateurs que César; mais sa gloire résiste mieux que celle du Romain à une analyse sérieuse.
En général, le grand homme de race brune, quel (pie soit son genre de mérite , est un peu faiseur. Il excelle dans l’art de se donner du relief, il sait capter les autres hommes. C’est un être d’attractions; grand par lui-même , il sait s’environner d’individus à (jui il communique un reflet de sa gloire et de ses talents, mais aussi aux talents et à la gloire desquels il fait de fréquents emprunts. C’est là le cas d’Alexandre, d’Auguste, de Mohammet, de Raphaël et de Xapoléon.
Au contraire , le grand homme de race blonde , quel que soit son genre de mérite , est rarement faiseur ^ il est grand par lui-même, abstraction faite de tout entourage, de tout milieu ambiant.
Le premier acquiert une gloire plus brillante, le second une gloire plus durable : l’iin est organisé pour commander aux masses, aux hommes d’action; l’autre est organisé pour commander aux hommes de jiensée et de sentiment , aux philosophes. Le brun sera conquérant pur et simple , le blond sera conquérant et organisateur. Pierre-le-Grand devait avoir du sang de la race blonde dans les veines. L’homme de guerre de race brune opprimera bien plus les populations que l’homme de guerre de race blonde, et cela parce que la personnalité est plus développée
CHAIMiUE VIII.
chez lui, parce qu’il est en outre moins social, parce que les antipathies, l’esprit de vengeance et l’esprit de nationalité sont plus étendus çliez le brun que chez le blond.
Séiniramis, Sésostris, Moïse, Attila, Gengis-Kan , Tainerlan, devaient être bruns.
Washington, Moi;eau, Hoche, Wellington devaient être, sinon blonds, du moins devaient plutôt appartenir à la race blonde.
Christophe Colomb, Fernand Cortès, les Pizarre, Vasco de Gaina, Marco-Polo, les anachorètes, les aventuriers célèbres, les voyageurs, tous ces hommes qui ont eu une entière confiance en eux-mêmes , qui ont eu la foi, qui ont été extatiques, devaient être bruns ; car, s’ils avaient été blonds, ils auraient montré moins de persévérance.
Les grammairiens célèbres, les ergoteurs, les critiques, les caricaturistes, sont généralement de race brune : car leurs facultés ont pour mobile une malice , une ruse , une certaine antipathie naturelle , enfin quelque chose de peu social dans l’esprit.
L’homme de race brune, en proie à ses sentiments hostiles, devient féroce; l’homme de la race blonde devient furieux.
Les anciens avaient fort bien compris que la supériorité chez la race blonde avait un caractère plus universel, moins humain, plus divin, plus réellement et intrinsèquement grand que la supériorité de la race brune. Leur Jupiter Olympien , père des dieux et des hommes , était blond. Apollon et Vénus étaient de cette couleur. La' plupart des poètes et peintres
DES RACES PRIMITIVES DE L’EUROPE
chrétiens représentent Eve et les anges avec des yeux bleus et des cheveux blonds.
Jésus-Christ, le plus parfait, le plus accompH de tous les hommes, était blond. Considérez-le avec l’œil du rationalisme , considérez-le comme homme ; de quelle immense hauteur ne domine-t-il pas les autres législateurs , Confucius, Manou , Zoroastre , Moïse et Mohammet, qui étaient bruns!
Appliquez ces données à l’étude des peuples , vous retrouverez leurs parchemins ; appliquez-les à l’étude des caractères des hommes historiques, vous dépouillerez quelques-uns de leur manteau de gloire en appréciant mieux les causes de leurs actions. Vous pourrez dire : tel homme n’était pas ce que l’a fait l’histoire, parce quelle lui a donné le caractère de la race brune, tandis qu’il était blond, et tel autre était brun, et elle lui a donné le caractère de la race blonde.
Puis aussi : étant connues les actions d!un homme, dé^ terminer la race ci laciuelle il appartient et vice versa.
Les croisements sont une des attractions de l’humanité. C’est un moyen que la nature emploie pour arriver à runiformité. En s’y soumettant, sans s’en douter, on obéit à une loi d’harmonie. L’homme brun est ordinairement attiré vers les femmes blondes et vice versâ. Les Romaines prisaient beaucoup les Gaulois et les Germains à la peau blanche et à la longue chevelure blonde. A leur tour, les Gaulois et les Germains , à leurs produits nationaux, préféraient les femmes et le vin de l’Italie.
Les croisements perfectionnent les peuples au physique comme au moral.